<script src='http://s1.wordpress.com/wp-content/plugins/snow/snowstorm.js?ver=3' type='text/javascript'></script> Un autre aspect...: juillet 2009

mardi 21 juillet 2009

«On» a marché sur la lune...


... Un «On» qui m'a émerveillé, dit (dans ce reportage) un des astronautes, un des hommes du «petit pas» - entendant prononcer ce «on» sur tous les continents de la Terre : toute l'humanité se perçoit comme partie prenante d'un «grand bond»...



C'était le 21 juillet 1969 à 2 h 56 UTC (3 h 56 heure française) ou le 20 juillet à 21 h 56 à Houston...


40 ans...



jeudi 16 juillet 2009

Le blues des fidèles d’Amour : soufis, troubadours, cathares...






Al Hallâj, mystique musulman, rendu célèbre en Occident par Louis Massignon [1], entendait mourir à l'imitation de Jésus. Il a de fait été martyrisé, condamné pour sa profession de l'union mystique qui outrait ses coreligionnaires musulmans; et qui correspond à la souffrance et la passion de l'amour impossible [2]. C'est cette impossibilité qui se scelle dans la fatwâ de 922, la sentence de condamnation qui mènera Hallâj au supplice.

La théologie d'Ibn Dâwûd d'Ispahan (ob. 909) [3], grand juriste - et mystique - qui avait émis une première fatwâ contre Hallâj déjà quelques années avant sa condamnation, révèle le péché que reprochent à ce dernier ses contemporains : l'assimilation à Dieu de la créature, atteinte à la proclamation de l'Unicité de Dieu. C'est le désir même de Hallâj qui est condamné, le désir de l'union avec Dieu qui se scelle dans sa passion.

Ici Ibn Dâwûd est sans doute fort proche d'Hallâj, Ibn Dâwûd qui prônait la non-consommation de l'amour humain, afin de perpétuer le désir. C'est l'exaltation ultime de l'amour tel que, selon la légende, le vivait, et le mourait, la tribu des Banû 'Odhra - les «virginalistes» - qu'a chantée Ibn Dâwûd lui-même ; tribu où «on mourait quand on aimait» [4], conformément au hadîth :

«Celui qui aime, garde son secret, reste chaste, et meurt d'amour, celui-là meurt martyr».

Il est bien question, en effet, d'un rapprochement, et des plus étroits, de cet amour mystique et de l'amour «humain». Car l'amour pour Dieu, cet amour impossible de Dieu que souffrent les mystiques, est fort proche de la souffrance qui est dans l'amour inabouti de l'amant pour l'aimée.

Tout le problème est précisément celui de la relation entre cet amour, humain, et l'amour porté à Dieu. Dans la ligne d'Ahmad Ghazâli se trouve aussi Rûzbehân Baqlî de Shiraz (ob. 1209) [5], qui développe au plus précis la pensée qui situe le dévoilement de Dieu à lui-même - le regard de Dieu sur lui-même, - dans le regard de l'amant humain pour l'être humain objet de son amour.

C'est aussi dans cette tradition que se situe Ibn 'Arabi de Murcie (1165-1240), musulman espagnol qui enseigne avec Rûzbehan que c'est Dieu «qui se manifeste à tout être aimé et au regard de tout amant. Il n'y a ainsi qu'un seul Amant dans l'Existence universelle (et c'est Dieu) de telle sorte que le monde tout entier est amant et aimé» [6].

Avec cette Espagne en contact nécessaire avec la chrétienté aquitaine et languedocienne, connaissant une mystique de l'amour qui fleurissait chez Ibn 'Arabi, et que pratiquait déjà, au XIe siècle, un Ibn Hazm de Cordoue dans son Collier de la Colombe, apparaît un fait difficilement contournable : que la mystique islamique est au moins une des sources de l'amour courtois. Ce que confirme un Raymond Lulle n'hésitant pas à revendiquer l'influence soufie en exergue de son Livre de l'Ami et de l'Aimé.




Amour courtois en Occident, troubadours donc. Analysant le mythe courtois de Tristan et Iseult, Denis de Rougemont [7] remarque que l'amour de Tristan pour Iseult, et réciproquement, n'est jamais que recherche de l'impossible, recherche narcissique de soi à l'occasion de l'autre. Et évidemment, le soufisme parlant d'une recherche d'unification de Dieu et de participation à cette unification de Dieu, la chantant dans le sama', la question de la proximité des deux traditions est bel et bien posée.

Dans l'étude de Denis de Rougemont, ce narcissisme, névrotique, débouche sur la rencontre de soi dans la mort, seule recherchée ultimement dans l'autre inaccessible.

Or la mort dans la poursuite de l'inaccessible est bien ce qui advient à Hallâj. Mieux, c'est ce qu'il dit rechercher. Être en totalité avec Dieu, ne faire qu'un avec la racine pré-existentielle de notre être est une tentation telle que nous y voyons parfois confusément une espérance paradisiaque - cf. Job 3, Jérémie 20, Baudelaire dans «Bénédiction», ou Cioran, parlant de «l'inconvénient d'être né». Là apparaît d'ailleurs ce en quoi la démarche ne débouche pas simplement sur une assimilation à Dieu : cette impossibilité de la fusion est la certitude de l'échec dont Hallâj meurt. Non pas qu'il y ait retrouvailles de soi-même en Dieu dans la mort, mais perte définitive de l'illusion de la totalité. Aussi l'entretien forcené de la non-rencontre de l'autre, et notamment de la femme vénérée, peut être aussi perçue comme reconnaissance dans le concret du fait qu'il est une altérité irréductible, une non-totalité définitive de nos êtres, qui loin de se résoudre dans la mort, y devient au contraire incontournablement irréfutable. Ici encore apparaît la proximité d'Hallâj et d'Ibn Dâwûd qui obtenait sa condamnation.

Ainsi le martyre d'Hallâj, imitation de celui de Jésus, et symbole de l'essentiel du vécu des soufis, s'avèrerait être finalement à l'opposé-même d'une névrose certes frôlée : proclamation définitive d'une altérité irréductible, jusqu'en Dieu-même, dont on prononce l'unification. On ne peut que remarquer la proximité d'avec l’Évangile de Jean : «nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure chez lui» (Jn 14:23) ; «qu'ils soient un comme nous sommes un - moi en eux et toi en moi» (Jn 17:22).

Proximité aussi avec le catharisme, pourtant différent, comme l'Évangile de Jean, de l'amour courtois ! Mais que ne disent pas les cathares sur l'altérité irréductible quand ils prient un Dieu étranger à la Création ! Il faudra donc parler d'un complexe de civilisation, qui va de l'Espagne musulmane à l'Europe courtoise, où l'on est au fait à la fois de la splendeur de Dieu et par là-même de son inaccessibilité, qui est finalement celle de l'Autre, et de l'autre humain également. L'Autre est dévoilement pour chacun de son propre abîme, intuition de ce que dira le freudisme quant à la vanité du fantasme et à ce qu'il ne peut être assouvi. Cette intuition s'est traduite alors dans l'exaltation de la chasteté et le culte de la Vierge Marie, Dame courtoise par excellence - inaccessible comme un fantasme reste inassouvi. Ou chez les Dante avec Béatrice, les Pétrarque avec Laure, toutes deux voulues inaccessibles, mais vénérées comme dans un jeu frisant sans cesse le mortel, mais au fond se sachant mensonge : cette mystique sait très bien ne fonctionner que comme amour inaccompli.

L'amour s'adresse-t-il en effet à celle que l'on dit exaltée, à la dame concrète, quand son poète devine, au fond, désirer surtout éviter sa vraie rencontre ? L'amour ne se signifierait que dans un engagement concret, charnel, quotidien, qui précisément, serait la ruine de la quête de l'inaccessible.

Kierkegaard l'a exprimé au plus précis, concernant «le jeune homme» de La reprise: «la jeune fille n'était pas aimée ; elle était l'occasion, pour le poétique de s'éveiller en lui». C'est pourquoi,... ment-il (en toute sincérité !) qu' «il ne pouvait aimer qu'elle [...] ; et pourtant, il ne pouvait que languir auprès d'elle, continuellement» [8]. Auprès ou, sans doute mieux, au loin. Pensons ici à Raimbaud d'Orange, vouant un culte exalté, sur simple ouï dire, à la Beauté de sa Dame d’Égypte musulmane, Dame qu'il n'a jamais vue !

L'exil métaphysique que typifie l'exil biblique en Égypte ou à Babylone, et que les cathares ont perçu à la racine de leur théologie, cet abîme de la nostalgie soufie, se dévoile comme étant au coeur de toutes les mélancolies, de tous les blues : les esclaves noirs d'Amérique, autres grands exilés spirituels avec Israël et les cathares, et d'abord géographiques, avec Israël, le traduiront dans les mêmes thèmes bibliques : l'Exode, le passage de la Mer rouge ou du Jourdain, la Pâque - et celle du Christ -, avec leur charge symbolique. «Déportés d'Afrique de l'Ouest, depuis le XVIIe siècle, les esclaves noirs d'Amérique ont connu un sort cruel : tribus et familles dispersées, rites et musiques interdits. Dépossédés de toute identité, ils n'ont plus que le grain de leur voix et la couleur de leur peau pour se réinventer un peuple, retrouver enfin une âme» [9]... C'est, des champs de coton aux gospels, le blues, précisément, qui chante la perte irrémédiable d'une terre-mère désormais inaccessible [10], - mère symbolisée dans un pieu mensonge par une Vierge Marie, une Béatrice de Dante déjà décédée, ou une Dame d'Égypte que Raimbaud ne verra pas, - terre de la préexistence des cathares où l'on ne reviendra pas de ce côté-ci du ciel :

“Oh Lord, I want to be in the number,
when the saints go marchin' in”.





R.P. in Actes du colloque «Médiévales 97» - Bazièges (Haute-Garonne).
Cf. R. Poupin, "Hallâj : l’imitation de Jésus-Christ ou le martyre comme damnation”, Connaissance des Pères de l’Église (éd. Nlle Cité), n°47, 1992.


______________________________________
[1] Dans son livre La passion d’Al Hallâj, Paris, [1922] rééd. Gallimard, 1975.
[2] Cf. mon article “Is There a Trinitarian Experience in Sufism ?” in The Trinity in a Pluralistic Age, éd. Kevin J. VANHOOZER, Grand Rapids, Michigan / Cambridge, U.K., 1997.
[3] Cf. Henry CORBIN, Histoire de la philosophie islamique, Paris, Gallimard [1964], coll. Folio, 1986, p. 279 sq.
[4] Ibid.
[5] Cf. son Jasmin des fidèles d’amour (Kitâb-e ‘Abhar al-’ashiqîn), traduit du persan par Henry Corbin, Paris, Verdier – coll. “Islam Spirituel”, 1991.
[6] IBN ‘ARABI, Traité de l’amour, trad. M. Gloton, coll. “Spiritualités vivantes”, Paris, Albin Michel, 1986, p. 59.
[7] L’amour et l’Occident, Paris, Plon/U.G.E. – coll. 10/18, 1972.
[8] KIERKEGAARD, La reprise, Paris, Flammarion, coll.GF, 1990, p.73-74.
[9] Franck BERGEROT, Arnaud MERLIN, L’épopée du jazz. 1/ Du blues au bop, Paris, Gallimard, coll. Découvertes, 1991, p.13.
[10] Ainsi le dit celui que Michel Jonasz appelle “le Blanc qui chante Toulouse [comme] le Noir [...] chante ‘I was born to loose’” : ayant précisé : “il y a des races de peau, paraît-il. Pour moi, il y a surtout des peaux de l’âme, des peaux d’âme”, Claude Nougaro parle de “cet appel vers un homme transfiguré, vers un paradis perdu” : “je suis né dans un trou de mémoire et au fond de ce trou gît l’étoile, le lingot de ma vie” (in Le Nouvel Observateur n°2228 / 26 juin – 2 juillet 1997, p.35-36).


Voir aussi :
http://sites.google.com/site/rolpoup/des-signes-de-memoire ;
et http://rolpoup.blogspot.com/2010/02/mainmise-ou-liberte-de-lautre.html.


vendredi 3 juillet 2009

La planète des singes et le paradoxe du mimétisme



Dans un billet précédent, j’ai tenté de noter un rapprochement de La planète des singes, livre et films, d’avec la théorie de René Girard sur la violence, le mimétisme et le sacré.

Une approche naturellement ignorée par Pierre Boulle, qui ne connaissait pas la théorie que son compatriote avignonnais développerait bien après son œuvre à lui… L’approche est ignorée aussi des réalisateurs des films successifs, Schaffner et Burton. La dimension religieuse de la société des singes évolués n’apparaissant assez explicitement que chez ce dernier — une religion qui, de façon surprenante, ne connaît pas le sacrifice, contrairement à ce qu’il en est de toutes les religiosités classiques de l’humanité.

Voilà qui, par la bande, dénote, en regard de la théorie de René Girard, moins de violence à évacuer chez les singes que chez les hommes — le sacrifice en étant l’exutoire.

Apparaît en revanche nettement chez Boulle tout autre chose (une autre forme de violence, sous-jacente), aspect qui a été estompé chez ses interprètes cinématographiques : l’approche «racialiste» de la relation hommes-singes et de l’intérieur de la société des singes — avec ses trois races (chimpanzés, orangs-outangs, gorilles) et leurs spécialisations.

Une approche qui correspond sans doute au regard qui est celui de Boulle, homme de son temps — d’un temps colonial puis déjà post-colonial — sur les relations entre l’Occident et le reste du monde.

Un monde « racialisé », connotant « hiérarchies » des « races ».

*

Où l’on retrouve dans La planète des singes, mais façon métaphorique, ce qui est présent ailleurs dans l’œuvre de Boulle…

Quelques citations du Pont de la rivière Kwai :

— d’après un article intitulé « Pierre Boulle : un auteur racialiste »
(http://adrien637.blogspot.com/2005/12/la-plante-des-singes-de-pierre-boulle.html) :

« De la bouche même de Nicholson [héros du livre] : "L’essentiel (…) c’est que les garçons sentent qu’ils sont toujours commandés par nous, et non par ces singes [les Asiatiques]. Tant qu’ils seront entretenus dans cette idée, ils seront des soldats et non pas des esclaves”.

Alors que Saïto menace les officiers à la mitrailleuse, un soldat s’adresse à Clipton : "Doc, ils ne vont pas!… Ce n’est pas possible! Ce singe jaune n’osera pas?… Et le vieux qui s’entête!”

Lorsqu’un britannique en mission de reconnaissance pour la destruction du pont revint raconter ce qu’il a vu, il dira : "Si vous aviez vu l’allure de ces sentinelles, sir ! Des singes déguisés. Une façon de traîner les pieds et de se dandiner qui n’a rien d’humain…”

Saïto fera un discours où il répétera à satiété, combien il hait les Britanniques. Les Japonais sont eux persuadés de leur ascendance divine. Lui prêtant une gestuelle des plus agressives, Boulle commente ainsi : "La brutalité de ses expressions et de ses gestes désordonnés devait cependant être attribuée à un reste de sauvagerie primitive.”

Le roman met indéniablement en scène la concurrence de deux civilisations définies sur une base raciale.

À propos de Nicholson : "Le résultat d’ensemble en arrivait à affecter seul son esprit, symbolisant et condensant en une structure vivante les efforts acharnés et les innombrables expériences capitalisées au cours des siècles par une race qui s’élève peu à peu jusqu’à la civilisation.”

De la bouche de Nicholson : "Vous savez, Reeves, je compte vraiment sur vous. Vous êtes ici le seul homme techniquement qualifié, et je vous laisserai une très grande initiative. Il s’agit de démontrer notre supériorité à ces barbares.” »

L’article en retire que pour Boulle « l’Occident possède en propre, des facultés qui lui sont exclusives. Ce n’est pas seulement une aide ponctuelle que Nicholson amena à l’Orient, il contribua à lui livrer un facteur central de la domination occidentale, qui sera mis à profit comme nous le savons par ces tigres économiques, sans qu’ils n’eurent à faire l’effort de le découvrir eux-mêmes. »

De sorte que Nicholson « contribuera à l’éducation à la science occidentale, d’une race qui gardera pour elle, les avantages qui lui sont propres : la capacité d’imitation, le conformisme social et l’abnégation asiatique. »

Et là, on a touché la question mimétique — la capacité d’imitation — le propre du simiesque !

Où le mimétisme est dévalorisant : on est loin du sens que lui donnera René Girard, lequel permet de faire apparaître le paradoxe qui est au cœur des romans de Boulle, et notamment de La planète des singes, où le simiesque est annoncé par le titre du livre et le nom de l’espèce vouée à supplanter les hommes : les singes, l’espèce mimétique.


« L’homme apprivoisa les singes, il entreprit même de leur montrer à parler. Ils apprirent et par imitation, ils réussirent à prendre sa place au faîte de sa propre civilisation. Cette relation de l’homme blanc et du singe dans le roman, illustre la relation dans le monde réel de l’homme blanc européen et de l’homme asiatique »
, écrit l’auteur de l’article déjà cité !

Le mimétisme comme signe d’une déficience, d'une inaptitude à inventer, le mimétisme comme alternative à l’intelligence humaine ou — selon le « racialisme » de l’époque dont Boulle est le témoin — occidentale.

Or ce qu’a montré depuis de façon impressionnante René Girard, c’est que le mimétisme est le propre de l’intelligence, et que l’intensité mimétique est le propre de l’intelligence humaine : l’homme a une plus grande capacité d’imitation. C’est pour cela qu’il a sa capacité d’invention, et corrélativement de violence insoluble, pouvant aller jusqu’à l’autodestruction du groupe ou de l’espèce, sauf à l’évacuer dans le dérivatif sacrificiel du bouc émissaire — cette pratique sacralisée dans la religion… et ignorée de la société des singes, dans toutes les œuvres issues du roman de Boulle ! Où les singes sont moins aptes au développement parce que moins simiesques, moins mimétiques que les hommes.

René Girard a posé un constat qui ruine le racialisme de l’époque de Boulle : la capacité d’imitation à partir d’un certain degré d’intensité est bien un signe d’intelligence humaine, un fondement de la culture et de la civilisation !

Un constat qui, parallèlement, donne une force supplémentaire au roman de Pierre Boulle, ce qu’en ont retenu les films successifs : l’intuition de la force destructrice du mimétisme humain, voire le passage à l’acte (la destruction par armes nucléaires du film de Schaffner) ouvre la place à des civilisations moins fatiguées par les excès du mimétisme culminant en violence — c’est le phénomène constant de la montée des barbares (comme pour les Romains... fatigués, remplacés par des peuples en phase d’acquisition du partage mimétique de leurs prédécesseurs)…

Mais contrairement à ce qu’il en serait d’un remplacement par des singes — mettons, pour maintenir la modernité du mythe, suite à des manipulations génétiques comme pour le film de Burton — ; contrairement donc à ce qu’il en serait pour des singes, peu de doutes que le mimétisme humain mène les remplaçants au même terme que les remplacés : humains, et donc intensément mimétiques, donc aptes au progrès, et à l’intensification de la violence…


À moins de se résoudre à recevoir le dévoilement de ce phénomène humain-là et d’opter pour un autre mode d’évacuation de la violence, celui qui a conduit le Christ à la croix.