<script src='http://s1.wordpress.com/wp-content/plugins/snow/snowstorm.js?ver=3' type='text/javascript'></script> Un autre aspect...: janvier 2008

samedi 12 janvier 2008

Sourire




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« Je suis un étranger chez toi,
Un résident temporaire,
comme tous mes pères.


Laisse-moi un peu de répit,
pour que je retrouve le sourire
avant de m’en aller et de n’être plus rien. »

(Psaume 39, 13b-14)






jeudi 10 janvier 2008

C'est à voir...




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Hébreux 12, 2

1 Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée,
2 les yeux fixés sur Jésus, qui est l’auteur de la foi et qui la mène à la perfection. Au lieu de la joie qui lui était proposée, il a supporté la croix, méprisé la honte, et s’est assis à la droite du trône de Dieu.


Luc 9, 28-35 & 44-45

28 Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques et monta sur la montagne pour prier.
29 Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui ; c’étaient Moïse et Élie ;

31 apparus en gloire, ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.

32 Pierre et ses compagnons étaient écrasés de sommeil ; mais, s’étant réveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui se tenaient avec lui.

33 Or, comme ceux-ci se séparaient de Jésus, Pierre lui dit : “Maître, il est bon que nous soyons ici; dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, une pour Élie.” Il ne savait pas ce qu’il disait.

34 Comme il parlait ainsi, survint une nuée qui les recouvrait. La crainte les saisit au moment où ils y pénétraient.

35 Et il y eut une voix venant de la nuée; elle disait : “Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai élu, écoutez-le !”

36 Au moment où la voix retentit, il n’y eut plus que Jésus seul. Les disciples gardèrent le silence et ils ne racontèrent à personne, en ce temps-là, rien de ce qu’ils avaient vu.

44 “Ecoutez bien ce que je vais vous dire : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes.”
45 Mais ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur restait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens; et ils craignaient de l’interroger sur ce point.



*

« Les yeux fixés sur Jésus ». Qu’est-ce à dire ? Qu’est-ce à dire depuis l’Ascension et la fin des apparitions du Ressuscité ? Pour ceux qui ont vu Jésus de sa naissance à sa mort, comme Siméon (Luc 2) dont les yeux ont vu en Jésus enfant le salut attendu, soit ! Encore qu’il fallait bien la lumière de l’Esprit saint pour reconnaître le Fils éternel de Dieu en un enfant semblable aux autres, et plus tard en un homme semblable aux autres. Mais que dire nous concernant, nous qui n’avons pas frayé avec Jésus sur les routes de Galilée ou de Judée ?…

Et même pour ceux qui ont eu ce privilège, se pose la question de la foi, de cette œuvre de l’Esprit saint qui leur fait percevoir la présence de Dieu en cet homme. « Nul n’a jamais vu Dieu », souligne l’Évangile de Jean, qui précise : « Dieu Fils unique seul l’a fait connaître. » Alors, « les yeux fixés sur Jésus », qu’est-ce à dire ?

Ou alors, serait-ce que contrairement à l’époque du Décalogue, on verrait désormais ? — et l’auteur de l’Épître aux Hébreux écrit après l’Ascension. Avoir « fait connaître Dieu » l’aurait-il rendu visible ? Dieu dévoilé dans sa Gloire : est-ce ce que signifie la rencontre de Jésus ressuscité au dimanche de Pâques, ou au jour de la Transfiguration ? Puisqu’ici il n’est plus question de connaître selon la chair, pour le dire avec Paul.

Dieu serait-il devenu donc devenu comme visible, ou imaginable ? Pour que l’on ait, de la sorte « les yeux fixés sur Jésus ». En effet, puisque, comme chrétiens, nous confessons avoir connu Dieu dans l’humanité du Christ, la gloire céleste du Fils de Dieu serait-elle donc devenue visible dans l’humanité visible du Christ ?

Ne serait-ce alors pas là la satisfaction notre tentation essentielle ? Voir Dieu. Déjà dans l’Exode, à Moïse : « fais-nous des dieux qui marchent devant nous » ! Cela ne correspond-il pas d’ailleurs à la tentation essentielle de Jésus lui-même : rendre Dieu visible en levant le voile de son humanité et en se montrant dans sa seule gloire céleste ? C’est bien le cœur de sa tentation au désert ! « Montre-toi comme tu es, Fils éternel de Dieu ! » Or, Jésus a résisté : quant à sa gloire, son ministère se déroulera dans le secret, dans l’anonymat.

La Transfiguration est alors le moment où trois disciples reçoivent le privilège de voir lever un instant ce secret de la gloire cachée de celui qui demeure dans l’éternité auprès du Père. Secret qui ne sera pleinement levé pour la foi des croyants qu’au dimanche de Pâques, et universellement lors de la Parousie.

Mais que nous dit justement la Transfiguration par ce dévoilement d’un instant ? Elle nous dit dès lors rien d’autre que cela : l’humanité, à laquelle Jésus n’a pas voulu renoncer, est au-delà de nos capacités de compréhension et a fortiori de vision. Et il serait mal venu, sous prétexte que Jésus a assumé une réelle humanité, et qu’il a refusé d’y renoncer, ou d’en lever pleinement le voile — de penser que du coup nous aurions prise sur lui ; que son humanité, en un mot, serait à la mesure de nos conceptions.

Au contraire, nous dit la Transfiguration, l’humanité de Jésus est l’humanité du Fils de Dieu, l’humanité en laquelle Dieu nous rencontre, l’humanité même de Dieu !

Mais ça, c’est tout de même troublant, d’autant que cela bouleverse notre humanité propre. Où apparaît alors pour nous, la tentation, inverse en quelque sorte ; inverse, celle-là, à celle qu’a subie Jésus : avoir quand même prise sur lui ; connaître le Christ « selon la chair ».

En d’autres termes, vouloir un Christ à notre mesure — contre ce qu’en dévoile la Transfiguration. Un Christ que nous continuerions à voir en quelque sorte, de nos yeux… Contre ce qu’en dévoile la Transfiguration !

Et en effet, « nous ne connaissons plus selon la chair », nous avertit Paul selon sa foi au Ressuscité.

C’est la même leçon que tire de la Transfiguration la seconde Épître de Pierre : « ce n’est pas en nous mettant à la traîne de fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la venue puissante de notre Seigneur Jésus Christ, mais pour l’avoir vu de nos yeux dans tout son éclat. Car il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, quand la voix venue de la splendeur magnifique de Dieu lui dit: “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir.” Et cette voix, nous-mêmes nous l’avons entendue venant du ciel quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. » (2 Pierre 1, 16-18).

Cela n’empêchera pas de voir prospérer ce désir récurrent d’un Christ « selon la chair ». C’est ainsi que les Christ à notre image vont foisonner. Un Christ accessible non seulement à nos yeux, mais jusqu’à l’analyse de nos laboratoires de recherche, voire de nos scalpels.

Des chrétiens parmi les chercheurs se réjouissent même de trouver — disent-ils —, des traces nombreuses du Jésus de l’Histoire ; à partir desquelles se dessinent régulièrement des portraits et autres « biographies », distinctes des Évangiles, dans des ouvrages promis au statut de best-sellers, preuve que leur souci est aussi largement celui du grand public.

Que font-ils, ces biographes ? Comme tous les auteurs, mais ici par le détour par Jésus, ils parlent d’eux-mêmes. Et foisonnent les Christ, toujours au goût, à la mode du jour.

D’autres parmi les chercheurs, parmi les non-croyants ceux-là, ont en revanche pour projet de mettre en question le christianisme : eux aussi parlent d’eux-mêmes — et se réjouissent pour leur part qu’il y ait aussi peu de traces dans les Évangiles de ce Jésus dit « de l’Histoire » distinct du Christ de la foi — c’est un euphémisme : il n’y en a pas !… On n’a de récits que des Évangiles.

C’est dans cette ligne-là que tout un courant de l’historiographie soviétique avait beau jeu de carrément mettre en doute l’existence de Jésus… Ces auteurs parlaient d’eux-mêmes, eux aussi, bien sûr, c’est devenu très évident avec le recul. Aujourd’hui ces mises en doutes sont considérées comme dépassées.

Mais les traces d’un personnage historique, distinct des récits évangéliques ? — me direz-vous. Eh bien, on n’en a évidemment toujours pas (sinon quelque mention floue dans deux ou trois textes antiques). Rien qui permette de faire un portrait ! C’est au point que des auteurs à la mode renouent aujourd’hui avec ledit courant de l’historiographie soviétique, en rescapés de la méthode apparemment… pour nous expliquer qu’il n’y a de Jésus que mythique.

Quoique aujourd’hui, (à part dans ce courant à la mode) on ne se demande plus s’il a vraiment existé ; mais on aimerait cependant souvent en savoir un peu plus…

« Nous ne connaissons plus selon la chair », écrit Paul — sous-entendu : depuis sa résurrection. Or, tous les textes évangéliques ont été écrits après la Résurrection. Paul n’a pas vu, ni Luc !… — mais, me direz-vous peut-être, Pierre, lui, a vu, il était là lors de la Transfiguration ; et la 2ème Épître de Pierre nous en parle (2 Pierre 1, 16-19) : quelle chance ! Va-t-il-nous décrire quelque chose, qui soit enfin vraiment crédible pour nos chercheurs ? Eh bien non ! Comme Paul, Pierre ne nous parlera pas de l’homme Jésus autrement que comme le Fils de Dieu venu en chair, existant dans l’Éternité, en dehors de l’Histoire, Histoire où il nous a rejoints, Fils de Dieu fait homme.

C’est cela que nous disent les récits de la Transfiguration, celui de Luc (ou Matthieu et Marc) ou celui de Pierre : ce Jésus que vous avez côtoyé n’est autre que le Fils éternel de Dieu. « Écoutez-le ». Écoutez-le aujourd’hui, précisera l’Épître de Pierre dans les Écritures : « nous avons la parole des prophètes qui est la solidité même ». Mais, alors, que dire des « yeux fixés sur Jésus » ?

*

Revenons à la Loi et aux Prophètes. Ils ont désigné Jésus depuis le commencement. Voilà ce dont se souviennent Pierre et les Évangiles. La Loi et les Prophètes, à savoir Moïse et Élie dans le récit de la Transfiguration selon les Évangiles.

Le récit de la Transfiguration est profondément enraciné dans la mémoire du Sinaï (cf. Exode 24) : la montagne (Ex 24, 1 & 12-13), les six jours (Ex 24, 16), les trois personnes : Aaron, Nadav et Avihou (Ex 24, 1 & 9), la nuée et la voix (Ex 24, 15-17)… Derrière cette histoire, il y a le rappel du Sinaï où Moïse est médiateur de la Loi, la Torah. Et comme pour la Torah, ce qui est en bas renvoie à ce qui est en haut. Un tabernacle terrestre, ainsi le rappelle l’Épître aux Hébreux, signe d’un Tabernacle céleste contemplé par Moïse. En bas : trois disciples. En haut, trois figures célestes : Jésus, Moïse et Élie. Moïse et Élie, « la Loi et les Prophètes ». Et entre les deux, le Fils de l’Homme qui est dans les cieux, en haut ; — et en bas, un projet de tabernacles, de tentes (selon que, Jn 1, 14, « il a “tabernaclé” parmi nous »).

Et au Sinaï qu’en est-il de ce qu’on voit ? — : une voix, une voix que le peuple voit : « vous avez vu la voix de Dieu », est-il dit au peuple au Sinaï.

Et aussi, on peut le remarquer, la voix et la présence d’Élie orientent aussi vers l’attente du Messie à la fin des temps, selon le livre du Prophète Malachie. Les visions du Prophète Daniel sur la venue du Royaume. Plusieurs d’entre vous ne mourront pas avant d’avoir vu le Royaume disait Jésus juste avant la Transfiguration. Alors, qu’ont-t-il retenu finalement, les trois disciples ? Pas grand chose de visualisable. Une Parole : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai élu, écoutez-le ! »… « Écoutez-le » : voilà ce qu’est « avoir les yeux fixés sur Jésus » !

Et quant à la vision proprement dite, le récit de l’épisode marque rien moins qu’un embarras : pour parler de la blancheur éclatante de la lumière, si le mot correspond, semble dire le texte, on n’a de comparaison que celle du teinturier. Aujourd’hui, on penserait aux publicités pour la lessive : Machin lave plus blanc ! Eh bien ce jour-là c’était plus blanc encore, dit l’Évangile ! Nous voilà bien renseignés…

Blancheur éclatante, lumière, et puis bonheur. Pour fixer leur bonheur, comme si c’était possible, les disciples n’ont d’autre idée que de dresser des tentes ! Et pourquoi pas : on peut imaginer qu’ils pensent aux tabernacles de la fête du même nom — référence à l’Exode (cf. aussi Jean 1, 14 cit. supra : « il a “tabernaclé” parmi nous »).

Mais la présence du Fils de Dieu ne se fixe pas. Il faudra redescendre de la Montagne. Où le texte fait apparaître que les disciples sont tout de même à côté de la plaque !

Et pour cause : ils sont de la terre. Ils se trouvent en présence de celui qui manifestement vient du ciel, qui provient d’au-delà de l’Histoire et dont la Loi et les Prophètes ont parlé et parlent encore, celui auquel toute l’Histoire biblique, de Moïse, les commencements, à Élie, celui qui vient à la fin, ne cesse de renvoyer ; celui qui est au-delà de l’Histoire du commencement jusqu’à la fin, et qui est en ces jours au milieu d’eux, dans leur histoire. Il ne nous est pas donné pas d’autre Jésus de l’Histoire que celui-là.

*

Ce Jésus-là n’est autre que le Ressuscité. C’est ce qu’ont compris les disciples, plus tard. C’est bien le Ressuscité qui leur est apparu ce jour-là, avant même la crucifixion, celui qui demeure dans le sein du Père dans toute l’Éternité, celui en qui vient le Royaume ; qu’ils ont donc contemplé dans la Gloire avant même leur mort.

Et on a retenu la voix qui a retenti : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai élu, écoutez-le ! ». Écoutez ce que Dieu vous dit par lui. Déjà le Royaume est à l’intérieur de vous… Ne restez pas sur Mont de la Transfiguration. Allez suivre le Ressuscité sur les routes où il vous précède. Et c’est ce que Jésus va leur montrer par l’épisode, miraculeux, qui suit et qui se conclut par cette parole, alors que tous s’enthousiasment : « Écoutez bien ce que je vais vous dire : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » — « Mais, poursuit le texte, ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur restait voilée ». Qu’il est dur de descendre du Mont de la Transfiguration. Mais Jésus lui-même en est descendu. À nous de le suivre à présent : allez donc dans le monde… « les yeux fixés sur Jésus », à savoir : « écoutez-le », et donc pour nous : « écoutez ce qu’ont dit de lui ceux qu’il a envoyés vers nous ».

Alors nous sommes l’objet même de la prière de Jésus lui-même. Jean 17 : « c’est pour eux que je prie — les Apôtres. Et aussi ceux qui auront cru par leur parole, la parole des Apôtres ». « Les yeux fixés sur Jésus » ? — : « celui-ci est mon Fils élu, écoutez-le » !

R.P., Antibes, AEF, jeudi 10 janvier 2008

mardi 1 janvier 2008

2008 ans !

Bonne Année...



Voilà qu’apparaissent ces fameux Mages venus d’Orient, bientôt sacrés rois… Ces Mages que l’évangile de Matthieu présentait comme arrivant miraculeusement après l’événement de Noël — des savants dira-t-on bientôt, présents grâce à leur science des étoiles, la nuit du 25 décembre 0000.


Mais, nous disent les savants, les successeurs des Mages en quelque sorte, le 25 décembre c’est impossible : les bergers de l’évangile de Luc ne pouvaient être dans les champs en cette saison ! Et de nous faire remarquer que le 25 décembre est la date d'une fête païenne en l'honneur du soleil.


Alors, fête du Messie biblique, Messie de Bethléem, ou fête païenne du soleil ?


Le problème serait alors toujours celui de savoir si Jésus est le Messie biblique ou celui qui concerne aussi les païens…


Mais y a-t-il là une contradiction ? La fête de la montée du soleil de justice, celui devant qui pâlit le soleil, la fête du Christ biblique, concerne aussi les païens ! C’est vers lui, vers sa lumière, que sont venus, guidés par l’étoile confuse de leur confuse science, les Mages, ces païens d’Orient. C’est vers lui que se dresse l’arbre de Jessé, père de David, comme l’arbre de toute la Création qui se dresse vers sa lumière qu’annonce cette même étoile des Mages.


Les yeux de la foi découvrent alors que cette fête que l’on voudrait dénoncer comme païenne est celle de la bonne nouvelle du salut de Dieu pour les païens — les nations —, que représentent ici les Mages. Elle est celle du chant de toute la Création à la rencontre de la lumière à laquelle elle est appelée.


Ici se dévoile la promesse du Dieu d’Abraham, du Dieu d’Israël, pour tous les peuples : viendront des nouveaux cieux et une nouvelle terre où tous demeureront en paix.


2008 ans que germe cette promesse semée en Celui qui est venu…




« Laisse-moi désormais,
Seigneur, aller en paix,
Car selon ta promesse,
Enfin mes yeux ont vu
Resplendir le salut
Que j’attendais sans cesse.


C’est lui qu’en l’univers,
Tant de peuples divers
Vont recevoir et croire.
En lui brille ton Nom,
Lumière des nations
Et d’Israël la gloire. »

(Cantique de Siméon, d’après Luc 2, 29-32)

RP,

méditation dans
Au Fils des jours