mardi 16 juin 2009
Sur "2001 : l'odyssée de l'espace"
jeudi 11 juin 2009
La planète des singes
Le film de Franklin J. Schaffner (1968) :
Humains et dès lors plus violents que les singes,
parce que plus aptes au mimétisme... plus simiesques !
samedi 25 avril 2009
Obsession Calvin
« L'homme n'a pas de tombeau.
Voilà qui illustre bien le problème médiatique du Réformateur : il n’a pas aimé la publicité, elle le lui a bien rendu.
Ici, pas de prénom Calvin donné aux enfants quelle que soit leur appartenance religieuse, comme dans le monde anglo-saxon, où le Français fut reçu à la mesure de sa stature.
De l’obsession au statut de bouc émissaire pour plusieurs qui se payent ainsi un statut vertueux en s’indignant contre le personnage...
Éléments de bibliographie :
Lire Calvin :
A paraître fin mars-début avril 2009 :
Institution de la religion chrétienne/ (1560), édition en français moderne par Marie de Védrines et Paul Wells, Ed. Kerygma et Excelsis, env. 1500 p.
Œuvres de Jean Calvin dans la collection La Pléiade à paraître le 17 avril 2009
Petit traité de la sainte Cène. Int. Marianne Carbonnier-Burkhard et Laurent Gagnebin.- Olivétan, 2008 (Coll: Petite bibliothèque protestante), 86 p.,
Traité des reliques. Prés. & notes de Bernard Cottret.- Les Éditions de Paris /Max Chaleil, 2008, 76 p.
Une spiritualité à visage humain. Le Livre d’or de la vie chrétienne.- Ed. Excelsis, 1999, 96 p.
Instruits-moi dans ta vérité. Brève instruction chrétienne.- Ed. Excelsis, 1998, 80 p.
Œuvres choisies. Ed. présentée et annotée par O. Millet. Gallimard, 1995 (Coll. : Folio Classique n°2701), 336 p., index.
Introductions :
Cadier, Jean : Calvin, Paris, PUF, 1966.
Christin, Olivier, Les Réformes. Luther, Calvin et les protestants, Découvertes Gallimard, Paris, 1995.
Du même, pour les enfants : Calvin, l’ami de Dieu (Jérôme Cottin & Corinne Vonaesch).- 47 p., ill., 1,50€
Denimal, Eric : Calvin, héraut de Dieu, Paris, Presses de la Renaissance, 2009.
Elwood, Christopher : Calvin... sans trop se fatiguer. Illustrations de Mix et Remix.- Labor et Fides, 2008, 177 p., index, ill.
Gisel, Pierre ; Higman, Francis : Calvin, Jean (1509 - 1564).- In : Encyclopédie du protestantisme. Ss la dir. de Pierre Gisel. 2ème éd. revue, corrigée et augmentée.- Paris/Genève. PUF/Labor et Fides, 2006 (Coll: Quadrige/Dicos Poche), 1572 p.
McComish, William : Calvinisme.- In : Encyclopédie du protestantisme. Ss la dir. de Pierre Gisel. 2ème éd. revue, corrigée et augmentée.- Paris/Genève. PUF/Labor et Fides, 2006 (Coll. : Quadrige/Dicos Poche), 1572 p.
Tourn, Giorgo : Jean Calvin. Le réformateur de Genève.- Olivétan, 2008, 124 p.
Vie & Théologie :
Biéler, André : La pensée économique et sociale de Calvin. Georg, 2008, nouvelle éd. augmentée d’une préf. de Michel Rocard.
Buckler, Andy : Calvin et la mission.- Olivétan, 2008 176 p.
Castellion, Sébastien, Contre le libelle de Calvin, Éditions Zoé, Genève, 1998.
Calvin et le calvinisme. Cinq siècles d'influences sur l'Eglise et la Société. Ed. par Martin Ernst Hirzel et Martin Sallmann.- Labor et Fides, 2008, 360 p.
Crouzet, Denis : Jean Calvin. Vies parallèles.- Fayard, 2000, 481 p., index, bibl.
Cottret, Bernard : Calvin. Biographie.- Payot & Rivages, 1995, 456 p., index, bibl.
Gisel, Pierre : Le Christ de Calvin. (Coll. : Jésus et Jésus Christ N°44).- Paris. Desclée, 1990, 208 p.- index.
Giran, Étienne, Sébastien Castellion et la Réforme calviniste. Les deux Réformes, Hachette, Paris, 1914
Doumergue, Emile : Le caractère de Calvin.- La Cause, 2008 (1er éd. 1931), 176 p.
Fuchs, Éric, La morale selon Calvin, Cerf, Paris, 1986
Hebding, Rémy : Pour comprendre la pensée de Jean Calvin.- Olivétan, 2008, 112 p.
Janton, Pierre : Jean Calvin ministre de la parole (1509-1564).- Cerf, 2008 (Coll: Histoire), 385 p., bibl., index.
Keller, Carl A., Calvin Mystique - au cœur de la pensée du réformateur, 2001, Editeur : Labor et Fides.
Krumenacker, Yves, Calvin. Au-delà des légendes, 2009, Editeur / Edition : Bayard.
Millet, Olivier, Calvin et la dynamique de la parole, Champion, Paris, 1992
Müller, Denis : Jean Calvin. Puissance de la Loi et limite du Pouvoir.- Michalon, 2001 (Coll. : Le bien commun), 123 p., bibl.
Reymond, Bernard : Le protestantisme et Calvin. Que faire d’un aïeul si encombrant ? Labor & Fides, 2008, 136 p.
Vial, Marc : Jean Calvin. Introduction à sa pensée théologique. Préf. Olivier Fatio.- Musée int. de la Réforme/Labor et Fides, 2008, 176 p., bibl., index, ill.
Schmidt, Albert-Marie : Jean Calvin et la tradition calvinienne. Nvelle éd. mise à jour et corrigée. Préf. de R. Stauffer.- Cerf, 1984 (Coll. : Semeurs), 152 p., bibl.
Weeda, Robert, Le Psautier de Calvin. L'histoire d'un livre populaire au XVIe siècle (1551-1598), Brepols, Turnhout, 2002
Wendel, François : Calvin. Sources et évolution de sa pensée religieuse (1950). Préf. de R. Stauffer.- Genève. Labor et Fides, 1985, 302 p., index, bibl.
Calvin en son temps :
Reymond, Bernard: Les plumes de la Réforme. Calvin, Bèze, La Taille, d’Aubigné. In : Le protestantisme et la littérature. Portraits croisés d’un horizon partagé.- Coll. Protestantismes. Labor & Fides, 174 p., 2008
La littérature militante en France (p. 235-236).- In : V. La seconde moitié du XVIe.- In : Lettre Européennes. Manuel d’histoire de la littérature européenne.- Ss la dir. de Annick Benoit- Dusausoy et de Guy Fontaine.- Préf. Vaira Vike-Freiberga. Ed. De Boeck Université, 2ème éd., 2007, 862 p.
La Réforme et les littératures (p. 184).-.- In : Lettre Européennes. Manuel d’histoire de la littérature européenne : L’Humanisme de la Renaissance (1450 – 1550).-- Ss la dir. de Annick Benoit- Dusausoy et de Guy Fontaine.- Préf. Vaira Vike-Freiberga. Ed. De Boeck Université, 2ème éd., 2007, 862 p.
Guerdan, René : La vie quotidienne à Genève au temps de Calvin.- Hachette Littérature, 1977, 256 p.
Dans les revues :
La double prédestination chez Calvin. L’intention et le durcissement - L’énigme d’une doctrine - Le paradoxe de la foi en Christ - Le paradoxe du "conseil de Dieu" - Le paradoxe de la "docte ignorance" - Le paradoxe du "Soli Deo gloria" - Conclusion : une nécessaire réinterprétation - Notes bibliogr.
BULLETIN DU C.P.E., n° 5, Octobre 2004
O. Abel : Destin et prédestination chez Calvin - Bibliogr.
BULLETIN DE LA S.H.P.F., JANVIER-FEVRIER-MARS 2009
ETUDES HISTORIQUES : CALVIN ET LA FRANCE
I. - Calvin et la France à l'époque de Calvin II. - Réception et images de Calvin (XVIe-XVIIIe siècles) III. - Calvin dans la culture française et l’historiographie moderne.
BULLETIN DE LA S.H.P.F., AVRIL-MAI-JUIN 1995
GILMONT (J.F.) : Les sermons de Calvin : de l’oral à l’imprimé (p.145-162)
BULLETIN DE LA S.H.P.F., N° 136, OCT-DEC 1990
PEILIN J. : Essai sur la pensée calvinienne (p.565-574) (Traduit du chinois par A. Coupry).
CALVIN THEOLOGICAL JOURNAL, n° 2, 2006
K.Y. Maee : Hero or villain. Interpretations of John Calvin and his legacy.
ETUDES THEOLOGIQUES ET RELIGIEUSES, N°3, 2008
DERMANGE F. : Calvin aux origines de la Démocratie ? Notes bibl.
ETUDES THEOLOGIQUES ET RELIGIEUSES, N° 4, 1990
CARBONNIER J. : Le calvinisme entre la fascination et la nostalgie de la loi (p.507-518)
Leçon d’ouverture de l’année universitaire 1989-1990, prononcée à la Faculté de Théologie de Montpellier le 7 novembre 2007, lors de la remise du doctorat Honoris Causa au doyen J. Carbonnier.
FOI ET VIE, N° 2, AVRIL 1998
HALTER (D.): Job et Calvin.
FOI ET VIE, N° 5, DECEMBRE 1996
SCHOLL H.: Justus ex fide vivit. Les divergences luthéro-réformées dans la perspective du cours de Barth sur Calvin de 1922 (p.17-43)
LE MESSAGER (LE), N°3, janvier 2009
Dossier 500ème anniversaire. Du bon usage de Jean Calvin - Calvin en colère - Un Calvin très humain - Calvin sur internet - Calvin à Strasbourg - Des seconds rôles de premier plan - Calvin clés en mai (ou presque).
NOTRE EFFORT N°333, janvier 2008
L’héritage de Calvin et son importance pour les chrétiens aujourd’hui.
POSITIONS LUTHERIENNES, N° 3, 2001
WIEGER M. : Les lettres particulières de consolation dans la correspondance française de Jean Calvin.
REFORMED WORLD, n° 4, décembre 2007
John Calvin : What is his legacy ? An international consultation seeks the answer on the eve of his 500th birthday
A lire aussi : John Calvin Rediscovered.- Ed.Edward Dommen & James D. Bratt, Louisville, Westminster John Knox Presse, 2007.
REVUE REFORMEE, N°185, 2-3 1995
- MARTIN (Alain-Georges) : Aimez-vous lire Calvin ? (p.69- 72)
- DAUMAS (Jean-Marc) : Ecclésiologie: cheminement de la pensée calvinienne à travers les rééditions de l’"Institution chrétienne" (p.73-88)
REVUE REFORMEE, N° 191, NOVEMBRE 1996
MILLET (O.) : L’humanité de Calvin (p.9-24)
REVUE REFORMEE, n° 244, Octobre 2007
E. Brink : La prédestination et la liberté humaine peuvent-elles faire bon ménage ?
REVUE REFORMEE, N° 213, JUIN 2001
FATH (S.) : Calvin aux Etats-Unis : des Pères puritains à l’affaire Lewinski.
UNITE CHRETIENNE, N° 124, NOVEMBRE 1996
REYMOND (A.) : Calvin, l’Ecriture et les Pères de l’Église (p.21-39).
Cf. :
Calvin au-delà des caricatures
Calvin et les manuels scolaires…
Calvin et la Loi de la liberté
La résurrection du Christ
Année Calvin. Un cheminement intéressant...
Pourquoi Calvin aujourd’hui ?
Une Alliance qui ne peut être rompue
dimanche 12 avril 2009
La résurrection du Christ
selon Calvin, Institution de la religion chrétienne, II, xvi, 13 :
D'autant qu'en la croix, en la mort et en la sépulture de Christ n'y apparaît qu'infirmité, il faut que la foi passe outre, pour être pleinement corroborée. Ainsi, bien qu'en sa mort nous ayons entier accomplissement de salut, vu que par elle nous sommes réconciliés à Dieu, il a été satisfait à son juste jugement, la malédiction a été abolie, et nous avons été acquittés de toutes les peines dont nous étions redevables: néanmoins il n'est pas dit que par la mort nous ayons été ressuscités en espérance vive, mais par la résurrection (1 Pierre 1: 3). Car comme lui, en ressuscitant, s'est montré vainqueur de la mort, ainsi la victoire de notre foi consiste en sa résurrection.
"Alors qu'il faisait encore sombre, elle se rend au tombeau"...
NOTRE JUSTIFICATION
Qu'il nous souvienne donc, toutes les fois qu'il est fait mention seulement de la mort, que ce qui est propre à la résurrection y est compris; qu'il y a aussi une même raison et forme de parler, quand la résurrection est nommée seule, parce qu'elle tire avec soi ce qui convient spécialement à la mort. Mais parce que Jésus-Christ en ressuscitant s'est acquis la palme de victoire, pour être résurrection et vie, S. Paul à bon droit débat et maintient que la foi serait anéantie, et que l'Evangile ne serait que fallace et mensonge, sinon que nous soyons bien persuadés en nos cœurs de la résurrection de Jésus-Christ (1 Cor. 15: 17). C'est pourquoi en l'autre passage, après qu'il s'est glorifié en la mort de Jésus-Christ contre toutes les frayeurs de condamnation qui nous troublent, il ajoute, pour mieux amplifier, que celui qui est mort est aussi ressuscité, et apparaît devant Dieu intercesseur pour nous (Rom. 8: 34).
NOTRE SANCTIFICATION
Davantage, comme nous avons ci-devant exposé que la mortification de notre chair dépend de la communication de la croix de Christ, aussi il faut entendre qu'il y a un autre fruit correspondant à celui-là, provenant de sa résurrection. Car nous sommes, comme dit l'Apôtre, entés en la similitude de sa mort, afin qu'étant participants de sa résurrection, nous cheminions en nouveauté de vie (Rom. 6: 4-5). C'est pourquoi en un autre lieu, comme il déduit un argument de ce que nous sommes morts avec Christ, qu'il nous faut mortifier nos membres sur la terre: aussi, de ce que nous sommes ressuscités avec Christ, il infère qu'il nous faut chercher les choses célestes (Col. 3: 1-5). Par ces paroles, non seulement il nous exhorte à nouvelle vie, à l'exemple de Christ ressuscité, mais il enseigne que cela se fait par sa vertu, que nous soyons régénérés en justice.
NOTRE RÉSURRECTION
Nous avons une troisième utilité de cette résurrection: c'est que comme ayant une arrhe de la résurrection, nous en sommes rendus plus certains de la nôtre, d'autant que celle de Christ en est le fondement et la substance, comme il en est parlé plus à plein en la première aux Corinthiens (ch. 15).
Il faut aussi en passant noter qu'il est dit être ressuscité des morts: en quoi la vérité de sa mort et résurrection est signifiée, comme s'il était dit qu'il a souffert une même mort que les autres hommes, et qu'il a reçu immortalité en la même chair qu'il avait prise mortelle.
(Évangile de Jean ch. 20, v. 1)
Cf. :
Calvin au-delà des caricatures
Calvin et les manuels scolaires…
Calvin et la Loi de la liberté
Année Calvin. Un cheminement intéressant...
Pourquoi Calvin aujourd’hui ?
Obsession Calvin
Une Alliance qui ne peut être rompue
samedi 14 mars 2009
Calvin et la Loi de la liberté

Calvin distingue trois usages de la Loi biblique : l’usage pédagogique, l’usage politique et l’usage normatif.
C’est là le fondement de l’enseignement luthérien de la justification par la foi seule, reçu sans réserve par Calvin.
- Selon son usage politique ou civil, la Loi a pour but de restreindre le mal dans la Cité et de promouvoir la justice. Elle fournit des principes, qui s’appliquent de façon analogique selon les temps et les lieux dans la vie civile et politique.
- Selon son troisième usage, la Loi devient chemin de libération. C’est pour Calvin, qui se démarque ici de Luther, le principal usage de la loi : notre libération est effectivement mise en œuvre par ce que produit en nous l’injonction de la Loi. Exemple : le commandement donné à Abraham, ou au peuple libéré de l’esclavage : «quitte ton pays», «sors de l’esclavage». La libération qui est dans le recours à la grâce ne produit son effet que si elle reçue et donc mise en œuvre.
La liberté donnée à la foi seule qui reçoit la grâce — ce seul recours, selon l’usage pédagogique de la Loi — ; cette liberté ne devient effective que lorsque l’exigence de la Loi donnée comme norme suscite, parce qu’elle est entendue, la mise en route obéissante.
*
Mais, dira-t-on, on ne sache pas que les chrétiens protestants, et calvinistes, pratiquent les 613 mitsvoth — les 613 commandements de la Loi biblique — ?! Pas plus que les autres chrétiens…
Où il faut parler, à côté de trois usages de la Loi, de trois aspects de la Loi : l’aspect moral, l’aspect cérémoniel et l’aspect judiciaire.
L’aspect cérémoniel (les cérémonies religieuses de la Loi) et l’aspect judiciaire (dans la gestion de la vie le la Cité), sont perçus, quant à leur lettre, comme correspondant à un temps et à une culture donnée. Mais ils peuvent varier dans leur pratique selon les circonstances. Ainsi, quant à l’aspect cérémoniel, on ne pratique pas aujourd’hui de sacrifices d’animaux dans le Temple de Jérusalem — de toute façon détruit (sacrifices correspondant pourtant à des préceptes cérémoniels). Une perspective calviniste considère que cela vaut pour tout commandement en son aspect cérémoniel — lié à des temps, des lieux, des cultures. Cela vaut aussi pour l’aspect judiciaire : par exemple les formes de gouvernements, qui sont variables selon les lieux.
En revanche l’aspect moral, comme norme idéale, comme visée de perfection — qui au-delà du Décalogue, se résume au «double commandement» : «tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton être et ton prochain comme toi-même» — ; cet aspect de la Loi n’est pas sujet aux variations culturelles, même si son application s’adapte aux circonstances dans ce qui est l’usage normatif de la Loi.
Le troisième usage de la Loi, l’usage normatif, apparaît alors comme mise en œuvre de son aspect moral, comme injonction libératrice.
Où l’on retrouve les préceptes comme «lève-toi et marche» commandement adressé par Pierre au paralytique ; «sors de ta tombe» ; commandement adressé par Jésus à Lazare, «va pour toi» (lekh lekha) commandement adressé dans la Genèse à Abraham — et «tu choisiras la vie», l’injonction libératrice que donne le Deutéronome.
Telle est alors la parole de Dieu donnée comme Loi, parole libératrice, créatrice d’impossible. C’est là le Dieu créateur de la Bible — et non pas une hypothèse en concurrence avec les laboratoires de recherche!
Dieu vivant et vivificateur par la Parole qui fonde de la sorte la création. Par une parole de libération établissant pour la liberté des êtres responsables.
Cf. :
Calvin au-delà des caricatures
Calvin et les manuels scolaires…
La résurrection du Christ
Année Calvin. Un cheminement intéressant...
Pourquoi Calvin aujourd’hui ?
Obsession Calvin
Une Alliance qui ne peut être rompue
vendredi 20 février 2009
"Pas le temps”...
Ecclésiaste 9,10
"Rachetez le temps, car les jours sont mauvais."
You fritter and waste the hours in an off hand way
Kicking around on a piece of ground in your home town
Waiting for someone or something to show you the way
Tired of lying in the sunshine staying home to watch the rain
You are young and life is long and there is time to kill today
And then one day you find ten years have got behind you
No one told you when to run, you missed the starting gun
And you run and you run to catch up with the sun, but its sinking
And racing around to come up behind you again
The sun is the same in the relative way, but youre older
Shorter of breath and one day closer to death
Every year is getting shorter, never seem to find the time
Plans that either come to naught or half a page of scribbled lines
Hanging on in quiet desperation is the english way
The time is gone, the song is over, thought Id something more to say
Home, home again
I like to be here when I can
And when I come home cold and tired
Its good to warm my bones beside the fire
Far away across the field
The tolling of the iron bell
Calls the faithful to their knees
To hear the softly spoken magic spells.
Ecclésiaste 9,10
mercredi 4 février 2009
Réforme et mouvements précurseurs
Esquisse d’une généalogie du protestantisme,
des mouvements précurseurs aux temps modernes
L’effet de la libération intérieure de Martin Luther sera de… « faire sauter les canalisations de la grâce ».
Luther moine, inquiet quant à sa relation avec Dieu devant le poids de culpabilité qui assaille quiconque est attentif aux méandres de son âme, découvre que la grâce — la faveur — de Dieu est inconditionnelle. Quel que soit ce poids intérieur, quelle que soit la légitimité du sentiment de culpabilité, Dieu en libère la victime par la seule attestation de ce qu’il se montre favorable, attestation reçue par la foi seule — sola fide. Et cette parole libératrice, Luther la trouve dans l’Écriture seule — sola scriptura — et non dans l’appareil mis en place par la hiérarchie romaine, que je viens d’appeler « canalisations de la grâce »
Cet appareil s’est mis en place au cours de tout un développement historique qui a suscité parallèlement sa propre opposition qui a débouché sur la Réforme ; l’éclatement se produit à l’occasion de l’affichage par Luther, sur la porte de l’église du château de Wittenberg, de ses fameuses 95 thèses contre les indulgences, le 31 octobre 1517. Les indulgences sont alors devenues un élément central du dispositif de canalisation de la grâce : elles signifient le pouvoir que s’octroie l’Église hiérarchique d’abréger les peines — qui se prolongent jusqu’en purgatoire — consécutives au péché et à la culpabilité qu’il engendre et dont souffre Luther. À l’époque de Luther, les indulgences se monnaient — financièrement... Et Luther réalise qu’on est justifié devant Dieu par la foi seule !
Sa proclamation emporte la moitié de l’Europe — dont plusieurs princes qui, plutôt que d’aller demander à Rome pour savoir ce qu’ils croient, entendent désormais « protester » — témoigner — par eux-mêmes de la foi qui les habite — origine du terme « protestant ».
À ce point, ce qui est un moment de l’histoire de la foi de la fin du Moyen Âge est appuyé par des pouvoirs politiques — ce qui signifie l’émergence publique d’une protestation qui sourd silencieusement depuis plusieurs siècles via plusieurs mouvements, en parallèle à — et contre — la mise en place du pouvoir de l’Église romaine.
Au Moyen Âge : mouvements dissidents
face à une Église contestée
L’Empire et la réforme grégorienne.
On peut faire remonter cette histoire au coup d’État carolingien. Voilà une Église d’Occident dont la tête, l’évêque de Rome, entend promouvoir un État qui assume ses responsabilités chrétiennes. Rome n’est pas satisfaite de la façon dont le pouvoir mérovingien lui semble les négliger. La famille carolingienne (les « maires du palais » — disons « les Premiers ministres ») a fait preuve de plus de zèle, notamment au plan militaire — aussi bien contre les Lombards menaçant Rome que contre les Sarazins signifiant un autre lieu symbolique, d’une autre foi religieuse.
La famille carolingienne est donc élevée à la royauté en Pépin le Bref, puis carrément à l’Empire en 800 avec le couronnement de Charlemagne par le pape Léon III. Coup d’État dénoncé par Byzance qui déplore que l’on ignore qu’il existe déjà un Empire !
La différence est que le second Empire, carolingien, dépend par sa création, de l’évêque de Rome. C’est la nouveauté qui est à l’origine du conflit médiéval de la papauté et de l’Empire, qui pense pouvoir ne pas l’entendre de cette oreille.
Bref, vient le jour où Rome triomphe — symbolique de ce triomphe : l’humiliation de l’empereur Henri IV à Canossa en 1077 devant le pape Grégoire VII. Le nom de ce pape désignera l’avènement d’une papauté au règne sans partage : la réforme grégorienne.
Désormais Rome a entre les mains les moyens de mettre en place les exigences d’une société chrétienne. Depuis le plan militaire (où défaillaient les Mérovingiens) jusqu’au plan matrimonial (avec l’imposition du célibat des clercs ou la sacramentalisation du mariage des laïcs).
Au plan militaire, mentionnons : le renforcement d’institutions comme «la paix de Dieu» ou «la trève de Dieu», qui exigent des seigneurs qu’ils cessent leurs conflits intestins en des périodes déterminées ; le déclenchement de croisades — en Terre sainte dès 1095 à l’appel du pape grégorien Urbain II — ; où «internes» comme en 1204 le… «dérapage» qu’est le sac et la conquête de Constantinople ; ou le projet de croisade contre l’Angleterre ; ou, proclamée en 1208 par Innocent III, la croisade qui s’ébranle en 1209 contre le Languedoc accusé de protéger les cathares, ou plus tard, au XVe siècle, la croisade contre les Tchèques hussites.
Ce pouvoir inclut aussi le plan policier, avec la création pour lutter contre les cathares, de l’Inquisition en 1233 par le pape Grégoire IX ; le plan « psychologique » avec le contrôle des âmes à l’occasion de tout le système de canalisation de la grâce que fera sauter Luther ; etc.
Où l’on voit que parallèlement à la mise en place de l’Église grégorienne, des mouvements de contestation se sont élevés, des hérésies aux dissidences et jusqu’à des mouvements de pré-réforme, des mouvements précurseurs de la Réforme protestante.
1) Les cathares
En premier, l’hérésie cathare, selon son nom devenu conventionnel, qu’elle n’a jamais revendiqué (il s’agit d’une insulte signifiant «chatistes» — adorateurs du chat, figure du diable —, plutôt que «purs» selon l’étymologie grecque donnée à ce mot employé par des latins). Il s’agit d’un mouvement — dualiste — dont les racines remontent avant la réforme grégorienne puisqu’on voit des bûchers de dualistes dès le tournant de l’an mil. Un mouvement similaire, avec lequel les cathares partageront la même structure ecclésiale dès le XIIe siècle, les « bogomiles », apparaît dès le Xe siècle en Bulgarie.
Dualiste, l’hérésie cathare considère que la vie terrestre n’est qu’un exil malheureux dans un monde dominé par le diable : un monde de douleurs, de guerre, de violence et de sang. Le salut consiste à en être racheté. Et voilà que l’Église de la réforme grégorienne, dont les aspirations sont pourtant dans un sens assez proches des exigences cathares, a de fait pactisé avec ce monde diabolique, fomentant guerres — croisades — et État policier — avec l’Inquisition.
2) Les vaudois
Voilà donc une Église dans le siècle, une Église riche. Confrontée à sa propre exigence de pauvreté, et qui suscite alors l’opposition des plus exigeants de ses fidèles. Dans les années 1170, un riche marchant de Lyon, Vaudès (alias Pierre Valdo), entendant la parole de Jésus au jeune homme riche : « si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as et suis moi », abandonne ses biens et se consacre à l’annonce de cette bonne nouvelle. Son mouvement sera condamné par Rome pour insubordination. Il n’en disparaît pas pour autant — le mouvement vaudois — qui subsiste jusqu’à aujourd’hui, rallié à la réforme calviniste en 1532.
Et il fait vite tache d’huile. Quelques années après, François d’Assise, dont la mère semble avoir été vaudoise, emboîte le pas à Vaudès… et est reconnu par le pape Innocent III (on ne fait pas deux fois le même coup au pape).
L’exemple cathare aussi a fait tache d’huile : Dominique de Guzman, constatant l’échec de la politique romaine et cistercienne contre les cathares d’Occitanie, décide de suivre leur exemple de vie pour prêcher la parole romaine.
3) Le mouvement de Wyclif
La contestation ne s’en amplifie pas moins contre une Église qui veut gérer jusqu’aux replis les plus intimes des âmes : elle gagne aussi les théologiens, comme l’Anglais John Wyclif, qui au XIVe siècle (il meurt en 1384), remet déjà en question les prétentions romaines voulant dire le sens des Écritures. Wyclif considère la parole scripturaire comme supérieure à celle de l’Église : où l’on atteint ce qui sera un pôle de la Réforme : sola scriptura.
4) Les hussites
Le Tchèque Jan Hus se veut disciple de Wyclif. Son mouvement atteint une importance considérable : il rallie aussi les vaudois — on a parlé d’ « internationale valdo-hussite » — et débouche sur une révolution en Moravie, contre laquelle la croisade romaine et impériale échouera. Jan Hus est condamné au bûcher en 1415 au concile de Constance.
La révolution morave débouche sur un compromis : la rupture avec Rome n’a pas eu lieu. Elle aura lieu à l’occasion de la découverte intérieure de Luther : en 1521, Luther est excommunié. La moitié de l’Europe le suit. Le protestantisme est né, qui va se développer en plusieurs courants.
La réforme et ses principaux courants (on en nommera six)
1) Luthériens
Point commun de tous ces courants, le fondement luthérien : on est juste devant Dieu sola fide — par la foi seule. Et on trouve ce message dans l’Écriture seule — sola scriptura. Bref, on est libéré par la grâce seule — sola gratia. Ce qui produit un christianisme extrêmement simplifié, à la gloire de Dieu seul — soli Deo Gloria.
Sola fide : tel est le pôle luthérien et déclencheur de la Réforme. Par son second pôle, sola scriptura, la Réforme participe du mouvement humaniste.
2) Réformés — ou calvinistes
Le mouvement humaniste de la Renaissance consistait comme on sait en un retour aux « humanités », aux textes littéraires de l’Antiquité, par delà les développements philosophiques ecclésiastiques. Parmi les textes de l’Antiquité, les auteurs grecs et latins, de Platon à Virgile, mais aussi les textes bibliques, en leur forme originelle, hébreu et grec.
Des éditions des textes bibliques se font jour, comme le Nouveau Testament en grec édité par Érasme. Le mouvement se répand en Europe, qui s’intéresse aussi à l’œuvre de Luther, avec en France un Lefèvre d’Étaples, en Suisse un Zwingli, etc.
Ulrich Zwingli sera la première figure de la seconde branche protestante, la branche réformée. Zwingli et Luther rompent (à Marburg en 1529) sur la question de la sainte Cène, l’Eucharistie : Luther entend soutenir une position « réaliste » : le pain et le vin consacrés sont en même temps vraiment corps et sang du Christ ; Zwingli a une position plus « symboliste » : la présence du Christ est essentiellement « spirituelle ». Le dissensus sera « réglé » en 1973 avec la Concorde de Leuenberg !
Le Français Jean Calvin est appelé à Genève, dont il devient la figure réformatrice clef. Il opère une synthèse entre Luther et Zwingli tout en restant dans le courant réformé, en devenant même le théologien central, rassemblant sa pensée dans l’Institution de la religion chrétienne, dédiée au roi François Ier dont il espère l’adhésion à la Réforme.
3) Épiscopaliens, anglicans et puritains
Si la monarchie française n’est pas passée à la Réforme, plusieurs en Europe ont franchi le pas. Les monarchies scandinaves sont devenues luthériennes. L’Angleterre est passée à la Réforme, adoptant une confession de foi de mouvance calviniste (les 39 articles), mais conservant, avec l’aval de Calvin conseillant le jeune roi Édouard VI, une structure d’Église épiscopale.
Les réformés adoptent pourtant en général plutôt une organisation «presbytérienne-synodale», y compris sur les îles britanniques, comme en Écosse. Avec cette organisation, la distinction prêtres-évêques n’apparaît plus, chaque ministre étant les deux à la fois, avec le simple titre : pasteur. L’Église locale est présidée par un conseil presbytéral, conseil d’ « anciens » — presbytres, et est représentée en synodes, où se joue l’unité des Églises locales entre elles.
La question de l’organisation ecclésiastique sera une des raisons du conflit entre les « épiscopaliens » (partisans d’une organisation avec évêques) et les « puritains », partisan d’un système plus purement représentatif,… démocratique (rien à voir avec les connotations médiatiques du terme, apparemment confondu avec pudibond ?!). Les puritains sont à l’origine de la révolution puritaine anglaise de 1649 et de la révolution américaine, dont l’influence sur la révolution française a été déterminante.
Parmi les puritains : congrégationalistes (partisans d’une gestion autonome de chaque communauté ecclésiale), baptistes, quakers…
4) Baptistes
La Réforme ayant ramené la source d’autorité religieuse de la papauté à la Bible, des débats se sont mis en place sur des points divers, dont la sainte Cène (comme entre Luther et Zwingli) ; ou le baptême : certains contestent la légitimité du baptême des enfants, appelés «anabaptistes» («rebaptiseurs») au XVIe siècle. En Angleterre, au XVIIe siècle, ceux qui adoptent ce point de vue recevront le nom de «baptistes». Baptiste célèbre : Martin Luther King.
5) Méthodistes
Comme tout mouvement religieux, le protestantisme a eu tendance à s’assoupir, suscitant en contrepartie des mouvements dits de «réveil». Le «piétisme» en est un des plus connus, initié dans le luthéranisme germanique, mais qui traversera toutes les Églises. Il s’agit ici d’insister sur l’importance de la vie intérieure, sur la dimension spirituelle, au-delà de la ritualité.
Le mouvement puritain connaît aussi cette exigence, centrale chez les quakers au point qu’ils abandonnent les rites.
D’une autre façon, c’est cette exigence qui est à l’origine de l’action réformatrice de John Wesley. On peut le considérer, bien qu’apparaissant au XVIIIe siècle, comme un troisième nom de réformateur, avec Luther et Calvin.
John Wesley fonde sur son exigence de renouveau intérieur et spirituel une véritable réforme, dont la prédication le verra finalement, malgré lui, être exclu de l’Église anglicane dont il est prêtre. C’est l’origine d’un des courants importants du protestantisme qui existe jusqu’à aujourd’hui.
Cette considération « piétiste » que ce qui fait l’homme, et le chrétien, est au-delà de toute considération ethnique, nationale, ou de couleur, est à l’origine de l’abolition de l’esclavage. Premiers abolitionnistes, les quakers, qui dès le XVIIe siècle, dans leur colonie de Pennsylvanie, s’interdisent toute possession d’esclave. Et l’influence du mouvement méthodiste est décisive dans la législation anglaise abolissant l’esclavage. Ce qui fait l’homme, et qui fait l’homme libre, c’est sa réalité intérieure, qui condamne toutes les classifications dont s’autorise l’esclavage et le racisme qu’il fonde.
6) Pentecôtistes
Le XXe siècle verra naître, dans une mouvance proche du méthodisme, le mouvement pentecôtiste, devenu un courant important du protestantisme contemporain. Né dans les milieux africains-américains, autour des pasteurs Charles Parham et William Seymour, le pentecôtisme (tirant son nom de l’événement de la Pentecôte, dans le livre des Actes des Apôtres, chapitre 2) effectue une synthèse entre la tradition protestante anglo-saxonne et la culture africaine-américaine, synthèse dont sont issus aussi le blues et le jazz.
Le mouvement se réclame de l’effusion de l’Esprit saint dotant les croyants d’une vie intérieure qui se traduit par un renouveau de la piété, d’où la forme des célébrations et des chants ; et se veut une libération totale, y compris psychique, et thérapeutique. Le pentecôtisme a influencé les autres Églises, y compris l’Église catholique, avec le mouvement charismatique.
En sortant de son milieu d’origine, le mouvement a parfois rejoint des tendances «fondamentalistes» du protestantisme nord-américain. «Fondamentalisme» désigne une tendance du courant «évangélique» en réaction contre les développements rationalistes qui se sont fait jour depuis le XIXe siècle.
Ce qui permet de parler des trois courants qui traversent toutes les traditions du protestantisme.
Trois pôles transversaux :
— « Orthodoxe », plus souvent appelé « évangélique » : le pôle conservateur, plus fréquent chez les baptistes et les pentecôtistes, et qui, en son aile la plus radicale, est dit « fondamentaliste » (c’est-à-dire qui se réclame des « fondements » bibliques de la Foi) — à ne pas confondre avec « intégriste » : le « fondamentalisme » protestant n’a, en principe, pas de vues de conquête politique.
— « Libéral » : un courant, contre lequel réagit le « fondamentalisme », et qui représente une synthèse de la théologie de la réforme et de l’héritage des Lumières, ou au moins une volonté protestante de tenir compte de cet héritage. En ses ailes radicales, ce courant a pu être parfois assimilé au rationalisme.
— Un troisième courant transversal est le courant « piétiste », dont se réclament éventuellement les deux autres, et notamment, plus fréquemment, le courant « évangélique ». Le courant piétiste correspond à cette volonté, finalement commune dans le protestantisme, d’insister sur la dimension intérieure de la relation avec Dieu, « sola fide ».
Marseille-Magnan, Formation des chargés de mission ERF, 4-5 mai 2007
(De la Réforme aux mouvements évangéliques)
Cannes — Institut Stanislas, 6 février 2007 & 23 octobre 2007
& "Le Moulin", Vence, 13 novembre 2009








