<script src="//s1.wordpress.com/wp-content/plugins/snow/snowstorm.js?ver=3" type="text/javascript"></script> Un autre aspect…

lundi 5 novembre 2007

Amistad



Amistad, réalisé par Steven Spielberg, 1997


Durant l'été 1839, 53 africains enlevés à leur sol natal, enfermés dans la cale d'un bateau, La Amistad, se dirigeant vers les côtes américaines, se rebellent.

Guidés par Cinque (Djimon Hounsou), ils se déchaînent, s'arment et exigent leur liberté. Leur seul but est de revenir en Afrique.

Proches de Cuba, et sans aucune expertise en matière de navigation, ils sont obligés de faire confiance à deux des survivants. deux mois plus tard, La Amistad aborde sur les rivages du Connecticut.
Les Africains sont accusés de meurtre et de piraterie. Un esclave affranchi (Morgan Freeman) et un homme d'affaire abolitionniste prennent alors leur défense, engageant un jeune avocat (Matthew McConaughey).
Un aspect du conflit juridique concerne la qualification du procès (droit commercial ou droits de l'Homme).

Le procès devient un symbole de cette Amérique divisée qui se déchirera quelques années plus tard. Un ancien Président et le Président Van Buren (Nigel Hawthorne) s'affrontent devant le peuple mais aussi devant la Cour Suprême.

Leur sacrifice pourrait apaiser le Sud, tandis que Van Buren court après sa réélection. Il fait donc appel d’un premier jugement, ce qui fait sortir de sa retraite l'ex-président Adams (Anthony Hopkins), fils d'un des fondateurs de la nation américaine.

Le débat se déplace, ébranlant les bases d'un système. Il s'agit désormais du combat de chaque homme : la liberté.



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La Amistad est le nom d'une goélette à deux mâts du XIXe siècle. Fabriquée aux États-Unis, elle porta d'abord le nom de Friendship avant d'être renommée lors de son rachat par un Espagnol. La Amistad est devenu un symbole du mouvement pour l'abolition de l'esclavage après la mutinerie d'un groupe d'esclaves africains transportés à bord en 1839.

Le 2 juillet 1839, un groupe d'Africains est mené par Joseph Cinqué abord du navire La Amistad dans une révolte face à leur geôliers. Leur transport d'Afrique vers l'Amérique était illégal et pour cela, les Africains ont frauduleusement été déclarés nés a Cuba. Après leur révolte, les Africains demandèrent à retourner chez eux mais le capitaine les trompa sur leur destination et les mena vers le nord, le long de la côte nord américaine vers Long Island à New York. Les Africains furent pris par le Connecticut et puis vendus comme esclaves. La goélette fut substantiellement prise la par la marine américaine. Il y eut ensuite un procès sur le navire et sur le statut des Africains captifs. Cet incident fait parti des prémices de l'abolitionnisme aux Etats Unis.



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Au sens le plus strict, La Amistad n'était pas un navire d'esclaves parce qu'elle n'était pas aménagée pour transporter des esclaves. La Amistad était engagée dans un simple commerce côtier. La première cargaison transporté par La Amistad était du sucre produit industriellement, et sa route normale était de La Havane à son port d'attache Guanaja. Elle transportait parfois des passagers et plus rarement des esclaves. Les captifs que transportaient La Amistad durant l'incident avait été amenés illégalement à Cuba par le navire esclave Tecora.

Les vrais navires esclaves comme le Tecora étaient utilisés pour transporter le plus d'esclaves possibles. Une de leurs caractéristiques de construction était la demi hauteur entre les ponts obligeant les esclaves en chaînes à rester en position allongée ou assise. La hauteur n'était pas suffisante pour rester debout ce qui n'était pas souhaitable pour un navire. L'équipage de La Amistad manquait de place pour les esclaves. 53 captifs furent placés dans la cale et l'autre moitié sur le pont. Les captifs étaient relativement libres de bouger et cette liberté de mouvement leur a permis de mener leur révolte et de prendre les commandes du vaisseau.





*


Vers la même époque, en France : 1794 : 1ère abolition de l’esclavage

Dans les îles coloniales françaises, aux lendemains de la Révolution, des rumeurs de libération parcourent les ateliers, expliquant ainsi les révoltes successives tant à Saint-Domingue qu’aux Iles du Vent. Les discours de l’assemblée n’ayant abouti à rien, c’est cette révolte qui précipite les événements. Arrivé le 19 septembre 1792 à Saint-Domingue, Sonthonax, commissaire civil et Ami des Noirs, apprend quelques mois plus tard l’avènement de la République. Il demande alors qu’on statue sur le sort des noirs de Saint-Domingue (février 1793). 

Aucune décision n’est prise mais un décret de mars 1793 autorise les gouverneurs civils à user provisoirement de mesures exceptionnelles afin de maintenir la paix. Craignant que Sonthonax l’invoque pour libérer les esclaves, les colons présents à Paris réussissent à empêcher l’expédition de ce décret vers Saint-Domingue. 

En métropole : si la République montagnarde peut revendiquer à juste titre l’abolition de l’esclavage elle doit beaucoup à l’œuvre des Amis des Noirs, dont beaucoup sont des Girondins. On cite souvent Robespierre en lui attribuant une vertueuse phrase de 1791 : "Périssent les colonies plutôt qu’un seul de nos principes!" Dans le contexte de 1791, la parole lui est facile. Plus révélatrice est cette lettre datée de novembre 1793 où, achevant d’enterrer ses défunts adversaires, il assimile l’abolitionnisme brissotin à une menée séditieuse. La marche à l’abolition s’accélère à la suite du décret du 28 mars 1792 puis après l’avènement de la République. Des bataillons se portent volontaires pour aller planter l’étendard de la liberté à Saint-Domingue. 

Il faut toutefois rester prudent sur le rôle attribué aux Amis des Noirs et aux théoriciens continentaux, depuis "Montesquieu, qui est le type même de la mystification. On ne lit pas ce qu’il a écrit, on prétend donner à des fragments de phrases ou d’idées un sens contraire à celui contenu dans ses écrits. Montesquieu était un Machiavel français en politique, ce n’est pas un tenant de la vertu. En faire un droit-de-l’hommiste comme on dit aujourd’hui, c’est se tromper totalement, telle n’était pas sa préoccupation. Il a été extrêmement utilisé à l’école, médiatisé. [Il faut] démystifier, ainsi que Césaire l’a si bien fait dans "Toussaint-Louverture, la révolution française et le problème colonial", tous les amis des Noirs qui n’étaient pas favorables à leur émancipation immédiate. C’est du paternalisme, ce sont des faux-amis." (Odile Tobner -interview. Cf. Odile Tobner, Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie, éd. Les Arènes, 2007.) 

"Quand Toussaint-Louverture vint, ce fut pour prendre à la lettre la déclaration des droits de l'homme, ce fut pour montrer qu'il n'y a pas de race paria ; qu'il n'y a pas de pays marginal ; qu'il n'y a pas de peuple d'exception. Ce fut pour incarner et particulariser un principe ; autant dire pour le vivifier. Dans l'histoire et dans le domaine des droits de l'homme, il fut, pour le compte des nègres, l'opérateur et l'intercesseur. Cela lui assigne sa place, sa vraie place. Le combat de Toussaint-Louverture fut ce combat pour la transformation du droit formel en droit réel, le combat pour la reconnaissance de l'homme et c'est pourquoi il s'inscrit et inscrit la révolte des esclaves noirs de Saint-Domingue dans l'histoire de la civilisation universelle. S'il y a dans le personnage un côté négatif — difficilement évitable d'ailleurs eu égard à la situation — c'est en même temps là qu'il réside : de s'être davantage attaché à déduire l'existence de son peuple d'un universel abstrait qu'à saisir la singularité de son peuple pour la promouvoir à l'universalité" (Aimé Césaire, Toussaint-Louverture, la révolution française et le problème colonial, Paris, Présence africaine, 2004, p. 344-345). 

Le 4 juin 1793, arrive à la Convention une délégation des Américains (des colonies françaises d’outre-atlantique) libres, porteuse d’une pétition opposée à l’esclavage. Revenant à la charge, l’abbé Grégoire demande l’abolition. Il échoue de nouveau mais réussit à faire supprimer les primes à la traite (27 juillet 1793). Alors qu’on peut craindre de nouveaux atermoiements, Sonthonax place la Convention devant le fait accompli. Prétendant avoir reçu par voie de presse, le décret de mars 1793, le commissaire de la République décide, le 29 août 1793, de la liberté générale. Il organise alors l’élection de députés qu’il envoie à Paris : Jean-Baptiste Belley, Louis-Pierre Dufay, et Jean-Baptiste Mills. 

Les trois hommes arrivent à la Convention le 3 février 1794 (15 pluviôse an II). Leur parcours a été semé d’embûches. Ils ont été arrêtés à deux reprises à Lorient puis à Paris.

Fustigeant l’aristocratie cutanée, le Président, leur donne l’accolade fraternelle. Après le discours de Belley, la Convention peut-elle encore retarder l’abolition ? Lacroix demande que l’assemblée ne se déshonore pas par une discussion. Rédigé par Lacroix et voté par acclamation, le texte définitif d’abolition de l’esclavage est décrété le 16 pluviôse an II. Danton est au mieux de sa forme : "Jusqu’ici, nous n’avions décrété la liberté qu’en égoïstes, pour nous seuls ; mais aujourd’hui (...) nous proclamons la liberté universelle (...)". La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 est complétée en conséquence : 

Art. 18 - Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n’est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu’un engagement de soins et de reconnaissance, entre l’homme qui travaille et celui qui l’emploie.
Reste qu’il a fallu une politique du fait accompli, ajoutée à l’effet sensationnel produit par Belley, pour faire admettre l’application d’un droit reconnu depuis le 26 août 1789. 

Bonaparte, premier consul de la République, signe le 10 prairial An X (30 mai 1802), le décret rendant exécutoire la loi du 30 floréal An X (20 mai 1802).
« Au nom du peuple français, Bonaparte, premier Consul, proclame loi de la République le décret suivant, rendu par le Corps législatif le 30 floréal an X, conformément à la proposition faite par le Gouvernement le 27 dudit mois, communiquée au Tribunat le même jour. 
Décret Art. 1. Dans les colonies restituées à la France, en exécution du traité d’Amiens du 6 germinal an dix, l’esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789. Art. 2. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au delà du Cap de Bonne Espérance. Art. 3. La traite des noirs et leur importation dans les dites colonies auront lieu conformément aux lois et règlements existants avant la dite époque de 1789. Art. 4. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le Gouvernement. Collationné à l’original, par nous président et secrétaires du Corps législatif. A Paris, le 30 Floréal, an X de la République française. Signé Rabaut le jeune, président ; Thiry, Bergier, Tupinier, Rigal, secrétaires. Soit la présente loi revêtue du sceau de l’État, insérée au Bulletin des lois, inscrite dans les registres des autorités judiciaires et administratives, et le ministre de la justice chargé d’en surveiller la publication. A Paris, le 10 Prairial, an X de la République. Signé : Bonaparte, premier Consul. Contre-signé : le secrétaire d’État, Hugues B. Maret. Et scellé du sceau de l’État. Vu, le ministre de la justice, signé Abrial. » 

1815 : Abolition de la Traite
Le Traité de Vienne, entérinant la défaite de la France napoléonienne, lui impose l’abolition de la Traite (c’est-à-dire du trafic et du commerce esclavagistes) : "la traite répugne aux principes généraux de la morale et de l'humanité... que l'opinion publique dans tous les états civilisés en réclame hautement la prompte suppression, que les plénipotentiaires des puissances européennes, réunis en congrès déclarent que le désir de leurs souverains est de mettre un terme au fléau qui désole l'Afrique, avilit l'Europe et afflige l'humanité". 

1848 : 2ème abolition de l’esclavage
IIème République. Victor Schoelcher, sous-secrétaire d'Etat à la Marine, décrète le 4 mars 1848"que nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves", et qu’une commission est institué afin de préparer l’acte d’émancipation. Le décret final est adopté le 27 avril par le gouvernement provisoire.
Seule la colonie de la Guyane applique le texte dans le respect de la légalité républicaine. Arrivé le 10 juin, le décret y est aussitôt promulgué par le gouverneur. Aux Antilles, depuis mars 1848, la rumeur d’une proche abolition parcourt les ateliers. Le 10 avril, arrive le décret Schoelcher du 4 mars qui condamne moralement l’esclavage. "L’esclavage n’est pas encore aboli, il faut travailler encore pour le bénéfice des maîtres sans écouter les libres oisifs (...)". On est alors en pleine campagne sucrière. Les 22 et 23 mai 1848, l’insurrection éclate à Saint-Pierre. Le 23, le gouverneur de la Martinique décrète la liberté, "considérant que l’esclavage est aboli en droit". L’information est publiée le 24. La Guadeloupe doit suivre sous peine de recrudescence des troubles. C’est chose faite le 27 mai 1848.
Aux Mascareignes, les commissaires ayant atteint la Réunion le 18 octobre 1848, les planteurs obtiennent un sursis gubernatorial reportant la libération des esclaves au 20 décembre. Aux élections suivantes, les colonies envoient à l’assemblée des députés de toutes origines. 




 Décalogue :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai libéré de l’esclavage » (Exode, ch. 20) 



samedi 3 novembre 2007

Amen.




Amen., film de Constantin Costa-Gavras, 2002

Dans l’Allemagne nazie. Chrétien protestant, bon mari et bon père de famille Kurt Gerstein (Ulrich Tukur) est recruté pour ses talents de chimiste par les SS, qui le chargent de combattre la vermine et les épidémies de typhus. Il s’acquitte au mieux de sa tâche, supervisant avec zèle la production de gaz Zyklon B. Ce qui ne l’empêche pas de s’émouvoir auprès du nonce de Berlin de l’euthanasie des pensionnaires des asiles. Il fait à l’occasion la connaissance d’un jeune jésuite, Riccardo Fontana (Mathieu Kassovitz), secrétaire du nonce. Un jour, lors d’une tournée d’inspection dans ce qu’il croit être un camp de travail, Gerstein découvre l’innommable : le Zyklon B est l’instrument de la “solution finale” et des milliers de juifs ont déjà été gazés…

Le film “Amen.” est une adaptation de la pièce de théâtre de Rolf Hochhuth, Le Vicaire (Der Stellvertreter, 1963).

Le film a été très critiqué par certains catholiques, pour qui il est partial et dénature la vérité historique. L’affiche, aussi, qui entremêle la croix latine et la croix gammée — élaborée par Oliviero Toscani, auteur d’affiches pour la société Benetton — a aussi provoqué l’indignation d’une partie de la communauté catholique, au point que plusieurs organisations ont introduit une action en vue d’interdire l’affiche auprès du Tribunal de grande instance de Paris.

Le film rejoint la thèse du livre de John Cornwell, Le pape et Hitler, l’histoire secrète de Pie XII, éd. Albin Michel 1999 (Hitler’s Pope, London, 1999).
Une autre approche est développée dans le livre de David Kertzer, Le Vatican contre les juifs, Le rôle de la papauté dans l’émergence de l’antisémitisme moderne, éd. Robert Laffont, 2003 (The Pope against the Jews, New York, 2001). Cette autre approche “disculpe” relativement Pie XII en l’inscrivant dans une tradition qui le précède largement.
Un troisième point de vue est donné par Marc-André Charguéraud, Les Papes, Hitler et la Shoah, 1932-1945, éd. Labor & Fides, 2002. Il inscrit l’attitude papale dans la complexité de la situation de l’époque.
  

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Il s’agit aussi, avec “Amen.”, d’un récit de la vie du personnage historique de Kurt Gerstein.
Kurt Gerstein (11 août 1905, Munster - 25 juillet 1945, France) était un officier nazi allemand qui au cours de la Seconde Guerre mondiale fut affecté à l’Institut d’Hygiène de la Waffen-SS de Berlin ou il organise l’achat du gaz pour le camp de Auschwitz. Fait rare parmi les SS, il prend conscience du crime auquel il est en train de participer, et décide de rédiger des rapports et d’informer du génocide des représentants de la Suède et de la Papauté.
En 1945, Kurt Gerstein se livre aux Alliés en croyant à une remise en liberté mais est en fait battu et torturé peu de temps après par ses geôliers français (il est incarcéré à Paris).
Le 25 juillet 1945, son corps est retrouvé pendu. On conclut au suicide, à moins qu’il ne soit assassiné par ses codétenus SS, ou par ses gardiens. Son cadavre a quant à lui disparu. Il sera réhabilité 20 ans après sa mort.


Extrait du Rapport Gerstein, dit Rapport I :
Le lendemain matin, peu avant 7 heures, on m’informe que dans 10 minutes, le premier transport va arriver ! Effectivement, quelques minutes après, le premier train arrivait de Lemberg. 45 wagons remplis de 6 700 personnes, dont 1 450 d’entre elles étaient déjà mortes à leur arrivée”.

Extrait du Rapport Gerstein, dit Rapport II :
Dans le train qui le ramenait à Berlin, Gerstein rencontra le diplomate suédois en poste à Berlin, Göran von Otter. À propos de cette rencontre, Gerstein écrivit : “Je lui ai dit : Si les Alliés, au lieu de larguer des bombes, envoyaient par avion des millions de tracts intelligents et bien écrits, qui informeraient le peuple allemand de tout ce qui se passe, serait-il possible que dans quelques semaines ou quelques mois, les Allemands en aient fini avec Hitler ?”.
Bien que rapporté par von Otter aux autorités suédoises, son témoignage resta dans un tiroir. Pourtant cette stratégie d’informer le peuple allemand afin qu’il se révolte contre Hitler révèle l’intelligence de Kurt Gerstein. Mais les Alliés voulaient-ils que le peuple allemand obtienne la fin de la guerre après avoir mis Hitler hors d’état de nuire comme le souhaitaient les responsables de l’attentat contre ce dictateur ? À la Conférence de Casablanca tenue déjà au début 1943, la décision est prise sans ambiguïté pour un “unconditional surrender”, pour une reddition sans conditions. La paix voulue par les Alliés serait construite sur la ruine de l’Allemagne.

Extrait du Rapport Gerstein, dit Rapport III :
En tout cas, je m’arrangeais pour que l’acide prussique, aussitôt après avoir été livré dans les camps de concentration de Oranienburg et Auschwitz, disparaisse, afin de ne pouvoir être utilisé dans un but de désinfection. C’était un peu risqué pour moi, mais j’aurais pu dire que le poison se trouvait déjà dans un état dangereux de décomposition. Je suis sûr que Günther voulait se procurer le poison pour tuer éventuellement des millions de gens. Cela suffisait pour environ 8 millions de personnes, 8.500kg. Pour 2.175kg, j’ai joint les factures”.
En parlant d’acide prussique, Kurt Gerstein fait référence à l’acide cyanhydrique vendu sous le nom commercial de Zyklon et produit aussi en France.

Extrait de la dernière lettre de Kurt Gerstein à sa femme :
Je ne sais pas encore quand je reviendrai. Jusqu’à maintenant, je jouis d’une grande liberté et j’espère qu’il en sera ainsi auprès de la prochaine instance. J’ai aussi beaucoup de chance avec les conditions d’incarcération – chambre et nourriture. Mais je ne peux pas en dire plus, étant donné qu’on s’intéresse beaucoup à mon cas, et que je dois comparaître comme témoin principal pour les crimes de guerre devant le tribunal international. Je t’embrasse, ainsi que ton père et les enfants. Kurt (26 mai 1945)”.







"Une détresse telle qu'il n'y en a pas eu
depuis le commencement du monde...

Les puissances des cieux seront ébranlées..."
(Matthieu 24, 21 & 29)



  

vendredi 2 novembre 2007

Brazil



Brazil, de Terry Gilliam, 1985


Quelque part au XXème siècle, dans une société entièrement dominée par la bureaucratie, Sam Lowry (Jonathan Pryce) est un des milliers de fonctionnaires qui travaillent au ministère de l'Information et qui jour après jour répète les mêmes gestes, les mêmes courbettes vis à vis de ses supérieurs. Sam ne se plaint pas du poste qu'il occupe car sa vraie vie il la goûte chaque nuit dans ses rêves. Tout bascule quand un cafard (un bug) provoque un dérèglement dans cette grosse machine bureaucratique : on fait une erreur dans un ordre d'arrestation en confondant le nom du "terroriste" chauffagiste clandestin Tuttle (Robert de Niro) avec Buttle, le nom d'un honnête père de famille. Sam enquête sur cette erreur et rencontre Jill (Kim Greist) la figure angélique de ses rêves et entre au ministère du Recoupement pour en savoir plus sur elle. A partir de là ses ennuis commencent…


Terry Gilliam nous plonge dans un univers qui pourrait être celui de 1984 d'Orwell. Comme un visionnaire, cet ancien des Monthy Python, grand admirateur de Kafka, de Fritz Lang ou de Kubrick, nous propose une débauche d'images d'un monde contemporain baroque, devenu fou. Utopie ou fable, ou réalité, c’est Brazil


(D’après http://membres.lycos.fr/brazil/FR/indexfr.htm)



"... et que nul ne puisse acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le chiffre de son nom." (Apocalypse 13, 17)



Sur Brazil, voir ici : De "Brazil" à "Chickens for KFC"


dimanche 28 octobre 2007

Les 95 thèses de Martin Luther contre les indulgences



Dimanche de la Réformation

Les quatre-vingt-quinze thèses théologiques sur la puissance des indulgences
Martin Luther Publiées le 31 Octobre 1517



Par amour pour la vérité et dans le but de la préciser, les thèses suivantes seront soutenues à Wittemberg, sous la présidence du Révérend Père Martin LUTHER, ermite augustin, maître es Arts, docteur et lecteur de la Sainte Théologie. Celui-ci prie ceux qui, étant absents, ne pourraient discuter avec lui, de vouloir bien le faire par lettres. Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.


  1. En disant : Faites pénitence, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ a voulu que la vie entière des fidèles fût une pénitence.
  2. Cette parole ne peut pas s'entendre du sacrement de la pénitence, tel qu'il est administré par le prêtre, c'est à dire de la confession et de la satisfaction.
  3. Toutefois elle ne signifie pas non plus la seule pénitence intérieure ; celle-ci est nulle, si elle ne produit pas au dehors toutes sortes de mortifications de la chair.
  4. C'est pourquoi la peine dure aussi longtemps que dure la haine de soi-même, la vraie pénitence intérieure, c'est à dire jusqu'à l'entrée dans le royaume des cieux.
  5. Le pape ne veut et ne peut remettre d'autres peines que celles qu'il a imposées lui-même de sa propre autorité ou par l'autorité des canons.
  6. Le pape ne peut remettre aucune peine autrement qu'en déclarant et en confirmant que Dieu l'a remise ; à moins qu'il ne s'agisse des cas à lui réservés. Celui qui méprise son pouvoir dans ces cas particuliers reste dans son péché.
  7. Dieu ne remet la coulpe à personne sans l'humilier, l'abaisser devant un prêtre, son représentant.
  8. Les canons pénitentiels ne s'appliquent qu'aux vivants ; et d'après eux, rien ne doit être imposé aux morts.
  9. Voilà pourquoi le pape agit selon le Saint-Esprit en exceptant toujours dans ses décrets l'article de la mort et celui de la nécessité.
  10. Les prêtres qui, à l'article de la mort, réservent pour le Purgatoire les canons pénitentiels, agissent mal et d'une façon inintelligente.
  11. La transformation des peines canoniques en peines du Purgatoire est une ivraie semée certainement pendant que les évêques dormaient.
  12. Jadis les peines canoniques étaient imposées non après, mais avant l'absolution, comme une épreuve de la véritable contrition.
  13. La mort délie de tout ; les mourants sont déjà morts aux lois canoniques, et celles-ci ne les atteignent plus.
  14. Une piété incomplète, un amour imparfait donnent nécessairement une grande crainte au mourant. Plus l'amour est petit, plus grande est la terreur.
  15. Cette crainte, cette épouvante suffit déjà, sans parler des autres peines, à constituer la peine du Purgatoire, car elle approche le plus de l'horreur du désespoir.
  16. Il semble qu'entre l'Enfer, le Purgatoire et le Ciel il y ait la même différence qu'entre le désespoir, le quasi-désespoir et la sécurité.
  17. Il semble que chez les âmes du Purgatoire l'Amour doive grandir à mesure que l'horreur diminue.
  18. Il ne paraît pas qu'on puisse prouver par des raisons, ou par les Ecritures que les âmes du Purgatoire soient hors d'état de rien mériter ou de croître dans la charité.
  19. Il n'est pas prouvé non plus que toutes les âmes du Purgatoire soient parfaitement assurées de leur béatitude, bien que nous-mêmes nous en ayons une entière assurance.
  20. Donc, par la rémission plénière de toutes les peines, le Pape n'entend parler que de celles qu'il a imposées lui-même, et non pas toutes les peines en général.
  21. C'est pourquoi les prédicateurs des Indulgences se trompent quand ils disent que les indulgences du Pape délivrent l'homme de toutes les peines et le sauvent.
  22. Car le Pape ne saurait remettre aux âmes du Purgatoire d'autres peines que celles qu'elles auraient dû souffrir dans cette vie en vertu des canons.
  23. Si la remise entière de toutes les peines peut jamais être accordée, ce ne saurait être qu'en faveur des plus parfaits, c'est-à-dire du plus petit nombre.
  24. Ainsi cette magnifique et universelle promesse de la rémission de toutes les peines accordées à tous sans distinction, trompe nécessairement la majeure partie du peuple.
  25. Le même pouvoir que le Pape peut avoir, en général, sur le Purgatoire, chaque évêque le possède en particulier dans son diocèse, chaque pasteur dans sa paroisse.
  26. Le Pape fait très bien de ne pas donner aux âmes le pardon en vertu du pouvoir des clefs qu'il n'a pas , mais de le donner par le mode de suffrage.
  27. Ils prêchent des inventions humaines, ceux qui prétendent qu'aussitôt que l'argent résonne dans leur caisse, l'âme s'envole du Purgatoire.
  28. Ce qui est certain, c'est qu'aussitôt que l'argent résonne, l'avarice et la rapacité grandissent. Quant au suffrage de l'Eglise, il dépend uniquement de la bonne volonté de Dieu.
  29. Qui sait si toutes les âmes du Purgatoire désirent être délivrées, témoin de ce qu'on rapporte de Saint Séverin et de Saint Paul Pascal.
  30. Nul n'est certain de la vérité de sa contrition ; encore moins peut-on l'être de l'entière rémission.
  31. Il est aussi rare de trouver un homme qui achète une vraie indulgence qu'un homme vraiment pénitent.
  32. Ils seront éternellement damnés avec ceux qui les enseignent, ceux qui pensent que des lettres d'indulgences leur assurent le salut.
  33. On ne saurait trop se garder de ces hommes qui disent que les indulgences du Pape sont le don inestimable de Dieu par lequel l'homme est réconcilié avec lui.
  34. Car ces grâces des indulgences ne s'appliquent qu'aux peines de la satisfaction sacramentelle établies par les hommes.
  35. Ils prêchent une doctrine antichrétienne ceux qui enseignent que pour le rachat des âmes du Purgatoire ou pour obtenir un billet de confession, la contrition n'est pas nécessaire.
  36. Tout chrétien vraiment contrit a droit à la rémission entière de la peine et du péché, même sans lettre d'indulgences.
  37. Tout vrai chrétien, vivant ou mort, participe à tous les biens de Christ et de l'Eglise, par la grâce de Dieu, et sans lettres d'indulgences.
  38. Néanmoins il ne faut pas mépriser la grâce que le Pape dispense ; car elle est, comme je l'ai dit, une déclaration du pardon de Dieu.
  39. C'est une chose extraordinairement difficile, même pour les plus habiles théologiens, d'exalter en même temps devant le peuple la puissance des indulgences et la nécessité de la contrition.
  40. La vraie contrition recherche et aime les peines ; l'indulgence, par sa largeur, en débarrasse, et à l'occasion, les fait haïr.
  41. Il faut prêcher avec prudence les indulgences du Pape, afin que le peuple ne vienne pas à s'imaginer qu'elles sont préférables aux bonnes oeuvres de la charité.
  42. Il faut enseigner aux chrétiens que dans l'intention du Pape, l'achat des indulgences ne saurait être comparé en aucune manière aux oeuvres de miséricorde.
  43. Il faut enseigner aux chrétiens que celui qui donne aux pauvres ou prête aux nécessiteux fait mieux que s'il achetait des indulgences.
  44. Car par l'exercice même de la charité, la charité grandit et l'homme devient meilleur. Les indulgences au contraire n'améliorent pas ; elles ne font qu'affranchir de la peine.
  45. Il faut enseigner aux chrétiens que celui qui voyant son prochain dans l'indigence, le délaisse pour acheter des indulgences, ne s'achète pas l'indulgence du Pape mais l'indignation de Dieu.
  46. Il faut enseigner aux chrétiens qu'à moins d'avoir des richesses superflues, leur devoir est d'appliquer ce qu'ils ont aux besoins de leur maison plutôt que de le prodiguer à l'achat des indulgences.
  47. Il faut enseigner aux chrétiens que l'achat des indulgences est une chose libre, non commandée.
  48. Il faut enseigner aux chrétiens que le Pape ayant plus besoin de prières que d'argent demande, en distribuant ses indulgences plutôt de ferventes prières que de l'argent.
  49. Il faut enseigner aux chrétiens que les indulgences du Pape sont bonnes s'ils ne s'y confient pas, mais des plus funestes, si par elles, ils perdent la crainte de Dieu.
  50. Il faut enseigner aux chrétiens que si le Pape connaissait les exactions des prédicateurs d'indulgences, il préfèrerait voir la basilique de Saint-Pierre réduite en cendres plutôt qu'édifiée avec la chair, le sang, les os de ses brebis.
  51. Il faut enseigner aux chrétiens que le Pape, fidèle à son devoir, distribuerait tout son bien et vendrait au besoin l'Eglise de Saint-Pierre pour la plupart de ceux auxquels certains prédicateurs d'indulgences enlèvent leur argent.
  52. Il est chimérique de se confier aux indulgences pour le salut, quand même le commissaire du Pape ou le Pape lui-même y mettraient leur âme en gage.
  53. Ce sont des ennemis de Christ et du Pape, ceux qui à cause de la prédication des indulgences interdisent dans les autres églises la prédication de la parole de Dieu.
  54. C'est faire injure à la Parole de Dieu que d'employer dans un sermon autant et même plus de temps à prêcher les indulgences qu'à annoncer cette Parole.
  55. Voici quelle doit être nécessairement la pensée du Pape ; si l'on accorde aux indulgences qui sont moindres, une cloche, un honneur, une cérémonie, il faut célébrer l'Evangile qui est plus grand, avec cent cloches, cent honneurs, cent cérémonies.
  56. Les trésors de l'Eglise, d'où le Pape tire ses indulgences, ne sont ni suffisamment définis, ni assez connus du peuple chrétien.
  57. Ces trésors ne sont certes pas des biens temporels ; car loin de distribuer des biens temporels, les prédicateurs des indulgences en amassent plutôt.
  58. Ce ne sont pas non plus les mérites de Christ et des saints ; car ceux-ci, sans le Pape, mettent la grâce dans l'homme intérieur, et la croix, la mort et l'enfer dans l'homme intérieur.
  59. Saint Laurent a dit que les trésors de l'Eglise sont ses pauvres. En cela il a parlé le langage de son époque.
  60. Nous disons sans témérité que ces trésors, ce sont les clefs données à l'Eglise par les mérites du Christ.
  61. Il est clair en effet que pour la remise des peines et des cas réservés, le pouvoir du Pape est insuffisant.
  62. Le véritable trésor de l'Eglise, c'est le très-saint Evangile de la gloire et de la grâce de Dieu.
  63. Mais ce trésor est avec raison un objet de haine car par lui les premiers deviennent les derniers.
  64. Le trésor des indulgences est avec raison recherché ; car par lui les derniers deviennent les premiers.
  65. Les trésors de l'Evangile sont des filets au moyen desquels on pêchait jadis des hommes adonnés aux richesses.
  66. Les trésors des indulgences sont des filets avec lesquels on pêche maintenant les richesses des hommes.
  67. Les indulgences dont les prédicateurs vantent et exaltent les mérites ont le très grand mérite de rapporter de l'argent.
  68. Les grâces qu'elles donnent sont misérables si on les compare à la grâce de Dieu et à la piété de la croix.
  69. Le devoir des évêques et des pasteurs est d'admettre avec respect les commissaires des indulgences apostoliques.
  70. Mais c'est bien plus encore leur devoir d'ouvrir leurs yeux et leurs oreilles, pour que ceux-ci ne prêchent pas leurs rêves à la place des ordres du Pape.
  71. Maudit soit celui qui parle contre la vérité des indulgences apostoliques.
  72. Mais béni soit celui qui s'inquiète de la licence et des paroles impudentes des prédicateurs d'indulgences.
  73. De même que le Pape excommunie justement ceux qui machinent contre ses indulgences,
  74. Il entend à plus forte raison excommunier ceux qui, sous prétexte de défendre les indulgences, machinent contre la sainte charité et contre la vérité.
  75. C'est du délire que d'exalter les indulgences du Pape jusqu'à prétendre qu'elles délieraient un homme qui, par impossible, aurait violé la mère de Dieu.
  76. Nous prétendons au contraire que, pour ce qui est de la coulpe, les indulgences ne peuvent pas même remettre le moindre des péchés véniels.
  77. Dire que Saint Pierre, s'il était Pape de nos jours, ne saurait donner des grâces plus grandes, c'est blasphémer contre Saint Pierre et contre le Pape.
  78. Nous disons au contraire que lui ou n'importe quel pape possède des grâces plus hautes, savoir : l'Evangile, les vertus, le don des guérisons, etc...(d'après 1 Cor. 12).
  79. Dire que la croix ornée des armes du Pape égale la croix du Christ, c'est un blasphème.
  80. Les évêques, les pasteurs, les théologiens qui laissent prononcer de telles paroles devant le peuple en rendront compte.
  81. Cette prédication imprudente des indulgences rend bien difficile aux hommes même les plus doctes, de défendre l'honneur du Pape contre les calomnies ou même contre les questions insidieuses des laïques.
  82. Pourquoi, disent-ils, pourquoi le Pape ne délivre-t-il pas d'un seul coup toutes les âmes du Purgatoire, pour les plus justes des motifs, par sainte charité, par compassion pour leurs souffrances, tandis qu'il en délivre à l'infini pour le motif le plus futile, pour un argent indigne, pour la construction de sa basilique ?
  83. Pourquoi laisse-t-il subsister les services et les anniversaires des morts ? Pourquoi ne rend-il pas ou ne permet-il pas qu'on reprenne les fondations établies en leur faveur, puisqu'il n'est pas juste de prier pour les rachetés.
  84. Et encore : quelle est cette nouvelle sainteté de Dieu et du Pape que, pour de l'argent, ils donnent à un impie, à un ennemi le pouvoir de délivrer une âme pieuse et aimée de Dieu, tandis qu'ils refusent de délivrer cette âme pieuse et aimée, par compassion pour ses souffrances, par amour et gratuitement ?
  85. Et encore : pourquoi les canons pénitentiels abrogés de droit et éteints par la mort se rachètent-ils encore pour de l'argent, par la vente d'une indulgence, comme s'ils étaient encore en vigueur ?
  86. Et encore : pourquoi le Pape n'édifie-t-il pas la basilique de Saint-Pierre de ses propres deniers, plutôt qu'avec l'argent des pauvres fidèles, puisque ses richesses sont aujourd'hui plus grandes que celles de l'homme le plus opulent ?
  87. Encore : pourquoi le Pape remet-il les péchés ou rend-il participants de sa grâce ceux qui par une contrition parfaite ont déjà obtenu une rémission plénière et la complète participation à ces grâces ?
  88. Encore : ne serait-il pas d'un plus grand avantage pour l'Eglise, si le Pape, au lieu de distribuer une seule fois ses indulgences et ses grâces, les distribuait cent fois par jour et à tout fidèle ?
  89. C'est pourquoi si par les indulgences le Pape cherche plus le salut des âmes que de l'argent, pourquoi suspend-il les lettres d'indulgences qu'il a données autrefois, puisque celles-ci ont même efficacité ?
  90. Vouloir soumettre par la violence ces arguments captieux des laïques, au lieu de les réfuter par de bonnes raisons, c'est exposer l'Eglise et le Pape à la risée des ennemis et c'est rendre les chrétiens malheureux.
  91. Si, par contre, on avait prêché les indulgences selon l'esprit et le sentiment du Pape, il serait facile de répondre à toutes ces objections ; elles n'auraient pas même été faites.
  92. Qu'ils disparaissent donc tous, ces prophètes qui disent au peuple de Christ : "Paix, paix" et il n'y a pas de paix !
  93. Bienvenus au contraire les prophètes qui disent au peuple de Christ : "Croix, croix" et il n'y a pas de croix !
  94. Il faut exhorter les chrétiens à s'appliquer à suivre Christ leur chef à travers les peines, la mort et l'enfer.
  95. Et à entrer au ciel par beaucoup de tribulations plutôt que de se reposer sur la sécurité d'une fausse paix.


vendredi 26 octobre 2007

Temps d’exil


« Ainsi parle le Seigneur : Défendez le droit et la justice, délivrez le spolié de la main de l’exploiteur, n’opprimez pas, ne maltraitez pas l’immigré, l’orphelin et la veuve, ne répandez pas de sang innocent en ce lieu !

Si vraiment vous agissez ainsi, alors passeront par les portes de cette maison des rois occupant le trône de David, montés sur des chars et des chevaux-lui, ses serviteurs et son peuple.
Mais si vous n’écoutez pas ces paroles, je le jure par moi-même — oracle du Seigneur, cette maison deviendra un monceau de ruines. »


« Malheureux celui qui construit son palais au mépris de la justice, et ses étages au mépris du droit; fait travailler les autres pour rien, sans leur donner de salaire ;
qui dit: "Je me construis une vaste maison, de spacieux étages"; qui y perce des fenêtres, la revêt de cèdre et l’enduit de vermillon.
Penses-tu assurer ton règne en voulant te distinguer par le cèdre ? Ton père n’a-t-il pas mangé, bu, défendu le droit et la justice, et il a connu le bonheur !
Il a pris en main la cause de l’humilié et du pauvre, et c’était le bonheur ! Me connaître, n’est-ce pas cela? — oracle du Seigneur. »

Jérémie 22, 3-5 & 13-16

*



Psaume 137 :


By the rivers of Babylon (par Jimmy Cliff)


« By the rivers of Babylon
Where we sat down
And there we wept when we remembered Zion.


Oh from wicked, carry us away from captivity
Required from us a song
How can we singing out for song in a strange land.


So let the words of our mouth
And the meditations of our hearts
Be acceptable in thy sight
O-verride


By the rivers of Babylon
Where we sat down
And there we wept when we remembered Zion.


Oh from wicked, carry us away from captivity
Required from us a song
How can we singing out for song in a strange land.
How can we singing out for song in a strange land. »


Bob Marley - By The Rivers Of Babylon

*


Psaume 137

Mis en vers français par Clément Marot :
C’est le cantique des prêtres, lévites et chantres sacrés, captifs à Babylone :

l
Assis le long des rives aquatiques
De Babylone, pleurions mélancoliques,
Nous souvenant du pays de Sion ;
Et dans ces lieux de déportation
Où tant de fois en larmes nous fondîmes,
Aux saules verts nos harpes nous pendîmes.


II
Là, nos gardiens souvent nous réclamèrent
Des chants joyeux, et nous importunèrent :
"Chantez vos airs de Sion, mais chantez !"
Ah, disions-nous, qui pourrait inciter
Nos tristes cœurs à chanter la louange
De notre Dieu sur une terre étrange ?

[…]




lundi 15 octobre 2007

Depuis le commencement...



« Il y aura alors une grande détresse, telle qu’il n’y en a pas eu
depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant
et qu’il n’y en aura jamais plus.
Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s’obscurcira,
la lune ne brillera plus,
les étoiles tomberont du ciel,
et les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme...
Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.
Mais ce jour et cette heure, nul ne les connaît.


Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans un même lit,
l’une sera prise et l’autre laissée ;
de deux femmes qui moudront ensemble, l’une sera prise et l’autre laissée.
De deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé. »


(Matthieu 24: 21, 29-30a, 35-36a, & Luc 17: 34-36)





(Emerson, Lake & Palmer, From the beginning)



« Ce que je vous dis, je le dis à tous : veillez. »

(Marc 13: 37)




dimanche 7 octobre 2007

Propos essentiel



« Si nous pouvions ressentir une volupté secrète chaque fois qu’on ne fait aucun cas de nous, nous aurions la clef du bonheur. »

Cioran, Cahier de Talamanca, 1966,
Mercure de France, 2000, p. 40.

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Sur Cioran, d’autres articles ICI.