<script src="//s1.wordpress.com/wp-content/plugins/snow/snowstorm.js?ver=3" type="text/javascript"></script> Un autre aspect…

mercredi 24 décembre 2008

Nativité


Noël,
l'empereur et l'enfant



nativite-ethiopie


Luc 2, 1-7
1 Or, en ce temps-là, était paru un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier.
2 Ce premier recensement eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de Syrie.
3 Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville;
4 Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s’appelle Bethléem en Judée, parce qu’il était de la famille et de la descendance de David,
5 pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.
6 Or, pendant qu’ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva;
7 elle accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes.

*

Nous commençons nos années en janvier, le mois qui suit ce jour de Noël commémorant la naissance de Jésus. Au temps de la naissance de Jésus, le premier mois de l’année était février.

Savez-vous pourquoi le mois de février est si court ? C’est parce que l’empereur César Auguste, celui qui fait recenser toute la terre, s’est vu octroyer un mois consacré à sa gloire, le mois d’août qui porte son nom. Août, c’est-à-dire Auguste. Et il a rajouté un jour au mois d’août pour que son mois n’en compte pas moins que le mois de Jules César, juillet : ce jour ajouté en août a été retiré à février.

Tel est le pouvoir de César Auguste. Depuis 12 av. JC, il est Souverain Pontife. On lui voue un culte : il est au sommet du panthéon religieux — voué à entrer à sa mort dans son apothéose, son entrée dans la compagnie des dieux. Rien ne lui échappe.

César Auguste, empereur prestigieux, un des plus prestigieux des empereurs romains, d’un côté. Une famille de déplacés galiléens de l’autre.


César Auguste

L'empereur a un pouvoir considérable, dans la compagnie divine. Il a pouvoir sur toute la terre, dont il décrète le recensement. Il veut compter tous ses sujets !

Pour cela, le voilà qui bouleverse le quotidien de tout un chacun. Chacun se rend dans sa ville ancestrale, ce sont ses ordres.

Ce faisant, il envoie une famille dont il ignore même l'existence, une famille galiléenne, à l'autre bout de cette terre de Palestine, en Judée, puisque Bethléem est sa ville d'origine.

Face à l'empereur de toute la terre, un couple dont la femme est enceinte est balloté sur les routes, un couple pauvre dont l'empereur ignore avec l'existence, les conditions précaires. La femme est enceinte. Elle se verra contrainte d'accoucher dans une étable puisque qu'il n'y a pas de place pour passer la nuit, pour se reposer.

Il n'y aura pour accueillir l'enfant nouveau-né que la crèche, la mangeoire des animaux de l'étable. Là au moins, il y a un peu de paille. On est certes loin des appartements somptueux des palais impériaux ; loin même des logements de fonction des employés de l'Empire, d'un gouverneur Quirinius ou d'un quelconque chef de région — au moins y trouve-t-on un peu de paille et de chaleur.

C'est un pouvoir considérable que celui de l'empereur qui décrète le recensement de toute la terre. Qui, à l'époque ne connaît pas César Auguste ?


L'enfant et ses parents

Mais qui, à l'époque, connaît l'enfant qui naît d'une mère sans toit, que le puissant César Auguste ballote sur les routes sans même savoir qu'elle existe, au bras de son fiancé désemparé, alors que les douleurs de l'accouchement se font sentir, alors qu'on ne trouve toujours pas de toit ?

Et voilà Joseph devant l’aubergiste de Bethléem dont l’hôtellerie est pleine. Et Joseph qui le supplie : s’il vous plait, Monsieur l’aubergiste, trouvez-nous une place. — Désolé, il n’y en a pas ! — Mais Monsieur l’aubergiste, regardez, ma femme est enceinte, près d’accoucher ! — Et l’aubergiste qui répond : Désolé, ça, ce n’est pas de ma faute ! — Et Joseph : ce n’est pas de la mienne non plus !… (Cette façon de dire est de l’évêque Sud-Africain Desmond Tutu, qui dit cela mieux que moi…)

Cela dit, voilà que malgré les difficultés, l'accouchement a eu lieu, qu'il s'est bien passé, et même mieux — cela aussi l'empereur l'ignore — qu'il a eu lieu conformément aux prophéties.


Dieu

Dieu a donné un autre sens, un sens éternel à ce qui se passe ce jour-là. L'enfant est son Fils, celui qui demeure dans son sein. De toute éternité, il est dit qu'il naîtra là, dans ces conditions, pour le salut des hommes, malgré l'empereur, et à travers ses décrets.

L'empereur ignore la femme qu'il ballote sur les routes, il ignore donc bien sûr sa grossesse, lui César Auguste adoré comme dieu. Comment peut-il deviner l'enfant dans le sein d'une femme qu'il ignore ? Oh ! il imagine bien qu'il peut y avoir des femmes enceintes parmi les populations qu'il déplace et recense. Mais lui qu’on l’on honore du titre de dieu et fils de dieu ne sait pas qu'aujourd'hui va naître celui dont l'origine remonte aux jours d'éternité. Il ignore qu'il ballote celle qui s'avèrera être la mère du Fils de Dieu, vrai Dieu qu'elle porte en son sein.

Qui aujourd'hui connaît César Auguste, qui le célèbre, lui l'empereur de toute la terre, qu'il bouleverse par ses décrets ?

Quant à l'enfant sans domicile fixe, alors ignoré de tous, et surtout de l'empereur, c'est sa naissance que nous célébrons, avec les anges, comme l'événement le plus important de l'histoire du monde, l'événement à partir duquel nous datons tous les autres événements, y compris le temps du règne lointain, et devenu un parmi d'autres, de l'empereur César Auguste. N'apprend-on pas aujourd'hui, ironie suprême, que César Auguste a reçu son statut de Souverain Pontife en 12 avant… Jésus-Christ !?

Tel est le signe de Dieu. Telle est la façon, bien surprenante, dont Dieu manifeste sa puissance ; car, dit-il, "ma puissance s'accomplit dans la faiblesse".

Et à chacun de nous : "ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse" (2 Co 12, 9).


R.P.
Veillée de Noël, Antibes, 24.12.08


mardi 16 décembre 2008

Martin Luther King — Propos de Birmingham





1. Au concret de la vocation. Un appel concret, localisé, pour une portée universelle. Aller où on n’aurait pas prévu d’aller. Ça commence par un refus, celui de Rosa Parks, et par un appel à prendre la tête d’une manifestation. Plus tard, à Birmingham :

... « Je suis ici, avec plusieurs de mes collaborateurs, parce qu'on nous a invités. Je suis ici parce que je suis étroitement lié à des organisations qui ont une section ici.
En outre, je suis à Birmingham parce que l'injustice y est. Comme les prophètes du VIIIe siècle ont quitté leurs petits villages et sont allés porter leur message — "Car ainsi parle le Seigneur, l'Éternel" — bien au-delà des limites du lieu de leur naissance et comme l'apôtre Paul a quitté son petit village de Tarse pour porter l'Évangile de Jésus-Christ dans d'innombrables hameaux et villes du monde gréco-romain, moi aussi, je dois porter l'Évangile de la liberté hors des murs de ma ville natale. Comme Paul, il me faut sans cesse répondre à l'appel à l'aide des Macédoniens. »

*

2. De la patience à la résistance. La vocation de M.L. King l’a conduit au-delà de sa paroisse de Montgomery. À travers les États-Unis et, quant à son influence, bien au-delà, via le Prix Nobel de la paix. Les textes cités ici sont de l’époque de la campagne de Birmingham (1963) :

« La patience d'un peuple opprimé ne peut être éternelle. Les citoyens noirs de Birmingham espèrent en vain depuis plusieurs années les signes d'une solution de bonne foi à leurs justes revendications.

Birmingham fait partie des États-Unis et nous sommes des citoyens authentiques. Pourtant, l'histoire de Birmingham révèle que la vie du noir de cette ville n'est guère régie par les principes démocratiques. Nous avons été en butte à la ségrégation raciale, à l'exploitation économique et à la domination politique. Sous la direction de l'Alabama Christian Movement for Human Rights (Mouvement chrétien d'Alabama pour les droits de l'homme), nous avons cherché par des pétitions à obtenir, d'une part, l'abolition des ordonnances municipales imposant la ségrégation et, d'autre part, l'institution d'un système basé sur le mérite personnel dans l'avancement des fonctionnaires municipaux. On nous a repoussés. Nous nous sommes alors adressés aux tribunaux. Nous avons subi sans faiblir échec après échec, avec tous les frais que cela comporte, pour obtenir finalement gain de cause dans l'affaire de la gare, des autobus, des jardins publics et de l'aéroport. La décision concernant les autobus a été appliquée à contrecœur et celle concernant les jardins publics a provoqué la fermeture de tous les lieux de promenade appartenant à la municipalité, à l'exception du zoo et du parc de la Légion des anciens combattants. L'affaire de l'aéroport a été un peu plus satisfaisante, sauf en ce qui concerne les chambres d'hôtel et la subtile différence de traitement qui se perpétue dans les taxis.

Nous avons toujours été des gens pacifiques, supportant notre oppression au prix d'un effort surhumain. Nous avons pourtant été victimes de violences répétées, non seulement de la part des voyous, mais aussi de violences infligées par les abus criants de la police. Nous gardons gravé dans nos mémoires le pénible souvenir du déchaînement de la foule, à l'occasion d'un « voyage de la liberté », le jour de la Fête des mères de 1961. Pendant des années, tandis qu'on plaçait des bombes dans nos maisons et nos églises, nous n'avons rien entendu d'autre que les déclamations enragées des autorités municipales racistes.

La protestation des noirs pour obtenir l'égalité et la justice n'a été qu'une voix dans le désert. La plupart des habitants de Birmingham sont restés silencieux, sans doute par peur. En attendant, notre ville a mérité la déplaisante réputation d'être la grande ville des États-Unis où les relations raciales sont les plus tendues.

L'automne dernier, on a pu croire un instant que des dirigeants sincères des milieux religieux, industriels et financiers voyaient approcher l'inévitable confrontation dans les relations raciales. Sans doute ne se préoccupaient-ils pas assez profondément de l'idée que l'on avait de leur ville ni du bien public. Dans l'attente d'un ajournement des mesures d'action directe [non-violente], on nous a fait des promesses solennelles et dit qu'on se joindrait à nous dans un procès que nous intenterions pour obtenir l'abolition des ordonnances concernant la ségrégation. Certains commerçants ont accepté de mettre fin à la ségrégation dans les toilettes de leur établissement pour montrer leur bonne volonté; les uns l'ont fait réellement mais ont battu en retraite peu après.
Nous n'avons maintenant entre nos mains que des engagements brisés et des promesses envolées'.
Nous croyons au rêve américain de la démocratie, à la doctrine de Jefferson, selon laquelle "tous les hommes sont créés égaux et sont dotés par leur créateur de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la poursuite du bonheur".

A deux reprises depuis septembre, nous avons retardé la mise en application de l'action directe pour qu'un changement de gouvernement municipal ne se fasse pas dans l'hystérie d'une crise de la communauté. Nous agissons aujourd'hui en plein accord avec notre tradition judée-chrétienne, les lois de la morale et la constitution de notre pays. L'absence de justice et de progrès à Birmingham exige que nous fournissions l'occasion d'un témoignage moral, pour donner à notre communauté une chance de survie. Nous voulons montrer que nous croyons à la possibilité de voir se former à Birmingham une communauté d'amour.

Nous demandons aux citoyens de Birmingham, noirs et blancs, de se joindre à nous dans ce témoignage pour la moralité, le respect de soi-même et la dignité humaine. Votre soutien individuel et collectif peut hâter la venue du jour où triompheront "la liberté et la justice pour tous". L'heure de la vérité a sonné pour Birmingham, l'heure où chaque citoyen peut jouer son rôle afin que sa ville connaisse un destin plus vaste » ...

*

« ... Mes amis, je dois vous dire que vous n'avons pas avancé d'un pouce en ce qui concerne les droits civiques sans exercer une pression légale et non violente. L'histoire est la longue et tragique démonstration du fait que les groupes privilégiés renoncent rarement à leur position injuste; mais, comme nous l'a rappelé Reinhold Niebuhr, les groupes sont plus immoraux que les individus.
Une pénible expérience nous a enseigné que l'oppresseur ne donne jamais spontanément la liberté; c'est à l'opprimé de la revendiquer. A vrai dire, je n'ai jamais encore participé à un mouvement d'action directe venant « à son heure» selon l'horaire de ceux qui n'ont pas iniquement souffert du mal de la ségrégation. Voilà des années maintenant que j'entends le mot "Attendez". Il résonne aux oreilles de chaque Noir de façon péniblement familière. Cet "Attendez" a toujours voulu dire "Jamais". Il a été un tranquillisant pareil à la thalidomide, soulageant un moment la tension émotive, pour ne donner naissance qu'à l'enfant difforme de la frustration. Il nous faut considérer, avec un éminent juriste d'hier, qu' "une justice trop longtemps attendue est un refus de justice". Nous avons attendu plus de trois cent quarante ans nos droits constitutionnels et nos droits accordés par Dieu. »

*

3. Action non-violente :

Mais pourquoi l'action directe? Pourquoi pas la procédure? Pourquoi pas la négociation?

« ... Vous avez parfaitement raison de réclamer la négociation. C'est en fait le but de l'action directe. L'action directe non violente cherche à créer une crise telle et à provoquer une tension créatrice telle qu'une communauté qui a constamment refusé de négocier est obligée de considérer le problème en face. Elle cherche à rendre la situation si dramatique qu'on ne puisse plus l'ignorer davantage. Je viens de dire que créer la tension faisait partie de l'action non violente. Cela peut sembler choquant. Mais je dois avouer que je n'ai pas peur du mot tension. J'ai travaillé avec ardeur et j'ai prêché contre la tension violente, mais il existe une forme de tension non violente et constructive qui est nécessaire au développement. Comme Socrate estimait nécessaire de créer une tension dans l'esprit, pour que les individus se libérassent du lien des mythes et des demi-vérités et pussent s'élever au royaume sans entraves de l'analyse créatrice et du jugement objectif, il nous faut comprendre la nécessité d'avoir des taons non violents pour créer au sein d'une société l'espèce de tension qui aidera les hommes à s'élever des sombres profondeurs du préjugé et du racisme jusqu'aux hauteurs majestueuses de la compréhension et de la fraternité. Ainsi, le but de l'action directe est-il de créer une situation si génératrice de tension qu'elle ouvrira inévitablement la porte à la négociation » ...

*

4. Lois justes, lois injustes — et désobéissance civile


Un point le plus vulnérable de l’attitude de non-violence de M.L. King : Gandhi avait engagé ses disciples de désobéir à toutes les lois du gouvernement colonial britannique. Sa position philosophique était issue d'une déclaration selon laquelle le gouvernement lui-même était nul et non avenu.
M.L. King, pour sa part, avait été forcé par les impératifs de la situation aux États-Unis de demander à ses fidèles d'obéir à certaines lois et de désobéir à d'autres. Comment justifier cette position?


« ... La réponse se trouve dans le fait qu'il existe deux types de lois: il y a les lois justes et les lois injustes. Je serais d'accord avec saint Augustin, qui dit qu' "une loi injuste n'est pas une loi".

Mais quelle est la différence entre ces deux types de lois? Comment déterminer qu'une loi est juste ou injuste? Une loi juste est faite par l'homme en harmonie avec la loi morale ou la loi de Dieu. Une loi injuste est en désaccord avec la loi morale. Pour reprendre l'expression de saint Thomas d'Aquin, une loi injuste est une loi humaine qui n'a pas de racines dans l'éternel droit naturel. Toute loi qui élève la personnalité humaine est juste. Toute loi qui abaisse la personnalité humaine est injuste. Toutes les lois imposant la ségrégation sont injustes, car la ségrégation déforme l'âme et porte atteinte à la personnalité ...

Prenons un exemple plus concret de loi juste et de loi injuste.

Une loi injuste est une obligation qu'une majorité impose à une minorité, mais à laquelle elle-même échappe. C'est la légalisation de la différence de traitement. Par contre, une loi juste est une obligation qu'une majorité impose à une minorité, mais à laquelle elle est elle-même prête à se soumettre. C'est la législation de l'égalité de traitement.

Laissez-moi vous donner une autre explication. Une loi injuste est imposée à une minorité qui n'a joué aucun rôle dans son élaboration et son adoption, parce qu'elle n'avait pas le libre droit de vote. Qui peut affirmer que la législature de l'Alabama qui a voté les lois sur la ségrégation a été élue suivant les principes démocratiques? Dans l'État d'Alabama, on a recours à toutes sortes de moyens détournés pour empêcher les noirs de s'inscrire sur les listes électorales et il y a des comtés où pas un seul noir n'est inscrit, malgré le fait que les noirs constituent la majorité de la population. Peut-on considérer une loi établie dans un État qui connaît de telles pratiques comme conforme aux principes démocratiques?

Ce ne sont là que quelques exemples de loi juste et de loi injuste.

Il y a des cas où une loi est juste en apparence et injuste dans son application. Par exemple, j'ai été arrêté vendredi pour avoir participé à un défilé non autorisé. Une ordonnance qui prévoit une autorisation pour un défilé n'est pas mauvaise en soi, mais quand elle est utilisée pour maintenir la ségrégation et refuser aux citoyens le privilège accordé par le Premier Amendement de se rassembler dans la paix et de protester dans la paix, alors elle devient injuste.

J'espère que vous saisissez la distinction. J'essaie de vous la montrer.

En aucune façon je ne préconise de se soustraire à la loi ni de braver celle-ci comme le ferait le suppôt enragé de la ségrégation. Cela mènerait à l'anarchie. Celui qui enfreint une loi injuste doit le faire ouvertement, avec amour ... Je prétends qu'un individu qui enfreint une loi parce que sa conscience lui dit qu'elle est injuste et qui accepte de bon gré la pénalité en restant en prison pour éveiller la conscience de la communauté sur cette injustice, exprime de fait le plus profond respect pour la loi ...

... Nous ne pourrons jamais oublier que tout ce qu'Hitler a fait en Allemagne était "légal" et que tout ce que les Hongrois qui combattaient pour la liberté ont fait en Hongrie était "illégal".

*

5. Racisme inconscient — et accusation d’extrémisme. La croix comme combat en faveur même des ennemis.

M.L. King poursuivait en avouant combien il avait été déçu par les Blancs modérés, les Blancs progressistes et les Blancs chrétiens (« Qui est donc leur Dieu? »), Puis, abordant plus nettement le problème du jour, il se définissait comme un « extrémiste créateur », qui se tenait paradoxalement « au milieu ».

« Vous avez dit que notre activité à Birmingham était de l'extrémisme. J'ai tout d'abord été un peu déçu que des ministres du culte, des confrères, considèrent mes efforts non violents comme ceux d'un extrémiste. Je me suis mis à réfléchir au fait que je me trouve au milieu, entre deux forces antagonistes de la communauté noire. L'une est une force de complaisance, composée de noirs, qui, à la suite de longues années d'oppression, ont si totalement perdu leur dignité et le sentiment d'être "quelqu'un" qu'ils se sont adaptés à la ségrégation; on trouve aussi dans ce même groupe quelques noirs de la classe moyenne qui, parce qu'ils jouissent d'une certaine sécurité que leur donnent des diplômes universitaires et une situation économique bien assise et parce qu'ils profitent parfois de la ségrégation, sont inconsciemment devenus insensibles aux problèmes des masses. L'autre force est faite d'amertume et de haine et s'approche dangereusement du recours à la violence. Elle s'exprime dans les divers groupes nationalistes noirs qui surgissent dans le pays, le plus important et le plus connu étant le mouvement musulman d'Elijah Muhammad. Ce mouvement se nourrit de la déception qu'inspire à nos contemporains la persistance de l'iniquité raciale. Il se compose de gens qui ont perdu la foi en l'Amérique, qui ont totalement répudié le christianisme et sont arrivés à la conclusion que l'homme blanc est un "démon" incurable. J'ai essayé de me placer entre ces deux forces, en disant que nous n'avions besoin de suivre ni la passivité des gens soumis ni la haine et le désespoir des nationalistes noirs. Il existe une voie plus haute d'amour et de protestation non violente. Je remercie Dieu que, grâce à l'Église noire, la dimension de la non-violence soit entrée dans notre lutte. Si cette philosophie ne s'était pas manifestée, je suis convaincu qu'aujourd'hui de nombreuses rues dans le Sud ruisselleraient de sang. Et je suis convaincu en outre que si nos frères blancs condamnent comme "agitateurs" et "provocateurs étrangers" ceux d'entre nous qui œuvrent en utilisant l'action directe non violente, s'ils refusent de soutenir nos efforts dans ce sens, des millions de noirs, poussés par la frustration et le désespoir, iront chercher la consolation et la sécurité dans les idéologies des nationalistes noirs, évolution qui conduira inévitablement à un affreux cauchemar racial...

Mais, en continuant à réfléchir sur ce problème, j'ai trouvé peu à peu une certaine satisfaction au fait d'être considéré comme extrémiste. Jésus n'était-il pas un extrémiste de l'amour: "Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent." Amos n'était-il pas un extrémiste de la justice: "Mais que la droiture soit comme un courant d'eau et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit." Paul n'était-il pas un extrémiste de l'Évangile de Jésus-Christ: "Je porte sur mon corps les marques de Jésus." Abraham Lincoln n'était-il pas un extrémiste: "Ce pays ne peut continuer à vivre à moitié esclave et à moitié libre." Thomas Jefferson n'était-il pas un extrémiste: "Nous tenons pour des vérités évidentes que tous les hommes sont créés égaux." La question n'est donc pas de savoir si nous serons ou non des extrémistes, mais quelle espèce d'extrémistes nous serons. Serons-nous les extrémistes de la haine ou les extrémistes de l'amour? Serons-nous les extrémistes acharnés à maintenir l'injustice ou les extrémistes qui se consacrent à la lutte pour la cause de la justice? Dans le drame du Calvaire, trois hommes ont été crucifiés. Nous ne devons jamais oublier que tous les trois ont été crucifiés pour le même crime d'extrémisme. Deux étaient des extrémistes du mal et, en conséquence, ils sont tombés plus bas que leur entourage. L'autre, Jésus-Christ, était un extrémiste de l'amour, de la vérité et de la bonté, et par là même s'est élevé plus haut. Alors, après tout, peut-être que le Sud, peut-être que le pays et que le monde ont terriblement besoin d'extrémistes créateurs. »

R.P., Vence, 16 décembre 2008


mercredi 5 novembre 2008

40 ans après



« Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m'importe ce qui va m'arriver maintenant, car je suis arrivé jusqu'au sommet de la montagne.
Je ne m'inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m'en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite.
Et il m'a permis d'atteindre le sommet de la montagne. J'ai regardé autour de moi. Et j'ai vu la Terre promise. Il se peut que je n'y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise.
Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m'inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur. » (Extrait du dernier discours de Martin Luther King, 3 avril 1968 au soir.)

Le lendemain, Martin Luther King était assassiné. Dans le récit biblique auquel il fait ici allusion, le peuple, conduit par Moïse qui n’entre pas en terre promise, a connu une traversée du désert de 40 ans.
Et nous voilà 40 ans après !…





(Exposition Martin Luther King :
après Antibes, bientôt à Vence)



  

mercredi 15 octobre 2008

Dans l'actualité





« La statue était immense et d’une splendeur extraordinaire. Elle était debout devant toi, et son aspect était terrible.
La tête de cette statue était d’or pur ; sa poitrine et ses bras étaient d’argent ; son ventre et ses cuisses étaient de bronze ;
ses jambes, de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile.
Tu regardais, lorsqu’une pierre se détacha sans le secours d’aucune main, frappa les pieds de fer et d’argile de la statue et les réduisit en poussière.
Alors le fer, l’argile, le bronze, l’argent et l’or furent pulvérisés ensemble et devinrent comme la balle qui s’échappe d’une aire en été; le vent les emporta, et nulle trace n’en fut retrouvée. »
(Livre de Daniel, ch. 2, v. 31-35)




mercredi 24 septembre 2008

Luther en pointillé



Deux luthériens... Question de fruits, parmi les œuvres de la foi.



Dürer


« Ô notre Dieu, qui nous a appris à prier les Psaumes et le Notre Père, accorde-nous un esprit de prière et de grâce afin que nous priions sans cesse avec une joie et une foi sincères »... (Martin Luther)



Bach



mardi 26 août 2008

La planète des singes et l’humain mimétique


(La suite : ici)

À travers toutes les versions de l’histoire de La planète des singes – de celle du récit d’Ulysse Mérou selon Pierre Boulle, le modèle de départ, à celle mettant en scène l'astronaute Leo Davidson dans la dernière mouture, celle de Tim Burton –, une constante : l’homme comme animal mimétique.

Où l’on retrouve le concitoyen de Pierre Boulle, René Girard, originaire d’Avignon comme lui : ce qui caractérise l’humain dans le spectre du vivant, selon Girard, c’est l’intensité mimétique.




1963 : le roman de Pierre Boulle

Dans un voilier stellaire croisant au large de la Terre, un couple découvre une « bouteille à la mer » dans l’espace avec un message à l’intérieur : le récit d’Ulysse Mérou, un journaliste terrien, membre de la première expédition hors du système solaire lancée en 2500 par le professeur Antelle.
Une expédition humaine vers un autre système planétaire, celui de l'étoile Bételgeuse. À l'approche de celui-ci, le professeur Antelle et ses deux équipiers, son disciple le physicien Arthur Levain et le journaliste Ulysse Mérou, observent à la surface de l'une des planètes des agglomérations, des routes, ainsi que d'autres artefacts synonymes de la présence d'une civilisation.
Une surprise attend nos voyageurs : sur cette planète, l'espèce humaine existe également... Celle-ci cependant est peu évoluée et représente de beaux trophées potentiels pour les chasseurs,… des singes ! Les humains représentent, entre autres, un intéressant sujet d'expériences scientifiques dont Ulysse Mérou va faire les frais.
Les trois protagonistes ont été capturés par les maîtres de la planète : trois espèces simiesques proches de nos gorilles, orang-outangs et chimpanzés, doués du langage articulé, qui ont bâti une société au sein de laquelle chaque espèce possède ses domaines propres de spécialisation (sciences et techniques pour les chimpanzés, arts de la guerre pour les gorilles, religion, politique et justice pour les orang-outangs – ironie de Boulle sur la manie classificatrice dont le monde sort alors avec peine malgré la défaite du racisme nazi ?).
Revenu sur terre avec une humaine qu’il a nommée Nova, Mérou découvre que la Terre aussi est dominée les singes.
… On découvre à la fin du roman que le couple qui lit le récit est un couple de singes… »




1968 : le film de Franklin J. Schaffner

Découvert par Hollywood, "La planète des singes" fait rapidement l'objet d'une adaptation cinématographique, de la part de Franklin J. Schaffner, laquelle consacre l'un des plus grands rôles de Charlton Heston.

A l'époque des premiers voyages hors du système solaire, quatre astronautes se voient confier la mission d'explorer le système d'une étoile située dans la constellation d'Orion. Le voyage se termine en l'an 3979 par un crash sur une planète inconnue et la mort de l'un des astronautes. La planète sur laquelle débarquent les survivants est apparemment viable pour leur survie. Commence alors une longue exploration et la traversée d'une vaste étendue désertique, au cours de laquelle le moral des hommes est mis à rude épreuve, jusqu'à la découverte des premières formes de vie, puis d'une gigantesque oasis. Celle-ci est habitée par une espèce proche de l'espèce humaine – dotée de la parole, dans le film – , mais qui fuit rapidement à l'approche de cavaliers simiesques ! Capturé, Taylor (Charlton Heston) va devoir faire la preuve de son "humanité". Mais certaines théories et certaines preuves risquent de déranger...
À la fin du film, Taylor, découvrant ce qui fut la statue de Liberté, aux trois-quart enterrée, comprend alors qu'il est revenu à son point de départ, après que vingt siècles se soient écoulés sur la Terre...



Le film en entier : ici.

Le film connaîtra plusieurs suites (sans compter une série télé). Les plus connues :
1970 : Le Secret de la planète des singes (Beneath the Planet of the Apes) de Ted Post
1971 : Les Évadés de la planète des singes (Escape From the Planet of the Apes) de Don Taylor
1972 : La Conquête de la planète des singes (Conquest of the Planet of the Apes) de J. Lee Thompson
1973 : La Bataille de la planète des singes (Battle for the Planet of the Apes) de J. Lee Thompson



2001 : l’adaptation de Tim Burton

En 2029, sur la station orbitale Oberon, un groupe d'astronautes forme des singes « bénéficiant » de manipulations transgéniques – à même de remplacer l'homme dans des missions spatiales à risque.
Les astronautes envoient le chimpanzé Pericles afin d’observer une tempête électromagnétique qui menace. Toutes les communications entre le primate et la station sont subitement interrompues et le vaisseau disparaît des radars. Désobéissant à ses supérieurs, Leo Davidson (Mark Wahlberg) embarque dans un des vaisseaux expérimentaux pour aller porter secours à Pericles.
Tout comme lui, il perd le contrôle des commandes et s'écrase dans les marais d'une forêt tropicale. L'intrépide pilote voit alors un groupe d'humains affolés foncer droit sur lui dans leur fuite, et se fait capturer avec eux par des singes parlants.
Avec l’aide de Ari, une chimpanzé fille d’un sénateur et militante pour les droits des humains (réduits en esclavage et perçus par les singes comme animaux parlant), Leo organise une fuite dont il prend la tête. Poursuivis par les troupes du Général Thade, ils rejoignent "la zone interdite", où Leo découvre... les ruines du vaisseau Oberon. Le journal de bord lui apprend que, parti à la recherche de Leo, le vaisseau s’était écrasé ; les singes améliorés ont fini par prendre le pouvoir sur les humains qui ont régressé et ont oublié leur passé au fil des siècles.
A l’issue de la bataille qui oppose les fugitifs à l’armée des singes, les deux espèces se réconcilient. Puis l’astronaute parvient à retourner sur Terre, grâce... à la navette de son singe qui atterrit au cœur de la bataille. Mais Leo découvre que, sur la Terre aussi, les singes sont devenus les maîtres…





La relativité espace-temps

Dans le roman de Pierre Boulle, les trois hommes atteignent Bételgeuse au terme d’un voyage de deux ans à une vitesse proche de celle de la lumière (soit plusieurs siècles en temps terrestre).

Pour les quatre astronautes américains du film de 1968, qui partent pour la constellation d’Orion le voyage durera six mois (en hibernation), mais en temps terrestre c’est en 2673 qu’ils arriveront à destination. Ici aussi le fait que le voyage se déroule à une vitesse proche de celle de la lumière explique le décalage temporel.

Leo Davidson et le chimpanzé Pericles, eux, sont projetés dans le futur à cause d’une distorsion du tissu spatio-temporel provoquée par une tempête électromagnétique.

Dans les trois cas, on use de la théorie de la relativité pour un déplacement dans le futur.

Un futur qui réserve finalement quelle place à l’homme ?


L’ironie concernant la supériorité de l'évolution humaine

L’ironie est au cœur du roman de Pierre Boulle, ironie désabusée, qui n’est pas sans faire penser au pessimisme d’un Schopenhauer – quand les hommes semblent apathiques et dans l’ennui au point de ne pas résister à la montée des singes.

Ironie pleine d’humour aussi, quant à l’orgueil scientiste et dogmatique de l’être « au sommet de l’évolution ». Les scientistes parmi les singes ne se privent pas, par exemple, de remarquer que le singe est favorisé par rapport à l’homme par ses quatre pouces opposables aux autres doigts, au lieu de seulement deux pour les hommes ! Sans parler de son aisance à monter aux arbres, lui donnant d’emblée le sens d’une troisième dimension, la verticalité !…

Ce qui caractérise l’homme, c’est particulièrement sa violence…


La théorie mimétique (René Girard)

Précisons que René Girard n’est jamais nommé dans les versions successives de La planète des singes ! Mais dans les trois versions principales (de Boulle à Burton), la différence entre les hommes et les singes, fussent-ils extrêmement évolués et humanisés, recoupe étrangement la théorie de René Girard.

Les singes sont religieux – une religion messianique chez Tim Burton, où le nom même de Leo Davidson n’est peut-être pas indifférent : Lion (de Juda ?), fils de David… Les singes vénèrent Semos, père de tous les singes (premier révolté selon le carnet de bord de l’Obéron), dont ils attendent le retour, reconnu par certains singes dans l’arrivée opportune du vaisseau piloté par le chimpanzé Pericles, qui vient confirmer le rôle messianique de Leo Davidson…

Les singes sont religieux, donc, mais ne connaissent pas la pratique humaine universelle du sacrifice sanglant qui permet la mise entre parenthèses de la violence mimétique par laquelle les hommes d’entre-détruiraient !

C’est que les hommes se distinguent des singes par leur plus grande inventivité technique, et parallèlement par leur plus grande dangerosité, leur plus grande violence.

Or selon les réflexions de René Girard, c’est bien à leur mimétisme, leur capacité d’imitation (leur capacité à… "singer" !)… plus poussée que celle de singes, que les hommes doivent d'entrer et dans leur supériorité technique, et dans le cycle de violence mimétique, qu’ils détournent vers un bouc émissaire, puis vers les sacrifices qui le reproduisent… et que le Christ est venu dévoiler, ouvrant la possibilité qu’il soit mis fin au cycle sans fin de la violence…

Dans le film de Franklin J. Schaffner, c’est bien la violence des hommes qui a débouché sur leur destruction… nucléaire, qui a initié leur remplacement par les singes…



La suite : ici




lundi 21 juillet 2008

Blade Runner



Blade Runner. Film américain de Ridley Scott sorti en 1982 mais dont la dernière version (dite Final Cut) a été éditée en 2007 sur DVD. Libre adaptation du roman Do Androids Dream of Electric Sheep? (Les androïdes rêvent-ils de brebis électriques ?) écrit par Philip K. Dick en 1966, le film lui est dédié.




Dans les dernières années du 20ème siècle, des milliers d'hommes et de femmes partent à la conquête de l'espace, fuyant les mégalopoles devenues insalubres. Sur les colonies, sont conçus les « répliquants », des androïdes capables de travailler et d'assister les êtres humains, dont rien ne peut les distinguer.
Los Angeles, 2019. Après avoir massacré un équipage et pris le contrôle d'un vaisseau, les répliquants de type Nexus 6, le modèle le plus perfectionné, sont désormais déclarés « hors la loi ». Quatre d'entre eux parviennent cependant à s'échapper et à s'introduire dans Los Angeles. Un agent d'une unité spéciale, un blade-runner, est chargé de les éliminer. Selon la terminologie officielle, on ne parle pas d'exécution, mais de retrait...


Le film Blade Runner est actuellement disponible avec deux fins (principale différence entre les deux versions, la version « cinéma » de 1982 et la version Director's cut de 1992). Mais il existe six versions, six montages différents du même film.
La fin dite alternative a été voulue par les producteurs de la Warner Bros, pour éviter au public d'être choqué par un héros (joué par Harrison Ford) paraissant lâche, faible et désabusé dans un univers sombre et peu engageant.
Affolés par la très mauvaise opinion générale, les producteurs ont donc remonté — sans l'accord du réalisateur Ridley Scott — la fin, en ajoutant une voix-off afin de « permettre au spectateur de mieux comprendre le film ». Dix ans plus tard, Ridley Scott pourra reprendre le montage de son film mais la Warner, voulant à nouveau faire valoir son droit sur le film, posa un ultimatum au réalisateur qui dut — pour pouvoir tenir le délai — abandonner une partie de la restauration.
La dernière version du film est parue en France le 5 décembre 2007, en version simple et en coffret, pour célébrer le 25e anniversaire du film. Ce dernier regroupe toutes les versions du film.


Inspiré du roman de Philip K. Dick, Ridley Scott propose un film sombre, plongé dans un avenir proche chaotique, caractérisé principalement par la déliquescence de la planète Terre et la fuite des humains vers l’espace et Mars en particulier pour une colonisation en masse.
Les hommes ont créé les « répliquants » humanoïdes.
Mais inévitablement la machine ayant remplacé l’homme, la machine dépasse l’homme... Pour contrer les rébellions, des unités spéciales sont chargés de « retirer » les répliquants de leurs services. Deckard (Harrison Ford), en vieux flic retiré du métier, joue un rôle de marginal, rappelé pour ses qualités et son efficacité, désabusé, abattu, il se lance dans une nouvelle quête de rédemption personnelle qui va le conduire jusqu’à une nouvelle perception de sa propre vie :


À la Tyrell Corporation, Deckard rencontre Rachel, une répliquante qui se croit humaine et dont il tombe peu à peu amoureux. Par la suite, Rachel prendra conscience de sa nature de répliquante. Deckard sera dès lors chargé de l'éliminer elle aussi, mais ne pourra s'y résoudre.
Les androïdes sont mus par leur recherche de la vérité et essaient de trouver les explications sur eux-mêmes dans une profonde quête. Ils cherchent un moyen de vivre plus longtemps et gravissent un à un les échelons vers la connaissance, mais leur destin (la mort) les rattrape... En effet, au fil des années, ils semblent développer des sentiments et prennent conscience de leur propre fin « programmée »...
Quant à Deckard, il en apprend progressivement plus sur lui-même au contact de ces humanoïdes dont l' « humanité » est parfois plus forte que celle des Blade Runners !...


La bande originale du film a été composée par Vangelis.





« Il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parle et fasse mettre à mort tous ceux qui ne se prosterneraient pas devant l’image de la bête. »  (Apocalypse 13, 15)