<script src='http://s1.wordpress.com/wp-content/plugins/snow/snowstorm.js?ver=3' type='text/javascript'></script> Un autre aspect...: avril 2008

lundi 7 avril 2008

Martin Luther King (2)



Martin Luther King, prédication de 1956, présentée comme une lettre écrite par l’Apôtre Paul aux chrétiens d’Amérique (extraits) :




« Paul, appelé à être apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, à vous qui êtes en Amérique, grâce et paix de la part de Dieu notre Père, par notre Seigneur et Sauveur, Jésus Christ…
Depuis de nombreuses années j’ai désiré vous voir, ayant entendu tant de choses à votre sujet et au sujet de ce que vous faites. Des nouvelles me sont parvenues concernant les progrès fascinants et étonnants que vous avez accomplis dans le domaine scientifique ».
[…] « Mais Amérique, te considérant de l’extérieur, je me demande si ton progrès moral et spirituel a été proportionnel à ton progrès scientifique. Tu as laissé les moyens matériels qui te permettent de vivre, distancer les fins spirituelles pour lesquelles tu vis.
… Ton génie scientifique a transformé le monde en proximité de voisinage, que ton génie spirituel et mortel a échoué à rendre fraternel».

[…] « Une autre chose me trouble. C’est que vous avez une Eglise blanche et une Eglise noire. Vous avez laissé la ségrégation franchir le seuil de l’Eglise. Comment donc une telle division peut-elle régner au sein du vrai Corps du Christ ?… Si je comprends bien, vous comptez parmi vous des chrétiens qui tentent de justifier la ségrégation par des fondements bibliques. Mes amis, c’est un blasphème qui va à l’encontre de tout ce que proclame la foi chrétienne. Je dois vous répéter ce que j’ai dit à beaucoup de chrétiens auparavant : en Christ, il n’y a plus ni juif, ni grec ; ni esclave, ni homme libre, ni homme ni femme, car tous, nous ne sommes qu’un en Jésus Christ. ».

[…] « Puis-je adresser un mot à ceux qui luttent contre ce mal ? Veillez à toujours combattre avec des méthodes et des armes chrétiennes. Ne succombez jamais à la tentation de l’amertume. Quand vous exigez la justice, veillez à agir dans la dignité et la discipline, avec l’amour pour arme principale. Ne permettez à personne de vous abaisser au point que vous en veniez à le haïr. Evitez toujours la violence. Si au cours de votre lutte vous succombez à la violence, les générations futures subiront les conséquences de la longue nuit désolée de l’amertume, et l’héritage principal que vous léguerez à l’avenir sera un règne éternel de chaos ».




« S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. » (Jean 15, 20)




vendredi 4 avril 2008

Martin Luther King (15.01.1929 - 4.04.1968)



« "Je vous le dis aujourd'hui, mes amis, bien que nous devions faire face aux difficultés d'aujourd'hui et de demain, j'ai tout de même un rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain."



« Je fais le rêve qu'un jour, cette nation se lève et vive sous le véritable sens de son credo : “Nous considérons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux.”

« Je fais le rêve qu'un jour, sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des esclaves et les fils des propriétaires d'esclaves puissent s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.

« Je fais le rêve qu'un jour, même l'État du Mississippi, désert étouffant d'injustice et d'oppression, soit transformé en une oasis de liberté et de justice.

« Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur personne. Je fais ce rêve aujourd'hui !

« Je fais le rêve qu'un jour juste là-bas en Alabama, avec ses racistes vicieux, avec son gouverneur qui a les lèvres dégoulinantes des mots interposition et annulation; un jour juste là-bas en Alabama les petits garçons noirs et les petites filles noires puissent joindre leurs mains avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et sœurs.

« Je fais ce rêve aujourd'hui.

« Je fais le rêve qu'un jour chaque vallée soit glorifiée, que chaque colline et chaque montagne soit aplanie, que les endroits rudes soient transformées en plaines, que les endroits tortueux soient redressés, que la gloire du Seigneur soit révélée et que tous les vivants le voient tous ensemble






  

jeudi 3 avril 2008

Chaos et “esprit tétramorphe”




I (*) - Le tétramorphe représente les « Quatre Vivants », les quatre animaux ailés « tirant » le char de la vision d'Ézéchiel (Ez 1, 1-14) et que l'on retrouve de façon assez similaire dans l'Apocalypse de Jean (ch. 4, 7-8).

Plus tard les Pères de l'Église en ont fait l'emblème des quatre évangélistes : le lion pour Marc, le taureau pour Luc, l'homme pour Matthieu et l'aigle pour Jean. Ils accompagnent souvent les représentations du Christ en majesté.

- L’homme représente Matthieu : l'évangile de Matthieu débute par la généalogie humaine de Jésus.
- Le lion représente Marc : dans les premières lignes de l'évangile de Marc, Jean-Baptiste prêche au désert, lieu des animaux sauvages.
- Le bœuf représente Luc : aux premiers versets de son évangile, il fait allusion à Zacharie qui offre un sacrifice à Dieu ; dans le bestiaire traditionnel, le bœuf est signe de sacrifice.
- L’aigle représente Jean : le quatrième évangile commence par la préexistence céleste de la Parole qui vient en Jésus-Christ.


st-trophime.jpg
St-Trophime d'Arles



Le tétramorphe dans la Bible


La vision d'Ézéchiel

Dès les premières lignes de sa prophétie, Ézéchiel (Ez 1, 1-14) décrit une vision : « le ciel s'ouvrit et je fus témoin de visions divines » (Ez 1, 1). « Au centre, je discernais quelque chose qui ressemblait à quatre êtres vivants » (Ez 1, 5).

« Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes (...) leurs sabots étaient comme des sabots de bœuf » (Ez 1, 6-7). « Quant à la forme de leurs faces, ils avaient une face d'homme, et tous les quatre avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient une face d'aigle » (Ez 1, 10).

Il s'agit de quatre animaux identiques dotés chacun de quatre pattes de taureau, de quatre ailes d'aigle, de quatre mains humaines et de quatre faces différentes d'homme, de lion, de taureau et d'aigle. Ces quatre animaux ont leur place au pied du trône de la gloire de Dieu.


L'Apocalypse

Le livre de l'Apocalypse (4, 7-8) relate une vision dont la parenté avec celle d'Ézéchiel est évidente. Les Vivants sont au milieu du trône et autour de lui. mais ils ne sont plus identiques et ils sont beaucoup moins hybrides : ce sont, dans l'ordre, un lion, un taureau, un homme et un aigle. Ils ont chacun six ailes et ils sont recouverts d'une multitude d'yeux.

Ils ne cessent de répéter jour et nuit : « Saint, Saint, Saint, Seigneur, Dieu Maître de Tout, qui était qui est et qui vient. »



Le tétramorphe dans l'Antiquité


Ces quatre figures des quatre vivants remontent à la nuit des temps. On les trouve en particulier en Égypte et à Babylone en Mésopotamie. Ce sont sans doute les conceptions babyloniennes qui sont en arrière-plan des visions d'Ézéchiel retrouvées par l'auteur de l'Apocalypse. C'est Irénée de Lyon, au IIe siècle, soit de nombreux siècles après leurs premières apparitions, qui le premier a identifié ces quatre vivants aux quatre évangélistes.


Égypte

En Égypte ils étaient « les quatre gardiens du Créateur ». représentés dans plusieurs temples dont celui d'Erfou. Voici ce qu'en dit Nadine Guilhou, égyptologue à l'université de Montpellier.

« De son côté, pressentant lui aussi des combats, le créateur résolut de créer à partir de lui-même quatre gardiens. L'un avait les apparences d'un rapace. Le visage encadré d'ailes, il portait un harpon. On le nomma "Seigneur du harpon". Le deuxième était un lion puissant ; il portait un couteau. C'était le "Seigneur du couteau". Le troisième, un serpent, brandissait un poignard. On le dénomma "celui dont la terreur est grande". Le quatrième, enfin, portait aussi un couteau, c'était un taureau et son nom fut : "celui dont le rugissement est puissant".

Ces quatre gardiens se subdivisèrent en quatre compagnies, les lions au nord, les serpents à l'est, les faucons au sud, les taureaux à l'ouest. Munis de leurs armes, ces génies gardiens constituaient à Edfou, le rempart vivant du Créateur. Ils se figèrent autour de lui, constituant la mer d'enceinte de son temple. Et c'est ainsi que fut créée la demeure de Rê, semblable à l'horizon du ciel, immense, où il pouvait séjourner pendant des millions de millions d'années. »


Babylone

À Babylone, ils représentaient quatre divinités secondaires. Ils figuraient les quatre points cardinaux et dans l’astrologie des civilisations mésopotamiennes, ils symbolisent les quatre signes fixes du zodiaque.




II - « Chaos tétramorphe » cathare


Homme, oiseau, poisson, quadrupède.

On retrouve dans un texte de polémique anti-cathare du XIIe siècle, le De heresi catharorum in Lombardia : un quadrupède, rappelant les quadrupèdes bibliques — si ce n’est qu’ici le tétramorphe est nettement négatif, esprit du chaos.

Quatre figures : lion & taureau/bœuf) ; l’homme, l’oiseau (aigle). Plus le poisson.

Figure du chaos, ce qui peut évoquer le chaos des quatre éléments — créés par Dieu ! pour le texte bogomile reçu par plusieurs groupes cathares, l’Interrogatio Iohannis — ; les quatre éléments à partir desquels « Sathanaël » déchu façonne la création (feu – homme ? ; air – oiseau ; eau – poisson ; terre – quadrupède ?).

Ce « mauvais esprit tétramorphe […] habitait au fond du chaos, il existait par lui-même sans avoir été créé (sine principio), mais il n’avait pas lui-même le pouvoir de créer. C’est à son instigation que Lucifer, descendu jusqu’à l’abîme, aurait décidé de se rebeller contre Dieu » (cf. M. Roquebert, La religion cathare, éd. Perrin, p. 134).

*

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Évangéliaire, XIe siècle (Avignon)




Alors qu’on retrouve le thème du tétramorphe, symbolisant les évangiles, aux quatre coins de la chrétienté : en Italie, Égypte copte, Nubie, Éthiopie... dans les arts carolingiens, mozarabes... inspirant une multitude d'artistes — avec au terme de ce voyage, l'art de la fin du Moyen Age, l'art roman, qui connaît une floraison d'images inspirées des Quatre Vivants — les Quatre Vivants se meurent au XIIIe siècle… Engloutis dans le chaos tétramorphe ?


Sur les cathares, d’autres articles ICI.