<script src="//s1.wordpress.com/wp-content/plugins/snow/snowstorm.js?ver=3" type="text/javascript"></script> Un autre aspect…: Musique
Affichage des articles dont le libellé est Musique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Musique. Afficher tous les articles

dimanche 24 juillet 2011

Soirée Gospel à Juan. In memoriam John William



jazz mélissande0001.jpg


John William, de son vrai nom Ernest Armand Huss, est né le 9 octobre 1922 à Grand-Bassam au bord de la lagune Ébrié en Côte d'Ivoire, d'un père alsacien, Ernest Charles Huss, et d'une mère ivoirienne, Henriette Amoussan.

Premier arrachement, il est séparé de sa mère dès 18 mois. Désormais, il est élevé par son père à Grand Bassam. Il quitte la Côte d’Ivoire à l'âge de 8 ans et est confié à une lointaine parente d'un petit village de Seine-et-Marne.

En 1939, à 17 ans, il devient apprenti ajusteur-outilleur aux usines automobiles de Boulogne-Billancourt. En juin 1943, réquisitionné pour le Service Civique Rural, afin de remplacer les paysans prisonniers, il est envoyé en Charente-Maritime jusqu'en août 1943 ; puis à Montluçon, dans une usine qui fabrique des appareils détecteurs de sons pour les avions allemands — ce qui le conduira à la rencontre de la résistance…

En mars 1944, Ernest Armand Huss couvre un jeune ouvrier dans la pose d'explosifs sur du matériel destiné aux nazis. La nuit suivante, l'atelier explose. Arrêté puis incarcéré à la prison de Moulins, il est interrogé et torturé par la Gestapo. Il ne parlera pas.

Déporté politique à 22 ans, Ernest Armand Huss est envoyé au camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg (mars 1944 à mai 1945) sous le numéro "31 103".


(Cf. en vidéo : Noirs dans les camps nazis par SergeBileBlog)


Il est interné avec d’autres noirs et métis. Il survivra grâce à ses connaissances techniques : capable de lire les plans de montage industriels, il est envoyé dans une usine d'armement pour travailler comme ajusteur-outilleur.

L’expérience terrible des camps vérifie pour lui l’extension de la violence exterminatrice selon la parole de Frantz Fanon : « quand vous entendez dire du mal des juifs, tendez l’oreille, on parle de vous » (Fanon citant son professeur de philosophie dans Peau noire, masques blancs, Seuil, 1952, p. 118).

Primo Levi rapporte, souvenir d’un autre camp : « Alors, pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte : la démolition d'un homme. En un instant, dans une intuition quasi prophétique, la réalité nous apparaît : nous avons touché le fond. Il est impossible d'aller plus bas : il n'existe pas, il n'est pas possible de concevoir condition humaine plus misérable que la nôtre. Plus rien ne nous appartient : ils nous ont pris nos vêtement, nos chaussures, et même nos cheveux ; si nous parlons, ils ne nous écouteront pas, et même s'ils nous écoutaient, ils ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom : et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste. » (Primo Levi, Si c'est un homme)

Au cœur du sentiment du silence de Dieu… C’est depuis son expérience de déporté qu’Ernest Armand Huss renouvelle sa foi en Dieu. Tandis qu’en chantant pour réconforter ses camarades déportés, il a découvert la beauté et la musicalité de sa voix.

Libéré des camps, il perd sa mère et son père après avoir regagné la France où, plus tard, avec son épouse et ses enfants, il élira Antibes comme lieu de résidence. Il est mort le 8 janvier 2011 à l'âge de 88 ans.

Au retour des camps, il n’avait pas pu retourner travailler à l'usine qui lui rappelle trop le joug nazi. Ayant alors pris des cours de chant, s’est ouvert à lui un nouveau jour, sous son nom d’artiste : John William.

Des camps à la liberté et à la musique, il connaît une libération nouvelle, l’expérience de l’Exode libérateur, qui fonde tant de Gospels, une libération dont la portée spirituelle s’exprime par le chant…

(Adapté de http://fr.wikipedia.org/wiki/John_William. Revu par Maya William)


Un temps de louange...

En vérité, en vérité, je te le dis: à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. […]
Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit.
Ne t’étonne pas si je t’ai dit: Il vous faut naître d’en haut.
Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.
(Jean 3, 3 & 6-8)

Voici donc l’alliance que je conclurai avec [eux] : je déposerai mes enseignements au fond d’eux-mêmes, les inscrivant dans leur être; je deviendrai Dieu pour eux, et eux, ils deviendront un peuple pour moi. (Jérémie 31, 33)

Nous le savons : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. […] Elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. (Romains 8, 22 & 21)

Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur insensible et je le remplacerai par un cœur réceptif.
Je mettrai en vous mon Esprit […].
(Ézéchiel 36, 26-27a)

Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici : toutes choses sont devenues nouvelles.
Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, […]
Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte aux hommes de leurs fautes […]. (2 Corinthiens 5, 17-19)


jeudi 8 juillet 2010

Poursuite du vent...



"Allant vers le sud, tournant vers le nord,
tournant, tournant, va le vent,
et le vent reprend ses tours.

J'ai vu toutes les œuvres qui se font sous le soleil :
tout n'est que futilité et poursuite du vent.

J'ai eu à cœur de connaître la sagesse
et de connaître la folie et la sottise ;
j'ai connu que cela aussi, c'est poursuite de vent."

(Ecclésiaste 1, v. 6, 14, 17)

http://www.naturophonia.com/uploads/rte/Image/07_dec_08_Camargue__35_.jpg



I talk to the wind

(King Crimson 1969 - paroles de Peter Sinfield) :

Said the straight man to the late man
Where have you been
I've been here and I've been there
And I've been in between.

I talk to the wind
My words are all carried away
I talk to the wind
The wind does not hear
The wind cannot hear.

I'm on the outside looking inside
What do I see
Much confusion
Disillusion
All around me.

You don't possess me
Don't impress me
Just upset my mind
Can't instruct me or conduct me
Just use up my time

I talk to the wind
My words are all carried away
I talk to the wind
The wind does not hear
The wind cannot hear.



vendredi 20 février 2009

"Pas le temps”...



"Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais–le ; car il n’y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas."

Ecclésiaste 9,10



Pink Floyd - Time



"Rachetez le temps, car les jours sont mauvais."

Éphésiens 5:16



Ticking away the moments that make up a dull day
You fritter and waste the hours in an off hand way
Kicking around on a piece of ground in your home town
Waiting for someone or something to show you the way

Tired of lying in the sunshine staying home to watch the rain
You are young and life is long and there is time to kill today
And then one day you find ten years have got behind you
No one told you when to run, you missed the starting gun

And you run and you run to catch up with the sun, but its sinking
And racing around to come up behind you again
The sun is the same in the relative way, but youre older
Shorter of breath and one day closer to death

Every year is getting shorter, never seem to find the time
Plans that either come to naught or half a page of scribbled lines
Hanging on in quiet desperation is the english way
The time is gone, the song is over, thought Id something more to say

Home, home again
I like to be here when I can
And when I come home cold and tired
Its good to warm my bones beside the fire
Far away across the field
The tolling of the iron bell
Calls the faithful to their knees
To hear the softly spoken magic spells.




"L’homme ne connaît pas non plus son heure, pareil aux poissons qui sont pris au filet fatal, et aux oiseaux qui sont pris au piège ; comme eux, les fils de l’homme sont enlacés au temps du malheur [...]."

Ecclésiaste 9,10



mercredi 24 septembre 2008

Luther en pointillé



Deux luthériens... Question de fruits, parmi les œuvres de la foi.



Dürer


« Ô notre Dieu, qui nous a appris à prier les Psaumes et le Notre Père, accorde-nous un esprit de prière et de grâce afin que nous priions sans cesse avec une joie et une foi sincères »... (Martin Luther)



Bach



lundi 21 juillet 2008

Blade Runner



Blade Runner. Film américain de Ridley Scott sorti en 1982 mais dont la dernière version (dite Final Cut) a été éditée en 2007 sur DVD. Libre adaptation du roman Do Androids Dream of Electric Sheep? (Les androïdes rêvent-ils de brebis électriques ?) écrit par Philip K. Dick en 1966, le film lui est dédié.




Dans les dernières années du 20ème siècle, des milliers d'hommes et de femmes partent à la conquête de l'espace, fuyant les mégalopoles devenues insalubres. Sur les colonies, sont conçus les « répliquants », des androïdes capables de travailler et d'assister les êtres humains, dont rien ne peut les distinguer.
Los Angeles, 2019. Après avoir massacré un équipage et pris le contrôle d'un vaisseau, les répliquants de type Nexus 6, le modèle le plus perfectionné, sont désormais déclarés « hors la loi ». Quatre d'entre eux parviennent cependant à s'échapper et à s'introduire dans Los Angeles. Un agent d'une unité spéciale, un blade-runner, est chargé de les éliminer. Selon la terminologie officielle, on ne parle pas d'exécution, mais de retrait...


Le film Blade Runner est actuellement disponible avec deux fins (principale différence entre les deux versions, la version « cinéma » de 1982 et la version Director's cut de 1992). Mais il existe six versions, six montages différents du même film.
La fin dite alternative a été voulue par les producteurs de la Warner Bros, pour éviter au public d'être choqué par un héros (joué par Harrison Ford) paraissant lâche, faible et désabusé dans un univers sombre et peu engageant.
Affolés par la très mauvaise opinion générale, les producteurs ont donc remonté — sans l'accord du réalisateur Ridley Scott — la fin, en ajoutant une voix-off afin de « permettre au spectateur de mieux comprendre le film ». Dix ans plus tard, Ridley Scott pourra reprendre le montage de son film mais la Warner, voulant à nouveau faire valoir son droit sur le film, posa un ultimatum au réalisateur qui dut — pour pouvoir tenir le délai — abandonner une partie de la restauration.
La dernière version du film est parue en France le 5 décembre 2007, en version simple et en coffret, pour célébrer le 25e anniversaire du film. Ce dernier regroupe toutes les versions du film.


Inspiré du roman de Philip K. Dick, Ridley Scott propose un film sombre, plongé dans un avenir proche chaotique, caractérisé principalement par la déliquescence de la planète Terre et la fuite des humains vers l’espace et Mars en particulier pour une colonisation en masse.
Les hommes ont créé les « répliquants » humanoïdes.
Mais inévitablement la machine ayant remplacé l’homme, la machine dépasse l’homme... Pour contrer les rébellions, des unités spéciales sont chargés de « retirer » les répliquants de leurs services. Deckard (Harrison Ford), en vieux flic retiré du métier, joue un rôle de marginal, rappelé pour ses qualités et son efficacité, désabusé, abattu, il se lance dans une nouvelle quête de rédemption personnelle qui va le conduire jusqu’à une nouvelle perception de sa propre vie :


À la Tyrell Corporation, Deckard rencontre Rachel, une répliquante qui se croit humaine et dont il tombe peu à peu amoureux. Par la suite, Rachel prendra conscience de sa nature de répliquante. Deckard sera dès lors chargé de l'éliminer elle aussi, mais ne pourra s'y résoudre.
Les androïdes sont mus par leur recherche de la vérité et essaient de trouver les explications sur eux-mêmes dans une profonde quête. Ils cherchent un moyen de vivre plus longtemps et gravissent un à un les échelons vers la connaissance, mais leur destin (la mort) les rattrape... En effet, au fil des années, ils semblent développer des sentiments et prennent conscience de leur propre fin « programmée »...
Quant à Deckard, il en apprend progressivement plus sur lui-même au contact de ces humanoïdes dont l' « humanité » est parfois plus forte que celle des Blade Runners !...


La bande originale du film a été composée par Vangelis.





« Il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parle et fasse mettre à mort tous ceux qui ne se prosterneraient pas devant l’image de la bête. »  (Apocalypse 13, 15)





mercredi 16 juillet 2008

Médusé (2)



Méduses venues avec les feux d'artifice du 14 juillet !...




Tangerine Dream - Ricochet






samedi 12 juillet 2008

Cirque



Finalement, pas de méduses cet été, apparemment. Juste le cirque estival… Quoique, pour les méduses, finalement les voilà, depuis le 14 juillet...

Pour le cirque..., certes, « avec la naissance de la cité et de l’État, les fêtes perdent de leur importance. Elles présentent de moins en moins l’ampleur, le caractère total qui faisaient des anciennes effervescences une suspension complète du jeu des institutions et une mise en question intégrale de l’ordre universel. » Roger Caillois, L’homme et le sacré, Folio, p. 175.

Le rituel ne s’accomplit pas moins…



King Crimson - Cirkus


… Signe que, « de même que le crabe a besoin de sa pince ou la chauve-souris de ses ailes […], l’homme a besoin de la "culture" », René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde, éd. Poche, p. 124.

  

Et puis...
King Crimson - Islands




dimanche 22 juin 2008

Médusé



“Ce que nous avons d’unique et de spécifique s’accomplit dans une forme si expressive que l’individuel s’élève au plan de l’universel. Les expériences subjectives les plus profondes sont aussi les plus universelles en ce qu’elles rejoignent le fond originel de la vie.”

... écrit Cioran (Sur les cimes du désespoir, Œuvres, p. 20).


Voilà qui dit quelque chose de l'Incarnation... et de l'unicité propre de chacun devant Dieu, de l'unicité que l'Incarnation offre à découvrir.
Voilà aussi qui nous solidarise avec les méduses :
à ne pas négliger quand on nous annonce une énième année à méduses en Méditerranée...


Tangerine dream - Stratosfear








mercredi 14 mai 2008

Anges



« [Bowman] se trouvait en fait pris dans toute une hiérarchie d’intelligences dont certaines étaient assez voisines de son propre niveau primitif pour servir d’interprètes. »
A.-C. Clarke, 2010 : Odyssée deux, in 2001-3001. Les odyssées de l’espace, éd. Omnibus, p. 326.

Où, par le biais de la théorie de l'évolution et du thème des extra-terrestres, A.-C. Clarke franchit le Rubicon au-delà duquel il retrouve et rejoint tout simplement l'angélologie la plus classique et médiévale... Cf. Thomas d'Aquin :

« La supériorité de l’intelligence sur les sens fait raisonnablement conclure à l’existence d’êtres incorporels que l’intelligence seule peut appréhender. »
Thomas d’Aquin, Somme de théologie, Ia, qu. 50, a. 1, resp.

« L’ange est nommé “intelligence” et “esprit” parce qu’il n’a en lui que la connaissance intellectuelle ; tandis que la connaissance de l’âme humaine est en partie intellectuelle et en partie sensible. »
Thomas d’Aquin, Somme de théologie, Ia, qu. 54, a. 3, ad 1um.



Tangerine dream - Rubycon (1975)




mardi 18 mars 2008

"Le soleil de justice se lèvera"




« Pour vous qui craignez mon nom, le soleil de justice se lèvera, portant la guérison dans ses rayons. » (Malachie 4, 2 / 3, 20)


« Le premier jour de la semaine, à l’aube, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. » (Jean 20, 1)


tree.jpg


« Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil étant levé. » (Marc 16, 2)




Santana, "Just in Time to see the Sun"



« La cité n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine, et son flambeau, c’est l’agneau. » (Apocalypse 21, 23)



samedi 16 février 2008

Le paradoxe du temps



giacometti-lhomme-qui-marche.jpg
Giacometti, L'homme qui marche


Dans Retour vers le futur (film de Robert Zemeckis), Martin McFly (Michael J. Fox), adolescent des années 1980, se retrouve projeté accidentellement en 1955. (En 1955, le Martin McFly de 1985, communément Marty, devient — pour sa future mère qui a pris la marque des sous-vêtements du jeune homme pour son nom — « Pierre Cardin » ; ou en anglais « Calvin Klein ».)

Lors du bal du lycée où ses futurs parents viennent de s’embrasser — prélude à leur mariage — sur un slow qu’il vient d’interpréter à la guitare, Marty interprète dans un second temps Johnny B. Goode.

On est en 1955. Marty est à la guitare parce qu’il vient de remplacer Marvin Berry blessé à la main. Pendant que Marty joue un Johnny B. Goode en clin d'œil à son auteur Chuck Berry et à un de ses interprètes, Jimi Hendrix, Marvin Berry téléphone à Chuck (son cousin dans le film), pour lui faire écouter ce morceau qu’il composera... en 1958.

C’est un Johnny B. Goode évoquant la version revisitée par Jimi Hendrix en 1970 que Marty vient d’interpréter en 1955, trois ans avant qu’il ne soit composé par Chuck Berry en 1958...




Johnny B. Goode par Jimi Hendrix




Johnny B. Goode dans Retour vers le futur




Johnny B. Goode par Chuck Berry



Le paradoxe temporel est un thème récurrent tout au long des trois épisodes du film. Le « Doc » Emett Brown l’explique d’ailleurs brillamment à Marty dans le second volet lorsqu’ils se retrouvent confrontés à deux futurs différents à cause d’un événement ayant malgré eux modifié le passé.

Jusqu’à la publication de la théorie de la relativité, la définition de l’univers selon Isaac Newton était celle communément acceptée par la communauté scientifique de l’époque. Selon Newton, les concepts d’espace et de temps sont totalement distincts et indépendants. L’espace se représente en 3 dimensions et le temps est quant à lui invariable. Ce dernier ne serait ni plus ni moins qu’une grande horloge universelle définissant un temps universel. D’autre part, le physicien soutenait que la vitesse de la lumière était infinie. Mais la théorie de la relativité vient quelque peu contredire tout cela.

En 1905, Albert Einstein publie sa théorie de la relativité restreinte. De cette théorie on peut retenir quelques petites choses importantes:
- Rien ne peut se déplacer plus vite que la lumière, seule la lumière ou d'autres phénomènes sans masse intrinsèque peuvent l'atteindre.
- Il n'y a pas de temps absolu (ce qui signifie que des horloges identiques aux mains d'observateurs différents ne devraient pas forcement indiquer la même heure). Quelle que soit la vitesse d'un observateur, la lumière, à la différence d'une avalanche par exemple, le coursera toujours à la même vitesse, soit approximativement 300 000 km/s. La conséquence directe est que : plus un objet se déplace vite, plus le temps s'écoule lentement pour lui. Ce phénomène n'est pas subjectif mais bien réel et peut être vérifié par des expériences très simples.
En 1916, Einstein complète ses théories en publiant cette fois la théorie de la relativité générale, théorie phare de la science du XXe siècle.
Cette dernière nous apprend principalement que l'espace-temps n'est pas un plan, il est plus ou moins courbé selon la distribution de masse, ce qui signifie plus simplement que plus un corps est dense plus il courbe l'espace-temps.
Bref, le temps est relatif : le voyage dans le temps est théoriquement possible.

Les paradoxes temporels
À moins que le physicien Stephen Hawking n'ait raison en affirmant que « la meilleure preuve qu'un voyage dans le temps est impossible est que nous n'avons pas été envahis par des hordes de touristes du futur »...
À moins qu'Hawking n'ait raison, nous voilà confrontés à ce paradoxe temporel : revenir dans le passé pourrait permettre de modifier des événements futurs !

Le paradoxe du grand-père
X a un grand-père
X revient dans le passé et tue son grand-père avant que ce dernier ait eu un enfant
X ne peut pas exister
X ne tue pas son grand-père
X existe
X revient dans le passé et tue son grand-père avant que ce dernier ait eu un enfant
X ne peut pas exister
X ne tue pas son grand-père
X existe
Etc…

Le paradoxe de l’écrivain
Cette fois-ci, X donne à son grand-père un livre best-seller dans le futur. Le grand-père recopie le livre et fait fortune avec. Le paradoxe ici est que ce livre n’aura jamais été créé mais juste recopié.

Les mondes parallèles
C’est donc là qu’interviennent les mondes parallèles. Les théories dans lesquelles ils apparaissent tendent à montrer que le voyage dans le temps s’effectue entre différents mondes parallèles. On a ainsi la solution aux paradoxes temporels. En effet, X revient dans le passé et tue son grand père. Mais ce grand-père vit dans un monde parallèle. Par conséquent, X n’existera pas dans ce monde parallèle mais il existe bien dans le monde parallèle d’où il vient.
La même explication peut être appliquée au paradoxe de l’écrivain. Le livre est copié dans un monde parallèle et créé dans l’autre.


L’interprétation de Johnny B. Goode par Marty avant sa création par Chuck Berry offre alors en un pied de nez la « résolution » du jeu du paradoxe temporel sur lequel repose le film…



dimanche 3 février 2008

Cyberman



Préface pour Vincent Paul Toccoli, Cybe.rm@n, Bénévent 2008


de Michel Volle, 28 janvier 2008 :


« Toccoli est conscient de la nouveauté que représente le cyberespace (que je préfère nommer "espace logique"). Il perçoit les possibilités et les dangers auxquels nous confronte ce continent nouveau situé non dans l’espace géographique, comme autrefois l’Amérique et l’Australie, mais dans l’espace mental, et que nous explorons non avec notre corps mais avec notre cerveau.

Nous y jouissons de l’ubiquité (la localisation des serveurs est indifférente) mais y rencontrons une "distance" : nous sommes d’autant plus proches d’un document qu’il nous intéresse davantage ou, ce qui revient au même, qu’il nous est plus intelligible ; des documents sont proches s’ils intéressent les mêmes lecteurs, des lecteurs sont proches s’ils s’intéressent aux mêmes documents.

Le téléphone mobile étant désormais un ordinateur, l’ubiquité est devenue totale : notre corps est lui-même informatisé. L’accès aux ressources n’étant plus conditionné par la proximité du poste de travail, le cerveau peut être connecté en permanence.

Cela pose des questions de savoir-vivre. Il faut savoir se déconnecter ; il faut trier dans l’abondance des ressources ; comme on peut écrire sur le Web avec les blogs, il faut maîtriser son expression ; l’art de la consommation électronique requiert un savoir-faire spécifique etc.

*

[...] L’espace logique est une opportunité et un défi. Il n’est pas facile [...] de se couler dans le relief du continent nouveau. Le baliser [...] demandera du temps. Des prédateurs, plus agiles, [...] précèdent : les pornographes seront toujours les premiers qui sachent utiliser un nouveau média. 

Nous ne sommes cependant pas désarmés : l’histoire abonde en précédents qui aident à circonscrire cette émergence.

Si l’informatique procure de nouvelles prothèses (téléphone mobile, RFID, moteurs de recherche etc.) les lunettes, que nous utilisons depuis des siècles, ne sont pas des prothèses négligeables, ni le microscope et le télescope. L’automobile fournit une prothèse pour nos jambes, l’avion une prothèse pour les ailes que nous n’avons pas.

Au lieu de s’effrayer devant la perspective d’une "fabrication de l’être humain" par la technique, il convient de méditer l’exemple de ces "fabrications" anciennes, auxquelles nous sommes habitués, pour dégager les critères qui sépareront le raisonnable de l’abusif.

*

Depuis son émergence homo sapiens s’est donné pour but de graver dans le monde l’image des valeurs qui animent sa volonté : l’"homme nouveau" est donc une chimère, mais homo sapiens doit ruser avec les obstacles et outils toujours renouvelés que les institutions opposent et proposent à son action. »



Pink Floyd, Brain Damage Eclipse




dimanche 23 décembre 2007

Au bord de l’abîme




« Le cinquième ange fit sonner sa trompette: je vis une étoile précipitée du ciel sur la terre. Et il lui fut donné la clé du puits de l’abîme. »
Apocalypse 9, 1


« Les flots de l’abîme s’appellent l’un l’autre, au fracas de tes cataractes. En se brisant et en roulant, toutes tes vagues ont passé sur moi. »
Psaume 42,7

  

Yes — Close to the Edge :






« Es-tu parvenu jusqu’aux sources de la mer, as-tu circulé au fin fond de l’abîme? »
Job 38, 16


« Je cherche parmi eux quelqu’un qui construise une enceinte et qui se tienne debout sur la brèche, devant moi, pour défendre le pays et m’empêcher de le détruire »...
Ézéchiel 22, 30





mardi 18 décembre 2007

Providence



« J’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant est arrivé le salut, ainsi que la puissance et le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ. Car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. »
Apocalypse 12, 10


King Crimson - Providence


« ... un autre signe apparut dans le ciel: C’était un grand dragon rouge feu. Il avait sept têtes et dix cornes et, sur ses têtes, sept diadèmes.
Il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, qui séduit toute la terre habitée ; il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. »
Apocalypse 12, 3 & 9


King Crimson - Fallen Angel


« Sa queue, qui balayait le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. »
Apocalypse 12, 4
« … il se fit dans le ciel un silence d’environ une demi-heure… »
Apocalypse 8, 1



King Crimson - I talk to the wind


« … des voix fortes retentirent dans le ciel en disant : le royaume du monde est passé à notre Seigneur et à son Christ. Il régnera aux siècles des siècles ! »
Apocalypse 11,15



samedi 15 décembre 2007

Nuit…




«Le soleil et la lune s’obscurcissent, les étoiles retirent leur clarté.»
Joël 3,15



1) Starless...



King Crimson - Starless



________ ________ ________


2) Pourpre...



King Crimson - In the court of the Crimson King



________ ________ ________



3) Lumière éteinte

« … l’événement qui porte le nom d’“Auschwitz”. Ici ne trouvèrent place ni la fidélité ni l’infidélité, ni la foi ni l’incroyance, ni la faute ni son châtiment, ni l’épreuve, ni le témoignage, ni l’espoir de rédemption, pas même la force ou la faiblesse, l’héroïsme ou la lâcheté, le défi ou la soumission. Non, de tout cela Auschwitz, qui dévora même les enfants, n’a rien su ; il n’en offrit même pas l’occasion en quoi que ce fût. » Hans Jonas, Le concept de Dieu après Auschwitz, éd. Rivages, p. 11.

« Lorsque ta lumière sera éteinte, je couvrirai les cieux et j’obscurcirai les étoiles, je couvrirai le soleil d’une nuée et la lune ne laissera pas luire sa lumière. » Ezéchiel 32, 7.



________ ________ ________



4) Tsimtsoum


« Pour faire place au monde, le En-Sof du commencement, l’infini, a dû se contracter en lui-même et laisser naître ainsi à l’extérieur de lui le vide, le néant, au sein duquel et à partir duquel il a pu créer le monde. Sans son retrait en lui-même, rien d’autre ne pouvait exister en dehors de Dieu et seule sa durable retenue préserve les choses finies d’une nouvelle perte de leur être propre dans le divin “tout en tout”. » Hans Jonas, Id., p. 37-38.


« Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme Dans le déroulement infini de sa lame, Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer. » (Baudelaire, L’homme et la mer)
 



King Crimson - Islands
 

 
« Renonçant à sa propre invulnérabilité, le fondement éternel a permis au monde d’être… » Hans Jonas, Id., p. 38.
 

 

King Crimson - Pictures of a city

 


 

jeudi 15 novembre 2007

Echoes...



… d’outre temps



Musique — Pink Floyd, Echoes (Waters, Wright, Mason, Gilmour -1971)
Images — 2001 : l’odyssée de l’espace



Echoes - texte :

Overhead the albatross
Hangs motionless upon the air
And deep beneath the rolling waves
In labyrinths of coral caves
An echo of a distant time
Comes willowing across the sand
And everything is green and submarine.

And no one called us to the land
And no one knows the where's or why's.
Something stirs and something tries
Starts to climb toward the light.

Strangers passing in the street
By chance two separate glances meet
And I am you and what I see is me.
And do I take you by the hand
And lead you through the land
And help me understand
The best I can.

And no one called us to the land
And no one crosses there alive.
No one speaks and no one tries
No one flies around the sun....

Almost everyday you fall
Upon my waking eyes,
Inviting and inciting me
To rise.
And through the window in the wall
Come streaming in on sunlight wings
A million bright ambassadors of morning.

And no one sings me lullabyes
And no one makes me close my eyes
So I throw the windows wide
And call to you across the sky...



el-matador.jpg






mardi 6 novembre 2007

Hendrix, Beatles, Stones, Who… et la pub



Une musique qui protestait, ouvrait des horizons et promettait… quoi ?

Désormais passage obligé, elle tient le haut du pavé — sous lequel, nous promettait-on, on trouverait des horizons ensoleillés.

Une musique qui, alors, accompagnait l’américanisation de la jeunesse mondiale qui contestait avec la jeunesse américaine l’expansion de l’Amérique comme consumérisme guerrier et extravagant !
Sous les pavés, la plage… où s’empilent avec les corps émanant leur odeur de crème solaire, les papiers gras et les taches de pétrole égarées depuis la mer.

Et Hendrix accompagne désormais — mémoire sonore d’un anti-consumériste Little Wing — la pub d’une BMW :




Jimi Hendrix — Little Wing (1967)


Et si l’on préfère un autre type de voitures, Hendrix encore — interprétant All along the watchtower de Bob Dylan — ouvre l’Espace de Renault.

Inaccessible tout cela ? Qu’à cela ne tienne, on a pensé à tout. À défaut de voiture, on se contentera de chaussures, chères tout de même (et soupçonnées un temps de devoir leur confection à des enfants mis à la tâche dans des pays pauvres !).

Ici, ce sont les Beatles qui par leur Revolution (aux paroles déjà bien désabusées, toutefois), écho de cette révolution des années '60 partie d'outre-Atlantique, illustreront la... révolution plus récente des chaussures "à air":




Beatles — Revolution (1968)


Ou pour ceux qui ne sont pas parmi les sportifs, on jouira — sans entraves — de l’arc-en-ciel des nouvelles technologies télévisuelles. She’s like a rainbow, des Rolling Stones, en fait foi :


Rolling Stones — She’s a rainbow (1967)


Il faut bien cela, pour se détendre devant les séries-télé. Ici "Les Experts". Générique les Who :



The Who — We won't get fooled again (1971)




Et bien sûr, j’écris tout cela sur ce blog depuis un ordinateur… Jimi Hendrix à nouveau :



Jimi Hendrix — Purple Haze (1967) (la video de la pub ici)



*


Citation — il y a 35 ans, 1972 —, L’Espérance oubliée de Jacques Ellul :

« L'étudiant se révolte, et ce n'était pas comme la révolte ouvrière pour un monde plus juste, mieux organisé, plus installé, auquel il devait prendre part, mais contre ce monde organisé, installé, cette prolifération de choses et de bien-être, de compétences et de machineries.
Le hippie se révolte dans l'exaltation du pouvoir des fleurs, le rêve hypnotique, la transe musicale … Il n'y a pas de programme et de projet. On a souvent reproché aux jeunes de ne pas avoir de projet, de programme. Quand les étudiants disent non à l'Université, ils n'ont rien de nouveau, de précis à formuler, aucun plan de ce que devrait être l'Université … « Que demandez-vous ? » Ils ne savent que répondre : « Que tout saute — Mais ce n'est pas une réponse, et l'avenir … ? » Ici, tout se tait parce qu'il n'y a pas d'avenir.
Quant aux hippies, c'est leur essence même qui veut qu'ils n'aient aucun projet. On vit aujourd'hui. On saisit l'instant, essayant de le rendre aussi beau, séduisant, charmeur, que possible. Les « conséquences » sont refusées. Ils entrent dans un nouveau mode d'expression, un nouveau style du vécu. Ils refusent les assurances et les prévisions. Ils refusent l'action pour atteindre un certain but fixé. Ils refusent la pensée « conséquen­tiaire ». Tout cela est radical ; ils cherchent à atteindre la racine du mal - et convaincus que tout finalement serait récupéré, ils n'avancent plus que le Rien, convaincus que cela du moins ne pourra être récupéré par la forme totalisante de notre société. Dans ce déferlement, la protestation contre la guerre au Viêt-nam, contre la misère des Noirs américains, contre le racisme, contre la répression, ne sont que des prétextes et de petites mobilisations, l'essence du mouvement c'est rien. C'est l'aspiration à ne pas voir plus loin que le moment, c'est le Grand Refus contre tout ce qui est proposé. Il faut ramener à rien tout ce qui est, car ce qui est, c'est la répression, l'aliénation … Sur quoi débouchera ce rien ? Ici encore règne la plus grande incertitude. » (Jacques Ellul, L’Espérance oubliée, éd. Gallimard, 1972, p. 21-22.)




"J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ;
et voici, tout est vanité et poursuite du vent."
Ecclésiaste 1, 14




vendredi 26 octobre 2007

Temps d’exil


« Ainsi parle le Seigneur : Défendez le droit et la justice, délivrez le spolié de la main de l’exploiteur, n’opprimez pas, ne maltraitez pas l’immigré, l’orphelin et la veuve, ne répandez pas de sang innocent en ce lieu !

Si vraiment vous agissez ainsi, alors passeront par les portes de cette maison des rois occupant le trône de David, montés sur des chars et des chevaux-lui, ses serviteurs et son peuple.
Mais si vous n’écoutez pas ces paroles, je le jure par moi-même — oracle du Seigneur, cette maison deviendra un monceau de ruines. »


« Malheureux celui qui construit son palais au mépris de la justice, et ses étages au mépris du droit; fait travailler les autres pour rien, sans leur donner de salaire ;
qui dit: "Je me construis une vaste maison, de spacieux étages"; qui y perce des fenêtres, la revêt de cèdre et l’enduit de vermillon.
Penses-tu assurer ton règne en voulant te distinguer par le cèdre ? Ton père n’a-t-il pas mangé, bu, défendu le droit et la justice, et il a connu le bonheur !
Il a pris en main la cause de l’humilié et du pauvre, et c’était le bonheur ! Me connaître, n’est-ce pas cela? — oracle du Seigneur. »

Jérémie 22, 3-5 & 13-16

*



Psaume 137 :


By the rivers of Babylon (par Jimmy Cliff)


« By the rivers of Babylon
Where we sat down
And there we wept when we remembered Zion.


Oh from wicked, carry us away from captivity
Required from us a song
How can we singing out for song in a strange land.


So let the words of our mouth
And the meditations of our hearts
Be acceptable in thy sight
O-verride


By the rivers of Babylon
Where we sat down
And there we wept when we remembered Zion.


Oh from wicked, carry us away from captivity
Required from us a song
How can we singing out for song in a strange land.
How can we singing out for song in a strange land. »


Bob Marley - By The Rivers Of Babylon

*


Psaume 137

Mis en vers français par Clément Marot :
C’est le cantique des prêtres, lévites et chantres sacrés, captifs à Babylone :

l
Assis le long des rives aquatiques
De Babylone, pleurions mélancoliques,
Nous souvenant du pays de Sion ;
Et dans ces lieux de déportation
Où tant de fois en larmes nous fondîmes,
Aux saules verts nos harpes nous pendîmes.


II
Là, nos gardiens souvent nous réclamèrent
Des chants joyeux, et nous importunèrent :
"Chantez vos airs de Sion, mais chantez !"
Ah, disions-nous, qui pourrait inciter
Nos tristes cœurs à chanter la louange
De notre Dieu sur une terre étrange ?

[…]




lundi 15 octobre 2007

Depuis le commencement...



« Il y aura alors une grande détresse, telle qu’il n’y en a pas eu
depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant
et qu’il n’y en aura jamais plus.
Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s’obscurcira,
la lune ne brillera plus,
les étoiles tomberont du ciel,
et les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme...
Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.
Mais ce jour et cette heure, nul ne les connaît.


Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans un même lit,
l’une sera prise et l’autre laissée ;
de deux femmes qui moudront ensemble, l’une sera prise et l’autre laissée.
De deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé. »


(Matthieu 24: 21, 29-30a, 35-36a, & Luc 17: 34-36)





(Emerson, Lake & Palmer, From the beginning)



« Ce que je vous dis, je le dis à tous : veillez. »

(Marc 13: 37)




jeudi 27 septembre 2007

Afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu



« Le Christ-Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Timothée 1, 15)
« Celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a, pour nous, identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu. »
(2 Corinthiens 5, 21)
« Car ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide » (Hébreux 2, 16)
« Il a été tenté comme nous à tous égards, sans commettre le péché » (Hébreux 4, 16)


La trilogie cosmique de C.S. Lewis


1) Au-delà de la planète silencieuse (Out of the silent planet), roman de C. S. Lewis, 1938 (trad. fr. : Folio SF n° 301)

« Le philologue Ransom, professeur à Cambridge, cinquantenaire sans famille, fait une mauvaise rencontre au cours d'une randonnée dans la campagne et est kidnappé par deux savants qui l'emmènent dans un astronef de leur fabrication sur la planète Mars (Malacandra), une curieuse planète où il fait la connaissance des sympathiques hrossa entre autres créatures, avant de comparaître devant l'indéfinissable Oyarsa qui lui apprend l'histoire de la rébellion de Thulcandra, la planète silencieuse (la Terre).


mars.jpg


Ce premier roman de Lewis est dans le meilleur style de la science-fiction à la H. G. Wells : un voyageur égaré dans un environnement complètement étranger raconte ses aventures. C'est très bien écrit, ce qui est assez rare pour le genre, et cela a un côté vieillot plutôt plaisant, avec des descriptions de paysages extraterrestres relevant d'une imagination très riche et originale. Lewis avoue dans son prologue avoir sciemment quoique révérencieusement subverti Wells, dont les thèmes habituels sont renversés : l'espace n'est pas vide mais infiniment plus riche que la terre ; les extraterrestres ne sont pas de terribles créatures destructrices mais sont amicaux et sans histoire, alors que c'est l'homme qui sème la mort autour de lui. Le roman met en place une cosmogonie originale, où les puissances célestes de la mythologie classique sont intégrées de façon très convaincante dans une vision discrètement chrétienne de l'univers ; en filigrane on distingue un formidable tableau de la chute et de la rédemption de l'humanité. »
(Extrait de : Sébastien Ray -
http://www.portail-cslewis.org/livres/planete.html
)

« Lors d'un précédent voyage, les deux scientifiques (rationalistes endurcis) ont découvert trois espèces de Martiens, non humains d'aspect, mais pourvus d’intelligence, de sensibilité et d'une âme. Ils y ont rencontré aussi l'Eldil de Mars qui apparaît comme une colonne de lumière. Croyant que toute religion ne peut être que barbare, nos deux savants ont tout simplement pensé que les Martiens leur seraient plus favorables s'ils faisaient un sacrifice (humain) à leurs dieux... Mais Ransom leur échappera et découvrira un monde qui n'a jamais été chassé du Paradis, où les trois espèces vivent en parfaite harmonie et qui est dirigé par un ange ou eldil. II apprendra de l'Eldil la "grande langue solaire" et tous les secrets de l'univers lui seront dévoilés. II donnera, lui, en échange, des informations sur la "planète silencieuse", la Terre, dont l'ange (le Diable) est corrompu, les autres mondes ayant perdu tout contact avec elle depuis la création de l'homme. Pour qu'elle ne puisse étendre son domaine du mal aux autres planètes: la Terre est d'ailleurs entourée d'une ceinture protectrice de radiations. C'est pourquoi l'Eldil de Mars prendra la décision de renvoyer l'astronef, avec les trois voyageurs, sur Terre, mais sa matière sera traitée de façon à ce qu'il se désintègre aussitôt après l'arrivée. II espère, avec Ransom, que cette leçon sera salutaire. Le retour se fait . L'histoire semble finie... »
(
Extrait de : http://membres.lycos.fr/starmars/lewis.html)


2) Perelandra, roman de C. S. Lewis, 1943 (trad. fr. : Folio SF n° 309)

« Le professeur Ransom, héros de Au-delà de la Planète silencieuse de retour sur terre, est sollicité par l'Oyarsa rencontré sur Malacandra, pour se rendre sur Perelandra (Vénus), où il se prépare des choses sinistres. Le professeur Weston, en effet, maintenant complètement contrôlé par « le Tordu » qui gouverne Thulcandra, se prépare à s'y rendre pour faire tomber Perelandra dans la vaine rébellion de son maître contre Maleldil, le Créateur. Les deux hommes s'affrontent donc, dans un cadre édénique, autour d'une désarmante nouvelle Ève perelandrienne, avec pour enjeu la chute ou le salut de ce monde.

Les descriptions très réussies de Perelandra sont accessoires devant la fort convaincante mise en scène d'une tentation du jardin d'Éden légèrement modifiée dans ses détails, ne serait-ce que par la présence d'un avocat de Dieu, lui-même pourtant créature déchue, dont nous suivons les affres alors qu'il ne se sent pas de taille à affronter les arguments diaboliquement malins (c'est le cas de le dire) de Weston. La discussion est menée en des termes extrêmement simples, les deux parties devant s'adapter à l'innocente ignorance de la Dame qu'ils cherchent à convaincre : ce qui aurait pu devenir un débat incompréhensible et ennuyeux garde ainsi toute sa fraîcheur et son intérêt. La fin nous donne un bel aperçu poétique de la profonde pensée religieuse, et en particulier christologique, de Lewis. »
(Extrait de : Sébastien Ray -

http://www.portail-cslewis.org/livres/perelandra.html
)


3) Cette hideuse Puissance (That Hideous Strength), Conte moderne pour adultes, roman de C. S. Lewis, 1945 (trad. fr. : Folio SF n° 314)

« Bien que traditionnellement rattaché à la « trilogie cosmique », ce roman se déroule entièrement sur terre, et commence d'ailleurs dans un cadre tout à fait banal de discussions d'antichambre et de luttes d'influence dérisoires. Le passage progressif à l'invasion par un organisme tout-puissant et tentaculaire puis à un combat aux dimensions presque cosmiques est très bien fait, quoique potentiellement perturbant pour un lecteur qui n'aurait pas remarqué le sous-titre : « conte moderne pour adultes ».

Le roman constitue une sorte d'illustration des dangers du mythe scientiste du pouvoir de l'homme sur la Nature, déjà étudié par Lewis dans les trois essais de l'Abolition de l'homme. L'atmosphère incroyablement malsaine du N.I.C.E. est excellemment construite, et les conséquences logiques de la tentative de mise en œuvre d'un pouvoir « scientifique » sont très bien pensées : c'est très naturellement que l'on passe de discussions consensuelles sur la supériorité absolue de la science à l'horreur du totalitarisme.

Il est assez amusant de voir Lewis utiliser l'univers fantastique de J.R.R. Tolkien dans l'état où il était dans les annés 1940 — bien avant la publication du Seigneur des anneaux, et utiliser largement Charles Williams, tant dans la structure du roman (apparition du surnaturel dans un cadre banal) que dans les thèmes (le cycle arthurien), et jusque dans le personnage de Ransom. »
(
Extrait de : Sébastien Ray - http://www.portail-cslewis.org/livres/hideuse.html)

*

Excursus :

La rédemption et le péché : C.S. Lewis s’inscrit dans une lignée précise de lecture de la rédemption accomplie par le Christ : en rapport très précis avec le péché. La question s’est posée dans l’histoire de la christologie chrétienne : le Christ se serait-il incarné si l’homme n’avait pas péché ? Au Moyen Âge, dans les écoles de la scolastique, deux hypothèses ont été envisagées. Dans l’école de Duns Scot, la réponse a été : il se serait incarné même si l’homme n’avait pas péché. Dans celle de Thomas d’Aquin, on a donné la réponse plus classique, qui animait le « felix culpa… » des Pères de l’Église (« heureuse faute qui nous a valu un tel Sauveur ») : le Christ s’est incarné parce que la chute a eu lieu. Ce sera encore la réponse de Calvin, qui considère même la première hypothèse comme spéculation inutile. C.S. Lewis aussi adhère à cette option plus commune. C’est cette conviction qui fonde sa trilogie et que sa trilogie illustre, à travers son mythe donnant des êtres intelligents sur Mars et sur Venus : l’Incarnation y est inutile, n’y ayant pas de faute à racheter. Le Christ, manifestation éternelle du Dieu unique et universel, n’a à s’incarner que pour la Terre, exception pécheresse du fait d’une humanité qui y a basculé dans le mal à l’instar de l’ange déchu qui en est le gestionnaire : le diable.