
Déshonoré par qui ? Par Hitler : il s’agit de l’antisémitisme.
Où intervient le tour de passe-passe des antisionistes.
On a reconnu la formule de l’antisémite revendiqué que fut d’abord Georges Bernanos. Sa fameuse formule “Hitler a déshonoré l'antisémitisme” signifie deux choses pour Bernanos : d’abord qu’avant Hitler être antisémite n’était pas déshonorant. Et en second lieu que ce mot (car Bernanos parle bien, et il le précise, du mot) est devenu inutilisable après Hitler. Que reproche Bernanos à Hitler ? En quoi a-t-il déshonoré ce mot ? En ce qu’il l’a investi d’une signification biologique dont Bernanos ne reconnaît pas la validité. Pour lui l‘antisémitisme honorable, celui d’avant Hitler, consistait à détester chez les juifs leur volonté de, selon lui, confondre leur vocation avec leur terre d’origine, Sion, celle dont ils avaient été dépossédés par Titus. Autrement dit, pour Bernanos, son antisémitisme était tout simplement l’antisionisme, sans le mot puisqu’au temps, avant Hitler, où il était encore possible d’être “honorablement” antisémite, le sionisme était si marginal qu’il n’y avait pas lieu d’utiliser ce terme alors insignifiant : antisémite était le terme correct, dont on pouvait se réclamer sans problème. Puis voilà, Hitler a tout gâché : désormais, le mot étant déshonoré, personne ou presque ne pourra plus se réclamer d’un tel terme : l’antisémitisme, au sens déshonoré du terme, est donc, comme le note de nos jours un personnage célèbre, devenu “résiduel”. Mais l’antisémitisme non-Hitlérien, celui que Bernanos décrivait et revendiquait comme une détestation de la nostalgie juive de la terre colonisée par Rome, la Sion dont les juifs avaient été dépossédés… Cet antisémitisme là, pas résiduel du tout, celui-là, mais privé du nom que Hitler avait déshonoré, resterait-il donc sans nom ? C'est Jankélévitch qui nous a donné la réponse : “L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les Juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. Il ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort.” (Vladimir Jankélévitch, L’Imprescriptible, 1965).
Jankélévitch nous dit en quelques mots clairs que l’antisionisme est simplement la réhabilitation de l’antisémitisme déshonoré, devenu “résiduel” sous ce terme-là (et effectivement quasiment personne ne s’en réclame !). On peut désormais se dire haut et fort antisioniste, ce qui est exactement ce que Bernanos (avant Hitler) appelait antisémitisme, et protester à hauts cris qu’on n’est pas, au grand jamais, antisémite — c’est-à-dire au sens déshonoré du terme !
Où intervient le tour de passe-passe des antisionistes.
On a reconnu la formule de l’antisémite revendiqué que fut d’abord Georges Bernanos. Sa fameuse formule “Hitler a déshonoré l'antisémitisme” signifie deux choses pour Bernanos : d’abord qu’avant Hitler être antisémite n’était pas déshonorant. Et en second lieu que ce mot (car Bernanos parle bien, et il le précise, du mot) est devenu inutilisable après Hitler. Que reproche Bernanos à Hitler ? En quoi a-t-il déshonoré ce mot ? En ce qu’il l’a investi d’une signification biologique dont Bernanos ne reconnaît pas la validité. Pour lui l‘antisémitisme honorable, celui d’avant Hitler, consistait à détester chez les juifs leur volonté de, selon lui, confondre leur vocation avec leur terre d’origine, Sion, celle dont ils avaient été dépossédés par Titus. Autrement dit, pour Bernanos, son antisémitisme était tout simplement l’antisionisme, sans le mot puisqu’au temps, avant Hitler, où il était encore possible d’être “honorablement” antisémite, le sionisme était si marginal qu’il n’y avait pas lieu d’utiliser ce terme alors insignifiant : antisémite était le terme correct, dont on pouvait se réclamer sans problème. Puis voilà, Hitler a tout gâché : désormais, le mot étant déshonoré, personne ou presque ne pourra plus se réclamer d’un tel terme : l’antisémitisme, au sens déshonoré du terme, est donc, comme le note de nos jours un personnage célèbre, devenu “résiduel”. Mais l’antisémitisme non-Hitlérien, celui que Bernanos décrivait et revendiquait comme une détestation de la nostalgie juive de la terre colonisée par Rome, la Sion dont les juifs avaient été dépossédés… Cet antisémitisme là, pas résiduel du tout, celui-là, mais privé du nom que Hitler avait déshonoré, resterait-il donc sans nom ? C'est Jankélévitch qui nous a donné la réponse : “L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les Juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. Il ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort.” (Vladimir Jankélévitch, L’Imprescriptible, 1965).
Jankélévitch nous dit en quelques mots clairs que l’antisionisme est simplement la réhabilitation de l’antisémitisme déshonoré, devenu “résiduel” sous ce terme-là (et effectivement quasiment personne ne s’en réclame !). On peut désormais se dire haut et fort antisioniste, ce qui est exactement ce que Bernanos (avant Hitler) appelait antisémitisme, et protester à hauts cris qu’on n’est pas, au grand jamais, antisémite — c’est-à-dire au sens déshonoré du terme !
RP








