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mercredi 1 avril 2020

Résurrection… de la chair





Au terme d’un Carême… prolongé pour cause de pandémie, la bonne nouvelle de la résurrection annoncée pourtant en son temps cette année encore, mais en confinement, brillera de toute sa lumière… plus tard, comme pour Thomas, qui n’était pas présent lors du premier dimanche de Pâques…

« Thomas, l’un des Douze, celui qu’on appelle Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur". Mais il leur répondit : "Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n’enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas !" » (Jean 20, 24-25). On sait qu’ensuite, le Ressuscité lui apparaît et lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru » (Jean 20, 29).

Notons que Thomas n’a pas cru ce qu’il a vu (inutile : il l’a vu !) mais parce qu’il a vu ! Ce qui n’est pas la même chose. Thomas constate : il voit et il croit ce que cela signifie : le Christ est ressuscité, Dieu se dit là ! Ce que Thomas voit fait fonction de signe : signe d’une réalité qui dépasse infiniment ses sens.

Le Dieu qui se dit dans le Ressuscité nous signifie une vérité dont ce qu’on en perçoit est le signe, le symbole. De même qu’entre ce que voit Thomas et la réalité, c’est-à-dire ce qu’il croit.

Nous voilà ici entre la vérité du Ressuscité que confesse Thomas, et le signe qui désigne cette vérité — comme résurrection… de la chair !

Le Ressuscité à Thomas : « "Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois". » De même qu’en Luc (24, 39), aux disciples : « Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi. Touchez-moi, regardez ; un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j’en ai. »

Résurrection… de la chair ! L’enjeu ? Le sens — éternel ! — de nos vies, concrétisées dans notre histoire, nos rencontres, la trivialité du quotidien, bref, dans la chair ! Comme le Fils éternel de Dieu advient à l’éternité qui est sienne par son histoire — ses plaies-mêmes, qui ont marqué sa chair, sont constitutives de son être ! —, tout ce qui constitue notre être — nos vies uniques devant Dieu, nos rencontres, notre histoire qui a fait de nous, qui fait de nous, qui fera de nous ce que nous sommes — tout cela est radicalement et éternellement racheté au dimanche de Pâques !


RP, Qdn, Pâques 2020 / billet chronique PO avril 2020


dimanche 28 avril 2019

Promesse du Ressuscité





Promesse du Ressuscité : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » (Jn 20, 22-23). Libération de tout esclavage, comme parole de pardon, qui passe par la Croix, autre nuit de la Pâque. Du pardon naît un monde nouveau. Se réalise ce que trois disciples avaient perçu en un éclair, lors de la transfiguration de Jésus, ce moment où ils recevaient le privilège de voir lever un instant le secret de la gloire cachée sous l’humilité de celui qui demeure dans l’éternité auprès du Père. Secret qui ne sera pleinement levé pour la foi des croyants qu’au dimanche de Pâques. Ce dévoilement est là comme un don, pour toute humanité. Ainsi, désormais, « du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu […]. Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu. » (Colossiens 3, 1-3)


RP, Billet PO mai 2019, n° 435 (juin-juillet-août ici — septembre-octobre-novembre ici)


vendredi 12 avril 2019

Moment décisif !





Pâques comme sortie du tombeau est la proclamation radicale de notre libération, dont la première grande expression biblique est l’Exode.

Une libération qui se fête non seulement au dimanche de Pâques, mais à chaque repos hebdomadaire. En l’occurrence, concernant l’Exode, il est question du commandement libérateur du Shabbat, signe de la libération divine, qui n’est pas le dimanche, mais auquel le dimanche fait écho.

Le Décalogue rappelle alors — selon le Deutéronome — que le Shabbat est ordonné en souvenir et en contrepartie de l’esclavage passé. Une libération qui vaut pour tous, et jusqu’aux animaux ! C’est au point que cette parole de libération s’inscrit et s’enracine — selon le livre de l’Exode — dans la Création du monde en imitation de Dieu lui-même venant au terme de son œuvre ! Voilà une parole toute d’actualité à l’heure où l’idolâtrie consumériste voudrait éteindre le commandement divin de la libération signifiée dans le repos hebdomadaire ! Notre Pâque, c’est aussi cette parole-là, celle de la fin de tous nos esclavages. Promesse du Ressuscité : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » (Jn 20, 22-23). Libération de tout esclavage, comme parole de pardon…

… Pardon qui passe par la Croix, autre nuit de la Pâque, pour une grâce à ce coût. C’est ce que nous rappelle l’histoire de Joseph. Le pardon donné par Joseph est d’un prix considérable, pour lui… et pour ses frères qui l’ont vendu ! Pour eux, le prix de l’humiliation. Pour Joseph, le pardon a coûté l’exil, la perte de son père et des siens pendant plusieurs années, avec ce que cela peut compter de troubles, d’amertume, de blessures… Pour lui, le soleil n’aura plus la clarté du temps de l’innocence et de la naïveté, qu’ont brisée ses frères qui lui ont causé tant de torts, y compris parmi ceux-là, ceux qui, soi-disant, n’ont pas fait exprès, n’ont pas osé s’opposer à l’avis des plus forts, etc. Le pardon coûte toutes ces blessures. Pourtant Joseph est devenu ce que ces douleurs traversées ont contribué à faire de lui, avec cette vérité à même de fonder tout à nouveau un bonheur à une tout autre mesure : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien » (Gn 50, 20) !

Du pardon naît un monde nouveau. De la Croix à Pâques. Se réalise ce que trois disciples avaient perçu en un éclair, lors de la transfiguration de Jésus, ce moment où trois disciples recevaient le privilège de voir lever un instant le secret de la gloire cachée sous l’humilité de celui qui demeure dans l’éternité auprès du Père. Secret qui ne sera pleinement levé pour la foi des croyants qu’au dimanche de Pâques. Message surprenant que ce dévoilement d’un instant, qui nous dit dès lors que l’humanité, que Jésus a assumée, est au-delà de nos capacités de compréhension et a fortiori de vision. Ce dévoilement est là comme un don, pour toute humanité ! — doté d’une valeur qui relève de l’infini… C’est ce qui sera dévoilé au dimanche de Pâques, pour un tout nouveau retentissement de la promesse du Royaume — « quelques–uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance » disait Jésus à la veille de sa transfiguration (Mc 9, 1).

Ainsi, désormais, « du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu ; fondez vos pensées en haut, non sur la terre. Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu. Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire » (Colossiens 3, 1-4).

Lorsque au matin de Pâques, les femmes ont reçu ce signe : « le corps n’était pas là » ; le signe est chargé de cette promesse — qui retentit jusqu’à nous : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du temps » (Mt 28, 20).


RP, Edito Qdn, Pâques 2019 (printemps-été ici)


lundi 1 avril 2019

Comme pour l’envol d’un papillon…





Une chenille peut-elle voler ? Non évidemment. Pas comme chenille ! Mais… comme papillon… À méditer la métamorphose de la chenille en papillon comme illustration de la résurrection, on peut retrouver les disciples au jour de la résurrection du Christ, alors qu’ils restent dans la crainte… et maintiennent « verrouillées les portes de la maison où ils se trouvaient » (Jean 20, 19)…

Certains papillons, en présentant de fortes ressemblances avec d’autres espèces, bénéficient d’une protection passive contre les prédateurs. Certains sont difficilement détectables dans leur environnement forestier grâce aux motifs complexes qui ornent leurs ailes. Bref, ils se cachent.

Comme les disciples ! – qui vont ensuite passer de la crainte à la libération ; c’est-à-dire : à l’envoi comme l’envol d’un papillon sortant de sa chrysalide. « Jésus vint, il se tint au milieu d’eux… Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté… Alors, à nouveau, Jésus leur dit : "La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie." Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : "Recevez l’Esprit Saint" » (Jean 20, 19-22). Souffle de l’Esprit… S’ouvre la porte de la liberté à laquelle nous sommes invités.

Cette liberté est une question de pardon : « ceux pour qui vous remettez les péchés, ils leur ont été remis. Ceux pour qui vous les soumettez, ils leur ont été soumis » poursuit Jésus (plutôt que : ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus !, comme si les disciples, et nous après eux, avaient pour mission de retenir captifs de leurs péchés certains de ceux à qui ils sont envoyés !)

Telle est la parole de liberté – parole de pardon qui met fin à la crainte et nous envoie avec la paix de Dieu – qui nous est donnée dans le souffle de l’Esprit saint. Comme pour l’envol d’un papillon…


RP, Billet PO avril 2019, n° 434


lundi 2 avril 2018

"Votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu"





« Votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu », écrit l’Apôtre (Colossiens 3, 3). Qu’est-ce qui nous constitue, que sommes-nous en réalité ? En réponse à cette question, nous confondons aisément notre être avec ce que nous en concevons, jusqu'à le confondre avec notre enveloppe temporelle, dont nous nous dépouillons déjà, au jour le jour de son vieillissement ; et qu’il faudra quitter comme un vêtement qui a fait son temps.

Mais depuis un dimanche de Pâques, un souffle nous dit : « Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ». « Vous êtes ressuscités avec le Christ » (Col 3, 1). Morts avec le Christ (Col 3, 3), notre vrai être est caché en Dieu, avec lui, selon qu’il a été relevé d’entre les morts !

Jour inouï, effrayant même tant il bouleverse tout, au point qu’on pourrait être tenté de se dire qu'on a déplacé le cadavre : les Romains, les autorités judéennes, voire des disciples un peu en marge le déplaçant sans le dire aux autres. Puis, sur cela, sur cette translation de cadavre, naîtrait pour les disciples leurrés une belle légende… Un fait aléatoire, déplacer le défunt à l'insu des disciples, deviendrait le déclencheur fondant le christianisme sur l’évanouissement de la brèche réelle ouverte entre les mondes…

Mais voilà que c’est bien autre chose ! Colossiens 3 nous dit la brèche réelle ouverte de façon irréductible entre l'éternité et le temps. Mystère d’un relèvement réel du Christ : nos corps ne sont pas insignifiants. Ils sont la manifestation visible de ce que nous sommes de façon cachée, en haut. Comme le corps que le Christ s’est vu tisser dans le sein de la Vierge Marie manifeste dans notre temps ce qu’il est définitivement devant Dieu, et qui nous apparaît dans sa résurrection.

Il est un autre niveau de réalité, celui qui apparaît dans la résurrection. Or nous en sommes aussi, à notre tour, de façon cachée. C’est cet autre niveau qu’il s’agit de rechercher, pour y fonder en éternité notre vie et notre comportement dans le provisoire.


RP, Billet chronique PO avril 2018


dimanche 1 avril 2018

"Elles s'enfuirent loin du tombeau, car elles avaient peur"





« Elles sortirent et s'enfuirent loin du tombeau, car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées ; et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. » (Marc 16, 8)

Qu'est-ce que cette frayeur des femmes du dimanche de la résurrection du Christ ? Est-ce que nous ne nous attendrions pas à une autre réaction ? Mais les voilà dans la peur, dans un bouleversement tel qu'il les mure dans le silence…

C’est que la résurrection bouleverse tout. Au-delà des choses habituelles, compréhensibles, généralisables : un être humain, ça naît, ça croît, et ça finit par mourir. C'est la loi simple de la nature, c'est comme ça, ce sera toujours comme ça, et quand il semble que cela se passe autrement, il doit y avoir une explication quelque part qui fasse rentrer les choses dans l'ordre. Dans l'ordre rationnel, dans l'ordre de ce qui peut se reproduire à volonté, éventuellement en laboratoire.

Bref, une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Chose justement : dans le monde généralisable, il n'y a finalement que des choses, gérables, catégorisables, jusqu'au prochain lui-même qui devient catégorisable. Catégorisable en prochain et en lointain, en couleurs de peau et origines géographiques ou familiales, en hommes et femmes, de mon monde et pas de mon monde. Un monde bien carré, bien rangé, où ce qui dérange est insupportable, finit par effrayer…

On naît, on grandit, on vieillit, on meurt, et le corps se décompose, se disent les femmes du dimanche de Pâques. C'est comme ça. C'est ignoble, certes, et c'est pourquoi on va embaumer le mort. Empêcher autant que possible, par des moyens explicables par la chimie, les effets les plus durs de la décomposition. C'est dans cet état d'esprit, on ne peut plus tendre à l'égard du défunt d'ailleurs — l'embaumer, soigner son corps décédé —, que les femmes sont parties ce dimanche matin. Tout est dans l'ordre, cet ordre malheureux : il n'est pas jusqu'à cet ignoble mal au ventre, cette douleur du deuil qui tenaille qui ne soit dans l'ordre des choses. On s'en débarrasserait bien de ce mal au ventre, de cette nausée qui tire les larmes et empêche de manger, de ce voile noir qui leur est tombé sur les yeux, et sous lequel on accomplit les devoirs dus au mort de façon machinale. Tout ici est dans l’ordre, le généralisable. On sait.

Et voila que s'est produit le plus inattendu, l'indicible. Oh ! on pourrait être tenté de se dire que ça va, qu'"on" (cf. Jn 20, 2 & 13-15) a déplacé le cadavre : les Romains ? les autorités judéennes ? voire des disciples un peu en marge ? comme Nicodème ou Joseph d'Arimathée déplaçant le corps sans le dire aux autres (ce que veulent empêcher les autorités, selon Matthieu 27, 62-66 ; ce qu'elles colportent ensuite : Mt 28, 11-15 !). Puis, sur cela, sur cette translation de cadavre, naîtrait pour les disciples le sentiment d'une présence divine dans l'absence… Autant d'hypothèses rassurantes où tout est bien dans l'ordre rationnel. Où la résurrection n'est que l'idée de vie ; et où un fait aléatoire, déplacer le défunt à l'insu des disciples, deviendrait déclencheur d'un merveilleux symbole de plus, mais où s'évanouit la brèche réelle entre les mondes, entre l'éternité et le temps, évanouissement bien rassurant au fond.

Mais voilà, là ce n'est décidément pas ça : et les femmes ont peur ! Là c'est décidément autre chose. Intuition terrible, on pressent l'indicible, effrayant.

Ici jaillit un autre monde, inclassable, le monde de l'existence de chacune et chacun comme être irréductible. Irréductible aux classements et catégories. Aujourd'hui, il va falloir tout reconsidérer, de fond en comble. Et ça effraie, ça laisse silencieux.

La résurrection du Christ marque la naissance de l'Unique irréductible. Et par la promesse qui y est incluse, de chacune et chacun comme unique devant Dieu. L’aboutissement le plus irréfutable des choses généralisables, la mort, par quoi tout finit dans la poussière — cet aboutissement irréfutable est aujourd'hui brisé. Dès lors plus personne n'est classable en généralités puisque tous peuvent recevoir la promesse sortie du tombeau vide. Chacun devient dès à présent une exception, enfant de l'exception inouïe, celle du dimanche de Pâques.


RP, Édito Qdn Pâques 2018 / billet chronique PO mars 2018


lundi 8 mai 2017

Entre Pâques et Pentecôte





« Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il » (Actes 1, 4).

Quelque chose couve… Comme dans le récit de la Genèse (ch. 1, v. 2), « l’Esprit planait à la face des eaux ». Lorsque les temps sont prêts, le Ressuscité, ayant rappelé ce que le Père a promis – la présence de l'Esprit saint qui habilite les disciples en les rejoignant au cœur de leur appel – il est temps pour Jésus de les laisser… « Il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux » (Actes 1, 9).

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. »
(Antoine de Saint-Exupéry)


RP, Le Protestant de l'Ouest mai 2017, Billet Poitiers


dimanche 16 avril 2017

Résurrection de la chair





« "Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi." Thomas lui répondit : "Mon Seigneur et mon Dieu" » (Jean 20, 27-28).

Dans le même ordre d’idée le Ressuscité s’adresse aux disciples de la sorte : « Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi. Touchez-moi, regardez ; un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j’en ai » (Luc 24, 39). Scandale pour la raison que cette résurrection de la chair que Jésus signe ici dans son corps ressuscité.

L’enjeu est rien moins que le sens — éternel ! — de notre vie.

Notre vie ne se réalise, ne se concrétise, que dans notre histoire, dans nos rencontres, dans la trivialité du quotidien, bref, dans la chair ! Et c’est cela qui est racheté, radicalement et éternellement racheté au dimanche de Pâques. Le rachat dont il est question n’est pas l’accès à un statut d’esprit évanescent. C’est bien tout ce qui constitue notre être, notre histoire, l’expérience de nos rencontres et donc de nos sens, de notre chair, qui est racheté. Notre histoire qui a fait de nous, qui fait de nous, qui fera de nous, ce que nous sommes, cette réalité de nos vies uniques devant Dieu. C’est l’extraordinaire nouvelle qui nous est donnée par le Ressuscité : lui aussi, Fils éternel de Dieu, advient à l’éternité qui est la sienne par le chemin de son histoire dans la chair : ses plaies elles-mêmes, qui ont marqué sa chair, sont constitutives de son être !

Signe que tous nos instants, ceux de Thomas, des Apôtres, les nôtres, chacun de nos moments uniques dans l’éternité, est porteur de notre propre vocation à l’éternité.


RP, Le Protestant de l'Ouest avril 2017, Billet Poitiers // édito QdN


vendredi 11 avril 2014

Il est vraiment ressuscité !





« Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi." Thomas lui répondit : "Mon Seigneur et mon Dieu." » (Jean 20, 27-28)

Comme ici à Thomas, Jésus s’est adressé à chacun des disciples. Des mots similaires (Luc 24, 39) : « Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi. Touchez-moi, regardez ; un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j’en ai. »

Étrange invite que Jésus adresse aux disciples… Scandale pour la raison que cette résurrection de la chair que Jésus signe ici dans son corps ressuscité : « un esprit n’a ni chair ni os ». Scandale pour la raison. D’où la tentation de « spiritualiser » tout cela…

C’est contre cela que Jésus invite Thomas à toucher ses plaies. Et il y invite aussi les douze et avec eux, par leur intermédiaire, nous tous : heureux ceux qui n’ont pas vu comme Thomas, et qui ont cru, pourtant. Car, quel est l’enjeu ? L’enjeu est rien moins que le sens — éternel ! — de notre vie.

Notre vie ne se réalise, ne se concrétise, que dans notre histoire, dans nos rencontres, dans la trivialité du quotidien, bref, dans la chair ! Et c’est cela qui est racheté, radicalement et éternellement racheté au dimanche de Pâques. Le rachat dont il est question n’est pas l’accès à un statut d’esprit évanescent. C’est bien tout ce qui constitue notre être, notre histoire, l’expérience de nos rencontres et donc de nos sens, de notre chair, qui est racheté. Notre histoire qui a fait de nous, qui fait de nous, qui fera de nous, ce que nous sommes, cette réalité de nos vies uniques devant Dieu. C’est l’extraordinaire nouvelle qui nous est donnée par le Ressuscité : lui aussi, Fils éternel de Dieu, advient à l’éternité qui est la sienne par le chemin de son histoire dans la chair : ses plaies elles-mêmes, qui ont marqué sa chair, sont constitutives de son être !

… Signe que tous nos instants, ceux de Thomas, des Apôtres, les nôtres, chacun de nos moments uniques dans l’éternité, est porteur de notre propre vocation à l’éternité !


mardi 18 mars 2008

"Le soleil de justice se lèvera"




« Pour vous qui craignez mon nom, le soleil de justice se lèvera, portant la guérison dans ses rayons. » (Malachie 4, 2 / 3, 20)


« Le premier jour de la semaine, à l’aube, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. » (Jean 20, 1)


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« Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil étant levé. » (Marc 16, 2)




Santana, "Just in Time to see the Sun"



« La cité n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine, et son flambeau, c’est l’agneau. » (Apocalypse 21, 23)